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Dans le métro de Londres, la disparition soudaine d'un notable provoque l'ouverture d'une enquête que les services secrets souhaitent pourtant empêcher. L'inspecteur Calhoun doit se plier de mauvais cœur à l'interdiction formelle d'enquêter. Jusqu'à ce qu'une série de corps mutilés soient découverts. Dorénavant, on a affaire ici à une enquête criminelle.



En 2005, le cinéma britannique semble se souvenir de ce petit classique de l'épouvante en sortant sur les écrans le très réussie "Creep". Si le thème est identique (on peut même parler de remake), les deux films ne fonctionnement pas de manière identique. Alors que "Creep" fonce et va droit au but en ne faisant jamais baisser l'action, "Le métro de la mort", s'octroie de longues plages de "détente" à caractère humoristique et sarcastique au travers du personne interprété par un Donald Pleasence en pleine forme. On a ainsi une sorte de décalage entre l'ambiance glauque que dégage le métro et un commissariat de police beaucoup moins "stressant". Un paradoxe qui empêche le film de se hisser à un haut niveau de terreur.


Derrière la volonté de créer un film d'horreur, on trouve un discours social particulièrement appuyé. Avec notamment une critique des différences sociales. La première victime (un personnage débauché que l'on voit dans l'intro sortir de sex-shops) est un personnage important. Tout l'oppose à son agresseur, un survivant qui a fait partie des oubliés lorsqu'une partie du métro en travaux s'est écroulée, emprisonnant plusieurs ouvriers. Forcément, ces individus ont vu les pulsions animales reprendre le dessus sur le vernis social, s'adonnant aussi au cannibalisme. La découverte de leur antre est appuyée ; Gary Sherman ne cherchant pas à nous cacher les détails sordides de ces "SDF" oubliés. Un endroit répugnant rempli de détritus et de cadavres.


Le regard que l'on pose sur eux est étrangement attendrissant, du moins au départ. Car, après on assiste à quelques meurtres annonciateurs avant l'heure des méfaits d'un Jason Voorhees (on a ainsi une belle tête défoncée par une pelle). Nous ne sommes plus ici dans un cinéma suggestif mais bien dans un cinéma plus moderne, rapprochant le film de Gary Sherman de ses confrères américains d'alors ("Massacre à la Tronçonneuse", "La colline a des yeux"), alliant efficacité et discours social.

Comme je l'ai indiqué au début de cette critique, il nous faut différencier la partie dans le commissariat et celle dans le métro. Le côté décalé si british ressort au travers de Donald Pleasence, qui a toujours la formule pour rire, même dans des situations tragiques. Son caractère connaîtra une évolution en prenant conscience qu'il faille avertir la presse de ce qui s'est déroulé sous les pieds des londoniens, et que le gouvernement semble vouloir cacher (comme quoi la parano "X-Files" n'a rien inventé). Amusant aussi est la brève interprétation de Christopher Lee en chapeau melon et arborant une petite moustache.


Gary Sherman reviendra par la suite au cinéma d'épouvante avec efficacité ("Réincarnations", "Poltergeist 3"), mais démontre déjà un savoir faire en la matière avec ce "Death Line" (ou "Raw Meat pour son titre US). Ici, ce n'est pas uniquement la volonté de choquer (quoique montrer un cannibale en plein cœur de Londres en 1972 n'était pas monnaie courante), mais de construire un film qui sait ménager ses effets. L'horreur véritable n'arrivant qu'assez tardivement, après une première demie-heure peu passionnante, si ce n'est pour le jeu tout en humour de ce grand acteur qu'était Donald Pleasence.








Du même réalisateur :

REINCARNATIONS
POLTERGEIST 3