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Lors de mes précédentes critiques Tromatiques, vous avez pu constater la folie dont font preuve les responsables de Troma. Bouboule Conduit le Bus, n'usurpe en rien cet état de fait, et confirme les capacités de Troma en matière d'absurde. Les enfers ; Lucifer est en pleine réunion avec son comité d'administration. L'ordre du jour est au récapitulatif des âmes à récolter de la semaine quand il s'aperçoit que tout un bus de touriste vient d'être décommandé : Jésus est sur place. Peu importe pour le grand Satan, ses âmes sont siennes, et il est hors de question de les laisser filer. Ainsi va-t-il se déguiser en tour operating, et s'affairer lui-même afin de reconquérir ces candidats au grill éternel.



Lucifer en tour-operator pour beaufs finis, voilà une idée particulièrement alléchante. Cependant, un tel synopsis demeure bien trop maigre pour un long métrage, ce qui n'a jamais fait peur à Troma.

C'est donc sur un principe aussi simple que se base le métrage de Mick Napier, réalisateur de… rien d'autre de vraiment excitant (si ce n'est une série télévisée absolument inconnue sous nos cieux français). Le réalisateur va donc construire son film autour de petits sketches, chacun se déroulant sur l'un des lieux de visites prévus au programme. Sur place Belzébuth va démarcher chacun des touristes afin qu'ils lui vendent leurs âmes.



Entre chacun de ces lieux de visite, un narrateur, accompagné de son pianiste commente la situation. Il y a fort à parier que ce narrateur au costume dépassé fait référence à un aspect de la culture américaine, plus particulièrement à une série télévisée.

Quoiqu'il en soit, c'est avec une joie non dissimulée que les deux lurons rythment le métrage de leurs petits exposés gentiment décalés. A la suite de quoi le bus redémarre (une seule et unique scène illustre tous les départs vers de nouveaux lieux) et s'en va vers une nouvelle visite.



Dans "Fatty Drives the Bus", le rôle de Jésus est très limité. En fait il se cantonne à montrer le messie se déplacer de diverses manières (bus, skate, taxi), a chaque fois rythmée par une musique funk qui s'accorde tout à fait avec le personnage.

C'est ainsi, que bien que bénéficiant d'un budget ridicule –l'image vieillit considérablement le métrage alors qu'il date de 1999– un effort particulier a été fourni pour mettre le film en musique. Le réalisateur va même jusqu'à créer des gags musicaux. Certes, rien de bien original, mais l'effort mérite d'être souligné. La présentation du couple "déviant" est à ce titre particulièrement réussie, grâce à la mise en scène d'une danse fort étrange.
En outre, de tout le car de touriste, ce sont ces deux là qui remportent la palme de la performance la plus décalée. Dotés d'un accent parfaitement incongru, les traits toujours pincés, à essayer de s'entretuer, les deux amants apportent au métrage un grain de folie supplémentaire.



Ainsi, si "Fatty Drives The Bus" ne fait pas partie du haut du panier et demeure en deçà des "Toxic avenger" ou autre "Terror Firmer", il reste une curiosité divertissante. Comme bloquée dans les années 80, la firme New Yorkaise continue de sortir des films qui, s'ils ont étés tournés récemment (à l'instar de "Virus Assassin") sont bien plus représentatifs d'un cinéma aujourd'hui désuet.
Ce qui est, pour être honnête, plus un charme qu'un handicap, et "Fatty Drives The Bus" en est parfaitement représentatif. Avec une image granuleuse, des costumes dépassé et des vannes toutes droit sorties du Cosby Show, aucun doute n'est possible : c'est bien du Troma !








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