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Depuis leur réveil inopiné, les marionnettes de André Toulon continuent à vivre et cherchent désespérément un maître. Avec l'aide d'une mystérieuse potion, ils déterrent et ressuscitent leur maître, devenant ainsi un mort-vivant. Pendant ce temps, une troupe de jeunes parapsychologues débarquent dans le fameux grand hôtel pour étudier les phénomènes étranges qui s'y produisent. Les poupées meurtrières ne vont pas tarder à reprendre leur sale boulot!



Si le "Toxic Avenger" reste la mascotte et sans aucun doute le personnage le plus célèbre de la firme Troma, les fameuses poupées d'André Toulon deviendront, elles, la licence la plus importante de la Full Moon, à coté des Radu, Demonic Toys et autres Dollman.
Neuf films dont un cross-over avec les Demonic Toys, une petite trilogie bien maligne, deux téléfilms récents portant le sceau de DeCoteau et chamboulant un peu trop la chronologie principale, deux nanars faisant combattre les poupées avec des monstres pas beaux (et par ailleurs réalisés en même temps), et même un intru faisant figure de "best of". Attardons-nous donc ici avec un deuxième volet débutant là où le premier s'arrêtait. C'est toujours mieux comme ça…



On retrouve le même cadre, à savoir cet immense hôtel où l'inventeur Andrée Toulon a laissé ses poupées après son suicide en 1939. Des poupées au nombre de cinq, qui doivent obligatoirement posséder un Puppet master, c'est-à-dire un maître précis. Formées par ledit maître pour espionner et tenir compagnie, voire défendre et venger, elles sont poussées à tuer dans le premier volet par un implacable bad guy. Laissées seules dans le grand hôtel, elles ne tardent pas à retrouver leur cher Toulon, qu'elles ressuscitent dans un cimetière insalubre.

Après les médiums, c'est des parapsychologues qui se retrouvent dans le luxuriant hôtel, à la mentalité nettement plus distraite que les médiums du premier volet. Pas vraiment un gage de qualité puisqu'on peut facilement tomber dans le slasher avec ce genre de protagonistes, surtout avec la Full Moon.



André Toulon se rend rapidement à l'hôtel pour reprendre d'étranges expériences sur l'immortalité et plus si affinités. Intrigués, les trop curieux parapsychologues vont goûter aux attaques fatales des poupées, à nouveau programmées pour assassiner. Des assassinats qui prennent une autre importance, puisque l'énergie qu'utilise Toulon pour ses expériences pas très catholiques est fabriquée à partir de morceau de cerveau bien frais. Carolyn, la gentille héroïne du film, devra subir l'amour tordu que porte Toulon pour elle. Elle se révèle être la réincarnation de la défunte femme de Toulon, Elsa, tuée par la milice nazie pendant la seconde guerre mondiale.

Son corps étant en décomposition, Toulon trouve un procédé aussi malsain qu'inquiétant pour unir Elsa et lui-même pour l'éternité (enfin du moins il le pense), mais ça je préfère ne pas vous le dire! Dans les grandes lignes, "Puppet Master 2" reprend la même atmosphère et presque la même construction que le premier film : des victimes se font dessouder par les marionnettes et un bad guy se balade dans le coin. Seulement, Dave Allen (déjà réalisateur du pas vraiment top "Dungeonmaster") surprend en respectant le sadisme qu'avait déjà mis en place Schmoeller (une grosse vrille tourbillonnante dans la tête, ça fait quand même bien mal) et même son efficacité.



Le talent de Schmoller a certes disparu, et ne se ressent peut être plus, mais Allen n'hésite pas à tourner quelques scènes en dehors de l'hôtel (le couple de paysan dans leur cabanon assaillis par les poupées, le cimetière, la plage) et à revenir de manière fort judicieuse sur le passé de Toulon. Très obscur dans le premier film, ce passé est dévoilé partiellement lors d'un flashback où Toulon cherche un petit plus pour ses marionnettes, sans doute la chose la plus importante au monde pour lui, avec sa femme. Ce sera en Egypte, auprès d'un sorcier, qu'il découvre comment insuffler la vie à ces fameuses poupées. Une bien jolie scène, faisant apparaître deux nouvelles créatures superbes : un monstre verdâtre enchaîné rappelant les grands travaux de Ray Harryhausen, et un Méphisto se montrant comme une première version de Blade. La stop motion est toujours là, et pour notre plus grand bonheur. Et quel plaisir de retrouver la mélodie mélancolique et mystérieuse de Richard Band!

Toulon sera mis en scène comme un ersatz intéressant du Fantôme de l'opéra, ou plutôt des grands monstres de la Universal Monsters, ajoutant dans son patchwork de personnages légendaires, les personnalités de "La Momie" et de "L'homme invisible" (costume à l'appui). Sa quête amoureuse connaîtra une conclusion bien tragique (et spectaculaire), et le film un rebondissement final renvoyant à "Tourist Trap". Les suites servant souvent à rajouter tout et n'importe quoi, Allen nous sert un nouveau membre des Puppet master, l'énervé et grincheux Torch. Une merveille de danger et de méchanceté rappelant vaguement un petit soldat, avec des balles en guise de dents, et un bras lance-flammes terrifiant. L'occasion pour lui de le tester un peu n'importe où, et en particulier dans une scène où il tombe au prise d'un gamin sadique qui fouette ses propres jouets!! Pour arriver à la cheville du premier opus, "Puppet Master 2" le réussit avec brio, et même avec pas mal d'idées en prime. Ça fait plaisir.








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