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En 1963 au Congo, une petite fille du nom de Félice quitte sa famille, accompagnée de sa tante, laissant derrière elle son père et sa jeune sœur. Pendant le trajet, sa tante l'attrape violemment pour lui donner un baiser mortel, lui transmettant le mal qu'elle porte en elle puis s'écroule inerte sur le sol. Habitée à présent par une force diabolique, Félice quitte le train comme "transformée". De nos jours, la sœur de Félice mène une vie paisible et fête l'anniversaire de sa fille, âgée de 17 ans. Au moment le plus importun, elle reçoit un coup de téléphone de Félice, annonçant son arrivée prochaine. Paniquée, elle se rend peu après dans une armurerie pour se procurer une arme. Mauvais moment pour elle malheureusement, car une voiture défonce la vitre du magasin et la tue. Cinq mois plus tard, la petite famille endeuillée rencontre la tante Félice, qui ne va pas tarder à se joindre à eux pour le meilleur… et surtout pour le pire.



Héritant à la fois du schéma de la femme fatale, des malédictions vaudous, de la sorcière et celui du membre de la famille relevant de noirs desseins (souvenez vous, "Le beau-père", "Le bon fils", etc.), "The kiss" passera un petit séjour à Avoriaz, avant de disparaître dans le sillage des séries B d'horreur 80's. Faut dire, pas de sang neuf ni d'éventuelle révolution mais un moment plaisant, dont le concept aurait pu être bien mieux utilisé.

A la manière de "La malédiction", "The kiss" repose sur une petite série de meurtres causés de manière forcément surnaturelle par un être maléfique, en l'occurrence ici une femme. Il y a le besoin de trouver une certaine originalité dans ces meurtres là, de l'ingéniosité, et surtout un coté graphique très important. Pas de quoi sauter au plafond avec "The kiss" quand même, on est loin d'une originalité débordante et surtout de l'utilisation d'un gore crade voire malsain.



Comme tant de réalisateurs de l'époque, Pen Densham ne fera plus grand-chose par la suite. Ce sera là son seul film d'horreur, eh oui. Le film de Densham repose sur la personnalité, le charisme et la sensualité de Joanna Pacula, qui sera cataloguée dans d'autres séries B comme "Virus", "Body Puzzle", "Warlock 2 : The Armageddon" et dernièrement "Dino Croc" ah misère! Une actrice qui ne méritait peut-être pas cette hécatombe, surtout que son jeu dans "The Kiss" crève l'écran.
Certes ce n'est pas l'actrice du siècle, mais elle se retrouve parfaite dans le costume de cette sorcière sans foi ni loi, élevée dans la magie vaudou la plus noire, et n'hésitant à aucun moment à massacrer les personnes trop encombrantes sur son chemin. Sadisme? Vengeance? Un peu des deux au final, surtout qu'elle n'utilise que sa magie pour les exterminer. A distance de préférence, histoire de ne se douter de rien. Oh la vilaine!



Après l a mort (accidentelle?) de sa sœur, Félice en profite pleinement pour séduire la famille en deuil, un mari dévoué et une jolie adolescente de 17 ans, Amy (Meredith Salenger, tout aussi craquante que la belle Joanna) qui se doute rapidement de la nature maléfique de sa tantine. Les morts s'accumulent dans l'entourage de la gentille famille, et Amy devra contrecarrer le plan machiavélique de sa tante : faire passer le curieux mal qu'elle possède en elle dans le corps de la jeune fille.
Là où Densham marque un mauvais point, c'est dans sa façon de filmer de manière trop insistante certains objets qui vont bien sûr rentrer au cœur de l'action : plan répétitifs sur la piscine, sur l'inquiétante relique de Félice, sur les escalators… Pas très fin cette technique lorsque l'on veut surprendre son public. Heureusement, d'admirables scènes chocs sont utilisées souvent de manière efficace, comme ce spectaculaire accident que connaitra la mère de Amy, dont l'aspect imprévisible et fortement teinté de cruauté n'est pas sans rappeler "Destination Finale". Car comme dans "La malédiction" ou le film pré-cité, nous savons pertinemment que certains personnages vont se faire descendre à un moment ou à un autre, oui mais de quelles manières ?



Sous ses allures (parfois beaucoup trop appuyés ) de téléfilm, "The Kiss" compile quelques clichés propres au genre de l'époque : meurtres sanglants, fin spectaculaire, piment d'érotisme (dans le cas de Joanna Pacula c'est loin d'être un problème), petite maison américaine coquette, famille de middle class, histoires d'ados, effet de surprises inutiles (genre le petit copain qui sort de nulle part), exagérations (c'est fou comme Amy se débrouille mal pour remonter de la piscine à la fin du film)… Chez les nostalgiques, ça pourra passer facilement.

Pas beaucoup d'humour cependant dans "The kiss" (quoique "- On ne peut pas tuer ce qui est déjà mort ! – Je prends le pari sale pute!" est d'une rare délectation), mais la présence de ce chat satanique pourra faire sourire certains (même s'il n'est pas censé faire sourire au passage). Le croisement inimaginable entre un Critters et un gros chat en quelque sorte!
Densham déçoit un peu plus lorsqu'on remarque l'absence d'une excellente scène pourtant présente dans la bande-annonce (allez faire un tour sur videodetective) ou Félice débarque dans son nouveau foyer de façon "surnaturelle" (le visuel de la jaquette est tiré de la scène soit dit en passant), alors qu'une scène aussi inutile que cette discussion sur "la première fois" entre Amy et sa voisine reste encore dans le montage final. De tout cela, Densham tire un film d'horreur sans grande prétention, mais qui met superbement en valeur la beauté fatale qu'est Joanna Pacula.








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