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Stephen Reinhart se rend dans le village d'Arkham pour y rejoindre son amie Susan Witley. Au village, le simple nom de "Witley" crée la panique chez les habitants et personne ne veut conduire Stephen à leur demeure. Se rendant seul au château, Stephen y fait la connaissance guère sympathique de Nahum Witley, le père de Susan. Susan, ravie de voir son ami, lui apprend que sa mère est très malade. Stephen sent qu'un terrible secret pèse sur ce château. D'ou proviennent les cris qu'on entend la nuit? Pourquoi Nahum Witley veut-il qu'il quitte sa demeure? Pourquoi la mère de Susan reste-t-elle proscrite dans sa chambre, sans avoir vu aucun docteur? Et d'où peut bien provenir cette étrange lumière qui inonde la serre dans le jardin la nuit? Autant de questions qui vont mener Stephen Reinhart dans une bien curieuse aventure...



"Die, Monster, Die!" est une adaptation de l'écrivain Howard Philips Lovecraft. L'histoire est basée sur son écrit : "la couleur tombée du ciel". Pour qui connaît la nouvelle, il apparaît immédiatement que Daniel Haller et son scénariste ont pris de grande liberté et que le film n'est pas une adaptation respectueuse de l'écrivain.

En effet, dans la nouvelle de Lovecraft, Nahum Witley est un modeste paysan, vivant dans une ferme où est tombé une sorte de météorite luminescente qui ravage la végétation et sème la mort. Dans le film, Nahum Witley est un riche aristocrate, la ferme est devenu un gigantesque et sinistre manoir, la météorite un gros caillou qu'on garde précieusement dans le sous-sol du château. Des libertés qui n'empêchent pas le film d'être un bon film mais qui décevra les fans de l'écrivain voulant une adaptation fidèle. Peut-être vaudra-t-il mieux pour eux de se rabattre sur le film actuellement en tournage d'Ivan Zuccon, "colour from the dark", qui semble bien plus dans l'esprit de la nouvelle.



En fait, "Die, Monster, Die!" est un pur film de cinéma gothique anglais, surfant sur le filon de la demeure hantée. Sinistre manoir lugubre et baigné dans la brume (très belle photographie d'ailleurs, les paysages embrumés sont magnifiques et inquiétants à souhait!), dont les couloir interminable sont propices à de nombreux déambulements des personnages, bruits et cris inquiétants, splendeur des costumes et de la décoration intérieure du château, très victorienne, présence de Boris Karloff, bref, on retrouve dans le film un bon condensé des codes du cinéma d'épouvante gothique.

L'arrivée de Stephen à Arkham rend bien l'esprit de Lovecraft avec ce petit village dont les habitants ne veulent pas causer des Witley, craignant une quelqueconque malédiction. Haller installe petit à petit son ambiance en faisant découvrir à Stephen un vaste champ entièrement noirci, dont les arbres sont de bois vermoulu, comme si un incendie avait ravagé le champ mais en laissant les éléments intacts. L'arrivée au manoir évoque également les films de vampires de la Hammer.

Niveau casting, on retrouve donc l'inquiétant Boris Karloff dans le rôle de Nahum Witley. Karloff, en fauteuil roulant, se veut particulièrement lugubre dans ce film, fronçant les sourcils, ne souriant jamais. Il cache un secret, secret dont ne serait pas étranger ses ancêtres, apparemment versés dans les sciences occultes. Nick Adams joue le rôle de Stephen Reinhart de manière convaincante, tout comme Suzan Farmer qui promène sa frèle apparence dans les corridors du manoir. On peut noter aussi le serviteur très étrange de Karloff, joué par Terence de Marney. Freda Jackson, jouant la femme de Nahum Witley, apporte une touche d'étrangeté supplémentaire à l'histoire, restant dans son lit, dissimulée par des rideaux empêchant de voir son visage. Bref, un casting servant avantageusement cette histoire.



Le film de Daniel Haller est donc un film d'ambiance. En effet, le rythme est assez lent, les personnages prennent leur temps et il y a peu de rebondissements. Haller utilise tous les éléments de son décor pour instaurer un climat siniste et mystérieux. Mis à part le château et son étrange sous-sol, dont les murs sont parsemés de dessins sataniques, un autre lieu retiendra notre attention vers le milieu du film. La serre, situé dans la jardin, rayonne en effet d'une lumière bleutée du plus bel effet. Stephen et Susan braveront les interdits et s'y rendront pour y découvrir une végétation luxuriante et d'une taille inappropriée. Mais ils découvriront également des biens étranges créatures enfermées dans des cages, créatures inexistantes dans notre monde. Une vision rapide, des effets spéciaux plutôt rudimentaires, mais permettant encore de jouer avec le mystère et de donner envie au spectateur d'en savoir plus.



Malgré ses libertés prises avec l'histoire originale, "Die Monster Die" est un bon petit film d'épouvante comme on les aime. On pourra être un peu déçu par le final un peu simpliste sur cette mystérieuse couleur tombée du ciel par rapport à ce qu'en avait fait Lovecraft. Mais il serait dommage de bouder son plaisir et de passer à côté de ce film fort sympathique pour qui aime les ambiances gothiques et les châteaux diaboliques.








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