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Alors qu'un incendie ravage le musée de cire maléfique qui causa bon nombre de disparitions, Mark et Sarah ne remarquent pas dans leur fuite qu'une créature de "l'autre monde" s'est glissée dans leur taxi. Lessivée d'une telle nuit, Sarah rentre chez elle pour subir la colère de son père. A peine celle-ci aura t-elle le temps de respirer, que la créature maléfique - une main baladeuse - assassine sauvagement le père de la douce et se met à valdinguer dans l'appartement. Sarah s'en débarrasse non sans quelques heurts, mais se retrouve par la suite accusée du meurtre de son père. Avec l'aide de Mark, elle va tout faire pour trouver une preuve irréfutable, et donc surnaturelle à ce phénomène inexplicable. Et cela ne va pas être de tout repos…



Fin des années 80 : la plupart des séries B horrifiques à succès se retrouvent auréolées d'une suite, et même celles qu'on n'attend pas. "Waxwork" devait cependant en avoir rudement besoin, suite au sursaut final habituel mais aussi par rapport à son concept, bien entretenu, qui offrait de nombreuses possibilités (en gros, plus d'univers parallèles et plus de monstres).

Cependant, c'est Anthony Hickox qui revient à la charge, cette fois avec beaucoup moins d'ambition. C'est simple, on a la dure impression que ce n'est plus Hickox qui se trouve derrière la caméra. Car si "Waxwork" premier du nom était définitivement B, cette suite là prend des chemins douteux voire plutôt désagréables. Pire encore, le nouveau concept dont Hickox use est tout aussi réussi, mais continue d'atteindre une certaine frustration.



Commençant exactement là ou le premier film s'est arrêté, "Waxwork 2" débute en fanfare avec l'intrusion d'une main coupée encore vivante dans notre monde, profitant de son séjour pour foutre le boxon dans un petit appartement où séjourne l'héroïne et son pater. Malgré une certaine bonne volonté, la séquence en question essaye tant bien que mal de recopier la folie de "Evil Dead 2" en reprenant le fameux climax avec la main possédée. L'héroïne aura beau se prendre de la moutarde et des petits pains dans la tronche, et se retrouver couverte de sang comme Ash (voire "Carrie" par la même occasion), une certaine maîtrise semble absente.

C'est donc reparti, vu que la jolie Sarah se retrouve avec le meurtre de son père sur le dos. La cour de justice ne croit évidemment pas à cette histoire abracadabrante de main meurtrière, et seul un élément précis pouvant expliquer ce phénomène, pourrait libérer la jeune fille. Mark et Sarah, désemparés, trouvent un message post-mortem de Sir Wilfred (toujours joué par le fringuant mais fatigué Patrick Macnee) les menant à nouveau vers une porte ouverte sur le terrible monde qu'ils ont déjà pu apercevoir auparavant. Et les voilà partis dans un voyage dans le temps mouvementé, imprévisible, et MONSTRUEUX, aidés par cela par une boussole magique, indiquant leur chemin vers les différents mondes dans lesquels ils vont être parachutés.




Adieu le musée de cire donc, et bonjour les voyages temporels ! Un nouveau concept permettant de survoler un monde parallèle où se battent constamment les forces du bien et du mal. Comme l'affirme le très utile Sir Wilfred : "Ceci est le jeu Nintendo de Dieu" !! Mark et Sarah se retrouvent dans la peau de différents personnages, et doivent à tout prix retrouver leur propre identité (bizarrement, Sarah est toujours possédée par son personnage à chaque voyage contrairement à son compagnon, quel quiche !). Hickox ne sait apparemment pas maîtriser un concept pourtant juteux, et à besoin de s'adonner à un gore gras et cartoonesque à la "Evil Dead 2".

Hickox se sent tellement proche du film de Sam Raimi qu'il reprend même ce brave Bruce Campbell, qui se fait picorer les entrailles par un oiseau de mauvais augure. Toujours apte à s'en prendre plein la tronche (malgré avoir été éventré, il affirme que ce n'est qu'une égratignure !), il nous réserve la meilleure scène du film, pastiche du classique "La maison du diable". Tourné dans un noir et blanc assez adroit, faisant même resurgir à certains moments la couleur rouge du sang, cet excellent petit moment prend heureusement une place assez imposante (et suffisante) dans le film. Ayant sûrement des impôts à payer, David Carradine fait un caméo aussi inutile que fade.



Mais les bonnes choses se font rares dans le film de Hickox, et on devra subir un long passage d'Heroic Fantasy post-Excalibur qui dévore finalement tout le concept. Digne d'un téléfilm de Lamberto Bava (corbeau bavard inclus), ce moment de supplice est sauvé de justesse par un combat à travers le temps décomplexé et jouissif, faisant apparaître le temps de quelques minutes une parodie hilarante de "Zombie" et même un "Godzilla" aussi moche que pataud. Un éclair de génie auréolé d'une petite touche Z, qui fera sourire les fantasticophiles. Ouf!

Mais la déception ne s'arrête pas là puisque nous aurons droit à un "Frankenstein" caricatural et d'une rare laideur (depuis quand le savant et sa compagne sont-ils de nationalité allemandes ), et un "Alien" qui atteint le summum de la médiocrité : caoutchouteux, bordélique, mal filmé, mal monté, repoussant, franchement on ne s'attendait pas à ça. Le coté "prestige" du premier film (souvenez-vous au moins de l'excellent passage chez Dracula ou celui de la Momie) s'évapore de manière fort désagréable, donnant la mauvaise impression de s'éloigner de plus en plus de l'excellente série B qu'est "Waxwork". Même la bande sonore s'amuse à pêter littéralement un câble (surtout dans la partie heroic-fantasy où elle devient par moment inadéquate) et une princesse est transformée en bidule à dents longues. Si si ! Hickox pousse le bouchon jusqu'à terminer son film sur une touche aussi naïve qu'inconvenable, digne d'un "Retour vers le futur". Non décidément, "Waxwork 2" est vraiment trop déséquilibré et lourdingue pour emporter l'adhésion et susciter un intérêt comparable à celui de son prédécesseur.