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Un acteur de théâtre shakespearien, Edward Lionheart, présumé mort, semble décidé à se venger de ceux qu'il accuse d'avoir ruiner sa carrière. Il assassine un par un des critiques de théâtre en s'inspirant des pièces de William Shakespeare. Le tout avec une mise en scène macabre stupéfiante.



Après avoir œuvré dans "L'abominable docteur Phibes", Vincent Price récidive dans ce film moins connu que son brillant prédécesseur, mais qui marche sur les mêmes traces de l'action vengeresse. Ici, il n'est pas question de venger un être cher disparu, mais d'exercer une vengeance pour des raisons d'amour propre. Une raison moins noble certes, mais qui vient accréditer l'adage comme quoi les mots peuvent tuer. En l'occurrence ici, ceux de critiques prêts à tous les jeux de mots, pour faire rire leurs lecteurs. Même si leurs propos peuvent offenser les acteurs touchés dans leur amour propre. C'est ce qui arrive à Edward Lionheart, interprété par un Vincent Price toujours au meilleur de sa forme. C'est lui, le véritable héros de cette farce tragi-comique. Les autres acteurs n'étant là que pour servir de victimes expiatoires. Ce n'est pas Diana Rigg (et oui la célèbre Emma Peel de "Chapeaux melons et bottes de cuir") qui viendra dire le contraire, son rôle n'étant que purement anecdotique. Sans seconds rôles à sa mesure, Price, peut donner libre cours à son talent, celui-ci flirtant avec le cabotinage que nécessite le rôle.


Ce qui étonne en visionnant ce film qui date de 1973 (!), c'est la présence de scènes gores alors que nous sommes encore à une époque où de nombreux films misent sur la suggestion. Le film se montre particulièrement généreux : corps lacérés de coups de couteaux, tête coupée, cœur arraché et envoyé dans une boite (scène préfigurant "Meurtres à la Saint Valentin")… Tout en restant dans l'esprit baroque des précédentes prestations de Vincent Price, le film s'ouvre ainsi à une époque plus moderne, méritant bien son titre : "Théâtre de sang".

Lionheart se donne tout le temps en représentations, balançant à ses victimes des phrases tirées du répertoire de Shakespeare. Un moyen comme un autre de parfaire sa culture, car nous avons ici une large panoplie de l'œuvre du dramaturge anglais : "Jules César", "Cymbeline", "Richard III", "Romeo et Juliette", "Othello", "Henri VI", "Titus Andronicus"…. Une étude certes macabre, car vu sous l'angle des meurtres, qui ne manquent guère dans son oeuvre.



Pourtant, ne pas s'attendre à des scènes sérieuses ou flippantes, le réalisateur s'amuse à souligner l'ironie des scènes de meurtres, paraphrasant ce qui est arrivé aux personnages des pièces. Exemple avec le premier meurtre, celui de George Maxwell, dont la femme prescient le destin tragique (via un rêve prémonitoire), un destin identique à celui de Jules César. L'humour noir (so british) fait donc partie intégrante du film, qui réussit à faire sourire le spectateur lors de certaines scènes pourtant à destination tragique du moins en apparence. La musique n'étant pas en reste pour apporter une touche légère.



"Théâtre of blood" fait partie de ces petits classiques qui méritent d'être vus (à condition de passer outre les élucubrations verbales de Price). Avec ces meurtres nombreux et inventifs, le film de Douglas Hickox, s'inscrit fièrement dans ce que le cinéma fantastique britannique post Hammer des années 70 a su apporter au genre. Un film jouissif servi par un acteur d'exception et de talent.








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