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Uncut movies nous délivre pour cette cuvée estivale 2005 (Blood Sisters & "Flesh Eater"), leur première distribution réalisée par une femme : Roberta Findlay. Huit étudiantes se retrouvent dans une ancienne maison de passe pour leur soirée d'initiation. Quelques 13 ans plus tôt le fils de l'une des prostituées abat sa mère avec un fusil de chasse. Le client y passe aussi, une enquête est alors ouverte et le bordel ferme rapidement ses portes. C'est dans cet endroit passablement lugubre que les huit jeunes filles seront victime du sens de l'humour douteux de trois gais lurons, dépêchés par la responsable du bizutage. Cependant l'esprit des prostituées semble hanter la demeure…



Un film d'horreur réalisé par une femme, voilà qui change considérant le machisme relatif qui règne dans le domaine. En effet un bref aperçu des carcans du cinéma de genre et vous vous apercevrez que les femmes ont deux rôles dans l'horreur (et à plus forte raison, dans les séries Z) : montrer leur poitrine et se faire découper en rondelles avec force hurlements.
Ces poncifs sont d'ailleurs tellement ancrés dans les esprits que le fait que le réalisateur de Blood Sisters soit en fait une réalisatrice, ne change pas d'un iota la formule consacrée. Le film aurait pu être considérablement plus sensible, tout en demies teintes, cependant en ce qui concerne le scénario, il n'en est rien.



Malgré tout, le film dispose d'un atout considérable : la photographie. A l'accoutumée, les série B et Z disposent d'une photographie très sombre et totalement parasitée (les caméras utilisées ne rendant pas les zones d'ombres de façon nette). A l'opposé, l'image de "Blood Sisters" se montre sublime bien que très sombre. L'image est granuleuse mais toujours lisible et empreinte de charme ! L'éclairage est en fait le point fort du métrage ; nuancées ou en clair obscur, toutes les scènes tirent parti de l'éclairage afin de renforcer l'ambiance.

Dans son interview Roberta Findlay apparaît être proprement obnubilée par cette photographie et la luminosité sur le plateau. Elle avoue d'ailleurs se ficher complètement du scénario et du script.
Malheureusement cette indifférence se ressent cruellement, et l'intérêt du spectateur s'affaisse progressivement.



De fait, Blood Sisters n'est autre que le troisième film que Roberta Findlay devait à son huissier. Enfin pas vraiment, mais ce troisième métrage lui était nécessaire pour rentrer dans ses frais après imposition. C'est donc avec un budget ridicule, un scénario inexistant et huit jolies jeunes filles que l'Américaine se lance dans le tournage.
Parmi les actrices, une animatrice issue d'une chaîne télévisée pour enfants (c'est elle l'ahurie avec les énormes lunettes !)… Ah… ces huit jeunes filles enfermées dans un manoir… La plupart ont en fait un jeu plutôt désagréable, minaudent, sursautent et poussent des petits cris peu crédibles. Cependant toutes disposent d'un charme certain, et n'hésitent pas à montrer leur seins (sinon qu'est-ce que ce film ferait dans le catalogue Uncut ?! le seul aspect extrême du film est son lot de poitrines) et plus si affinité. Pourtant, ce n'est pas une paire de mamelons qui fait d'un film un chef d'œuvre, loin s'en faut !



C'est ainsi que durant les trois premiers quarts du film, rien ne se passe : les étudiantes sont victimes des gags douteux de leur camarades et aperçoivent de temps à autre les fantômes des prostituées.
Ces visions contribuent hautement à relever l'intérêt du film tant elles distillent un charme trouble dans les veines d'un film qui, au-delà d'une photographie léchée, n'a rien à offrir. Blood Sisters est d'un classicisme plutôt horripilant. Durant une heure, rien ne se passe puis le métrage prend son envol alors que les premières victimes tombent. Cependant le résultat demeure au ras des pâquerettes et est tout à fait prévisible.








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