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Après le décès de sa femme, morte électrocutée, le psychiatre Cal Jamison, se décide à changer d'environnement et s'installe à New York avec son fils Chris. Travaillant pour la police, il est appelé pour examiner le cas du policier Tom Lopez, suspecté d'avoir sacrifié un enfant au cours d'un rite religieux. Ce meurtre n'est que le début d'une série où une religion ancestrale venue des Caraïbes, la Santeria, semble être la principale responsable. Cal se retrouve vite au milieu de pratiques vaudous qui échappent à son raisonnement cartésien.



Dans les années 1987/1988 le monde du cinéma est pris d'un certain engouement pour toutes sortes de magies folkloriques. Parmi celles-ci, c'est le vaudou qui les intéresse le plus. Ceci s'explique de par sa proximité géographique (Les Caraïbes) ainsi que par la présence sur le sol américain d'une population cubaine qui a importé avec elle ses croyances. Deux films sortent du lot. D'abord, "L'emprise des ténèbres" de Wes Craven qui a une approche plus anthropologique des rites vaudous et qui s'appuie sur une certaine réalité politique de l'île d'Haïti. Ensuite, vient le film de John Schlesinger, qui transplante l'action du vaudou sur le sol américain. Une approche très différente du phénomène, et qui aboutit à faire des "Envoutés" un pur film d'épouvante, ce que n'était pas le film de Craven.



Peu habitué au genre, Schlesinger, était plus connu pour ses thrillers pour adultes ("Marathon Man", "Fenêtre sur pacifique"). Il s'essaie ici avec une certaine réussite à l'épouvante, grâce à la force d'un scénario implacablement calibré pour produire ses petits effets. Même si certains ressorts dramatiques ont un air de déjà vu, comme par exemple ce vieux couple (en apparence normale) qui s'occupe de Jamison père et fils. On pense alors à "Rosemary's baby" même si l'intensité du film ici est bien moindre. La plongée du psychiatre dans un univers qui lui est étranger de par son approche rationnelle des problèmes se fait par petites touches. Il découvre ainsi que dans son environnement la Santeria (vieille religion importée d'Afrique) imprègne ses proches. Ne serait-ce que par la présence de la femme de ménage, Carmen.



Les deux interprètes principaux, Martin Sheen et la sous-exploitée Helen Shaver ("Amityville la maison du diable", la série télé Poltergeist), sont pour beaucoup aussi dans la réussite d'un film prenant, qui se refuse de jouer visiblement la carte du happy end total, même si on n'échappe pas à la traditionnel scène d'amour. Pourtant et malgré ses clichés, "Les envoûtés" fait mouche, ne serait-ce qu'en montrant à quel point, les êtres humains ne sont que le jouet de leurs passions (volonté de puissance, peur des "dieux"). Le psy Jamison n'est pas le seul aussi à basculer du côté du monde de la magie noire. C'est aussi le cas de l'inspecteur McTaggert (le vétéran Robert Loggia vu entre autres dans "Psychose 2") qui d'abord réfute les accusations portées contre les adeptes d'une religion, puis perd la foi pour mieux la retrouver une fois que le pouvoir de la Santeria le contraint à ne plus faire le moindre mouvement. Un pouvoir terrifiant dont la malheureuse Jessica (Helen Shaver) est victime, avec des araignées qui sortent de sa joue. Une scène tétanisante, montrant toute l'étendue des pouvoirs de cette "secte" aux intentions clairement définies : sacrifier des enfants!



Les ramifications de la "conspiration" sont assez inconnues, ce qui oblige à douter de pas mal de protagonistes. Une ambiance de paranoïa, qui va crescendo jusqu'au dernier acte où les adeptes de la Santeria, veulent obliger le père à sacrifier son propre enfant. Passage initiatique obligé pour quiconque veut faire partie de ce groupe. Peu de passages sanglants, hormis les meurtres et suicides "forcés", ce qui en évitant le grand guignol rend l'histoire plus crédible.

"Les envoûtés" au-delà de l'approche du vaudou, nous montre un père de famille contraint de changer de lieu de résidence à chaque drame : petite ville -> grande ville -> campagne. Mais, changer d'endroit ne le met pas à l'abri pour autant du danger comme nous le montre le dernier plan (que je ne dévoilerai pas ici), rattrapé par un monde auquel il pensait échapper. Comme si s'éloigner était une solution. Récit efficace et prenant, "The Believers" constitue un thriller horrifique de très bonne tenue.








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