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Catherine Moore vient juste d'emménager dans une petite ville de l'Arizona, accompagnée de son bébé qu'elle dissimule coûte que coûte à son nouvel entourage. Au même moment, dans un autre Etat, une femme abat froidement un enfant dans une cour de récréation. Quelques jours plus tard elle réitère sa funeste entreprise dans une maternité en tuant un nouveau-né. Piégée par les caméras de surveillance, la meurtrière s'enfuit. Le lieutenant Briggs se lance alors à ses trousses…



Produit Par l'inusable Roger Corman, "Né pour tuer" (titre vidéo France) ne déroge pas à certaines règles propres à nombre de productions de "l'homme aux 1000 films". Un budget minime pour une rentabilité si possible, fructueuse.
Mettre en scène les affres de la maternité et son disfonctionnement est une bonne idée ; encore faut-il pour cela respecter certains codes, pour garantir au film une crédibilité tant visuelle que scénaristique. Et de scénario, il n'en existe quasiment pas : une mère élève seule et secrètement, son fils Joey conçu in-vitro. Une femme énigmatique, parcourt les Etats-Unis pour abattre un certains nombre de nouveaux-nés. Point final. Et aux commandes de cette histoire, Rob Kershner ("Carnosaur 3") et Daniella Purcell ("Dracula rising") pour le scénario: forcément, de telles références ne risquaient pas de tirer ce film vers le haut.
On retiendra principalement qu'en choisissant un bébé pour traiter un film d'horreur, les esprits les plus originaux ne manqueraient pas d'idées, tant la quantité de sentiments possibles pouvant être procurés chez le spectateur est grande.



Il aurait été intéressant par exemple de jouer sur l'émotion légitime que procure un nourrisson, et non pas nous asséner uniquement son faciès et ses déglutitions insupportables.
Autant le dire de suite, l'intrigue est molle, l'épaule du réalisateur sur laquelle était posée la caméra devant l'être tout autant. Il ne se passe pas grand chose de concret, et les personnages surgissant au fur et à mesure ne sont que des prétextes à des meurtres commis par notre "baby-freak".
Des effets d'ailleurs sans inventivité, et quelques rares scènes sanguinolentes qui oscillent entre le vampirisme et le cannibalisme. Le talent de maquilleuse d'Elisabeth Fry ("Le jour d'après", "Jeepers Creepers 2") ne suffit malheureusement pas. Une douloureuse expérience qui, malgré tout, ne l'a pas empêché de se faire engager dernièrement sur "Sin City". Autre détail : notre bambin ne se nourrit qu'exclusivement de chair, et possède le don d'influencer le psychisme des gens. Habile mais piètre argument pour tenter de nous expliquer le laxisme de sa génitrice.



Ainsi va donc ce métrage sans grande consistance, sans aucune surprise, et sans aucun talent d'interprétation (un casting de quasi-inconnus, hormis Ron Melendez aperçu dans "Les démons du maïs 3")
On ne frémit à aucun moment, et l'on peut regretter que le film n'exploite pas plus le côté "borderline" de certaines associations d'idées qu'un esprit malsain serait tenté de faire. Il est évident que dans l'inconscient collectif, l'image du nouveau-né est un tabou, au sens intouchable du terme. Pourtant Jacobson associe l'handicap à la naissance, n'hésite pas à faire tuer un enfant, offre une nursery pour terrain de tir, bafouant par la même toute l'imagerie naturelle que provoque d'ordinaire la maternité, le monde de l'enfance et son identité.
Or nous sommes dans un film supposé de terreur, et il est fort dommage que notre homme n'ait pas joué la carte du "shocking" à l'extrême.
Son nourrisson de latex articulé (Gabriel Bartalos : "Leprechaun 1 & 2") ôte toute crédibilité aux scènes sanglantes : les effets sont grotesques et répétitifs, et les mouvements de caméra qui devancent notre meurtrier en couche empêchent définitivement la possibilité de nous surprendre, tant l'issue de chaque poursuite est évidente.



A vouloir nous effrayer avec une thème humainement impossible, le réalisateur s'enlise dans un portrait de personnages inutiles, survole une manipulation génétique sous-entendue, et ne permet à aucun moment à l'un d'entre-nous de nous immerger dans son délire.
Et que dire du final, vu et revu, filmé sans doute avec les ultimes dollars sauvés in-extremis le dernier jour de tournage.
"The Unborn 2" ne renouvelle donc pas le film de genre, ou plutôt si : une tendance coutumière qu'ont certains réalisateurs à flinguer une bonne idée de départ.
Jacobson aurait sans doute mieux fait de suggérer plutôt que ridiculiser son atout principal. Il en est ainsi pour ce film interdit au - de 16 ans en France (sic!) que l'on n'oubliera jamais assez vite.








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