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Paris, en 1895. Lors de la foire du carnaval, Pierre Dupin, sa fiancée Camille et leurs amis se rendent dans la tente du docteur Mirakle. Mirakle, un excentrique, fait son spectacle et tente de convaincre la foule que l'homme descend du singe. Pour prouver ses dires, il a pour cobaye Erik, un grand singe retenu prisonnier dans une cage. A la fin de la représentation, Erik vole le chapeau de Camille et semble se prendre d'affection pour elle, sous le regard intéressé de Mirakle. Dans la nuit, Mirakle kidnappe une jeune femme afin de la soumettre à ses expériences : il tente de mêler le sang humain à celui d'Erik. La jeune femme succombe et est retrouvé morte dans le canal. A la morgue, où on dénombre déjà deux cadavres de filles mortes, Pierre Dupin, étudiant en médecine, même son enquête sur ces meurtres mystérieux...



1931. La Universal, suite au succès de "Dracula", veut réaliser "Frankenstein". Robert Florey s'attele à la tâche mais ne convainc pas les producteurs. Il est alors remplacé par James Whale qui nous livrera le chef d'oeuvre que l'on sait. Présenté pour jouer le rôle de la créature de Frankenstein, Bela Lugosi refuse, ne voulant pas d'un rôle muet. Mal lui en prit puisque Boris Karloff accédera au statut de star avec ce rôle. Disposant d'un réalisateur et d'un acteur, la Universal les réunis en 1932 pour le tournage de "Double assassinat dans la rue Morgue", adaptation du récit à succès de l'écrivain Edgar Allan Poe.

A la vision du film, qui est très court (moins d'une heure), on peut penser que la Universal a fait le bon choix en destituant "Frankenstein" à Robert Florey. Ce n'est pas que "Double assassinat..." soit un film raté mais il ne peut prétendre à la classe du film de Whale.



La présence de Bela Lugosi dans ce film apporte un plus indéniable au charme du film. Surtout qu'il semble particulièrement à l'aise dans ce rôle de savant fou voulant croiser le sang humain et le sang animal. Comme toujours, il joue de son regard ténébreux et inquiétant, hypnotique même. Sa présentation des rapport entre l'homme et le singe lors de la séquence de la fête foraine est vraiment très bonne. Tantôt très sérieux, tantôt ironique, voir halluciné quand il explique ses projets, il excèle réellement pendant cette scène ! Ne reculant devant rien pour aboutir à ses fins, il n'hésite pas à kidnapper et torturer des jeunes femmes qu'il livre aux eaux du canal une fois morte, avec l'aide de son assistant au visage inquiétant. Bref, une vraie imagerie du film d'épouvante est présente à l'écran.

Les autres acteurs sont assez banals. On retiendra la charmante Sidney Fox, jouant le rôle de Camille, personnage qui rappellera sur le final la future Fay Wray, devenant elle aussi l'objet de convoitise d'un singe. Mais on est bien loin de "King kong" quand même...
Pierre Dupin est joué par Léon Ames, et l'acteur s'en sort correctement, sans que sa prestation reste dans les mémoires.

Niveau réalisation, Florey réalise de bonnes séquences, comme la scène du kidnapping, bercé dans la brume et qui rappelle l'ambiance d'un film avec Jack l'éventreur. Le plus original étant l'utilisation de décors peints mêlés avec des décors réels, qui nous ramène en Allemagne dans les années 20, au temps de l'expressionnisme. Cette association de décor accentue l'étrangeté de l'ambiance qui se dégage du film. Malgré cela, le film apparaît un peu "plat", surtout sur une si courte durée.



Le spectateur de notre époque sera par contre pris d'un bon fou rire en voyant le look du singe! Car c'est bien là l'effet le plus raté du film. Parfois joué par un acteur dans un costume, les gros plans sur le visage d'Erik sont des stock-shots de documentaire animalier, ce qui tranche vraiment avec la tête du costume! A la rigueur, filmer la tête du costume aurait été moins ridicule que de mélanger des têtes n'ayant aucun rapport entre-elles...

Mis a part ça, le spectateur retrouvera les nombreux éléments marquants de la nouvelle d'Edgar Poe, comme la découverte du cadavre dans la cheminée, la tête en bas, ou la séquence d'interrogatoire, très drôle, ou chaque participant croit avoir entendu une voix dans une langue différente... C'est d'ailleurs dans la dernière partie du film que l'intérêt est vraiment relancé.



Au final, un petit film sympathique mais qui a assez mal vieilli, malgré la nostalgie qu'il dégage. Une oeuvre à découvrir quand même, ne serait-ce que pour la prestation de Bela Lugosi!








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