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Lisa Baumer (la sublime Anita Strendberg) et son mari vivent à Londres ; alors que Lisa s'ennuit, lui voyage à travers le monde pour raison d'affaire. Alors qu'elle est au lit avec l'un de ses amants, Lisa apprend que son mari vient de périr dans un crash aérien, laissant derrière lui une assurance vie de un million de dollars. Le bénéficiaire étant son épouse, celle-ci se déplacera jusqu'en Grèce, pays où son mari avait contracté l'assurance en question. Refusant le virement banquaire, Lisa y préfèrera l'argent comptant… Argent qui a tôt fait de disparaître alors que la veuve est assassinée. S'ensuit alors une enquête menée par trois partis différents : la police, l'agent de l'assurance et une journaliste française à l'affût du scoop de sa vie.



Sergio Martino est le pur produit cinématographique de son époque. Italien de naissance, cinéaste de vocation, il se pliera aux exercices les plus convenus que proposait la Cinecitta dans les années 70. Du post Nuke en passant par un mondo, sans oublier un inévitable film cannibale ("montagne du dieu cannibal –la"). Rien d'original non plus à ce que l'Italien se lance dans le Giallo, un genre alors en vogue grâce à des noms comme Bava, Argento…

"The Case of the Scorpion's Tail" est un de ceux-ci, un giallo tout ce qu'il y a de plus classique, de plus convenu même. Sergio Martino n'innove pas (ou peux) et sert ainsi un film d'une beauté glaciale, mais parfaitement scolaire.



Attention, cela ne signifie nullement que vous découvrirez le tueur avant les 15 dernières minutes (là, les habitués du Giallo trouveront instinctivement le coupable), loin s'en faut. Cependant, vous y retrouverez tous les lieux communs du genre. Allez, une petite liste!

1 – un tueurs pervers habillé tout de cuir noir et dont l'arme de prédilection est une petit couteau à cran d'arrêt.

2 – des victimes, toutes féminines de leur état, égorgée dans des tenues affriolantes.

3 – des beaux mâles italiens.

4 – des retournements de situations qui auraient parus complètement insensés à Agatha Christie.



Ce ne sera donc pas dans la structure que le fanatique de Giallo trouvera son bonheur (encore que, pour être fanatique de Giallo, il est nécessaire de vouer un culte à ce cahier des charges). La véritable prouesse, la véritable valeur ajoutée de ce métrage est en effet la réalisation.
Le cinéaste enchaîne les plans comme l'on enfilerait des perles : avec une magnifique aisance. Jamais de fondus, mais une continuité dans la découpe des plan, dans le montage. Le film se déroule donc comme sur des rails et happe littéralement le spectateur, pour ne le relâcher qu'après un dénouement final des plus tordu.
Tout du long, Sergio Martinez jouera de contrastes, accumulant les couleurs vives à outrances pour donner une impression de sécurité, puis jouant dans une gamme de couleurs sombres afin d'accroître la paranoïa du spectateur.
De même lorsque l'action s'accélère, la caméra opte pour des mouvements à la fois plus libres (caméra embarquée, à l'épaule…) et plus nerveux.



Cette somptueuse réalisation s'accompagne de la musique non moins somptueuse de Bruno Nicolai, ayant déjà œuvré sur la bande originale de "Kill Bill : volume 2". Ce dernier, parfaitement maître de son art, composera un score dualiste.
D'une part la musique rythmant les scènes ‘calmes', les repas, les ébats amoureux… Là, excès de violons pleurnichards et de pathos. La bande son dégouline littéralement des enceintes, alors que l'autre partie du score en fuse littéralement. Ce second chapitre de la B.O. est crispant, contribue à faire exploser la paranoia ambiante. En outre, Bruno Nicolai délivre ici une composition intélligente, mélant les rythmes syncopés du folklore Grec, à des crissement de cordes plus lancinants, si particuliers à ce cinéma.

Un sans faute artistique auquel manque une structure un peu plus osée.

A noter le travail de restauration impressionnant fournit par No Shame Films. Si quelque défauts de compressions demeurent, la copie est absolument somptueuse.

Disponible en dvd sur : http://www.neopublishing.com