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La nuit du 13 novembre 1974, un drame horrible ensanglante la communauté d'Amityville. Le fils aîné de la famille DeFeo vient d'abattre brutalement ses parents ainsi que ses frères et sœurs. Il déclara avoir agi car des voix le lui ont ordonné. Un an plus tard, une nouvelle famille emménage dans la demeure. Le drame va-t-il se reproduire de nouveau ?



Faire une nouvelle version d' "Amityville la maison du diable" relevait du pari fou, tant c'est un film qui bien que datant de 1979 a su se faire une place de choix dans le cœur des amoureux de maisons hantées. James Brolin et Margot Kidder composant les chefs de la famille Lutz avec force et sensibilité. Derrière ce nouveau remake, se trouve Michael Bay qui a décidé de dépoussiérer plusieurs films fondateurs du genre. Autant "Massacre à la Tronçonneuse 2003" se prêtait volontiers à une relecture moderne, autant, pour "Amityville", on risquait le simple copier-coller. Pour bien faire, Bay propulse son protégé Scott Kosar à l'écriture du scénario. Un gage de qualité ?



Que nenni ! Déjà le scénario ne s'embarrasse pas de fioritures ni d'éléments psychologiques. C'est bien simple, on a rarement vu sur grand écran des personnages aussi caricaturaux. Le basculement dans la folie de George Lutz est extrêmement mal rendu. Accentuant encore le malaise face à un script digne d'un film d'action, ne voilà-t-il pas que de larges libertés sont prises par rapport au récit original, du moins tel qu'elles nous ont été rapportées. Autre élément manquant : l'angoisse a totalement échappé à ses concepteurs. Sinon, ils n'auraient jamais créé une baby-sitter aussi peu crédible. Une vraie bitch en puissance, ce qui désamorce la scène censée être flippante qui suit (avec le passage dans le placard). Nous sommes là bien loin de la sobriété de la même scène dans le film de Rosenberg.



Au lieu de miser sur une montée progressive de la tension, Andrew Douglas balance très vite tous les éléments qu'il peut : ombre qui passe, fenêtres qui claquent, objets qui se déplacent, apparition spectrale de la petite Jodie (tellement qu'elle finit par ne plus effrayer). Même la scène culte de la tentative d'exorcisme par le prêtre est bâclée. Visiblement pressé d'en finir, Andrew Douglas (jeune réalisateur débutant), venu du monde de la pub (ça se voit remarquez !) fait passer à vitesse grand V le séjour des Lutz dans la baraque hantée. Peu aidés par un scénario qui leur demande de n'être que des embryons de personnages, Ryan Reynolds et ses pectoraux, et sa comparse Melissa George (la série "Alias"), font ce qu'ils peuvent pour donner vie à leurs personnages.

Les rares bons éléments qui retiennent notre attention proviennent des cauchemars véhiculés par la maison : la découverte d'une pièce secrète par George Lutz, des images de tortures au bout de crochets (l'imagerie très "Hellraiser"), le coup de hache dans le ventre de Melissa… C'est finalement trop peu pour s'en soucier. A noter quand même la mort du clébard, comme quoi même dans le paysage cinématographique américain, certains aspects du politiquement correct peuvent changer!



Remake bousillé à coups de gros bruits, d'apparitions fantomatiques jusqu'à l'overdose (même lors d'un plan final grotesque), et d'un montage en inadéquation avec son sujet, ce cru 2005 réussit l'exploit d'être encore plus dispensable que les innombrables séquelles d' "Amityville". Malgré un soin apporté à la photographie (mais ce qui ne surprend plus), on préférera revoir les deux premiers de la série, bien plus réussis. A moins d'aimer les nanars incapables de provoquer le moindre sentiment d'angoisse. A ranger à côté d'"Hantise" et autres "13 fantômes" au rayon des ratés de films de maisons hantées.

Pour en savoir plus sur le fait divers:
http://horreur.com/dossier.php?iddos=12






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