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Réalisation
Ken Wiederhorn

Scénariste
Ken Wiederhorn

Date de sortie
1986

Genre
zombies

Tagline


Cast
Michael Kenworthy
Thor Van Lingen
Jason Hogan
James Karen & Thom Mathews


Pays
USA

Production


Musique
J. Peter Robinson

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 2.4
(20 votes)
Sous une pluie battante, un fût toxique s'échappe accidentellement d'un camion pour s'échouer dans un petit tunnel jouxtant un cimetière brumeux. Le jeune Jesse, âgé d'une dizaine d'années, se fait molester par une bande de voyous de son âge, et se réfugie quotidiennement dans le monde imaginaire et fantaisiste des bandes dessinées. Malveillant, le groupe de gamins brimant le petit garçon ouvre par mégarde le baril mystérieux, tombé quelques heures plutôt, et libérant un produit toxique aussi nocif que suspect. La nuit tombe, la fumée inquiétante se répand dans les environs et plus particulièrement dans le cimetière proche. Les morts se lèvent ainsi de leurs tombes, pour aller croquer du vivant…



Débutant lorsque Romero signait son fameux "Jour des morts-vivants", la fameuse saga (qui aurait bien fait de rester une trilogie…) des "Return of the Living Dead" trouvera sa place dans le vaste monde de l'horreur eighties, et surtout son premier et troisième volet. Le premier opus justement, pose des bases inédites pour l'époque en jonglant entre frissons, humour destroy et savoureusement noir, gore, punk, rock… Un esprit très ancré dans l'esprit des comics books de l'époque, et surtout des E.C comics. De nouveaux morts vivants font leur apparition, doués cette fois de paroles et d'un appétit monstrueux pour les cervelles. Non seulement ils courent, mais ils laissent peu de chance sur leur passage.

Le succès et la statut rapidement culte du premier aidant, une suite est mise en chantier non pas sous la direction de Dan O'Bannon, mais de Ken Wiederhorn, qui s'était déjà accoquiné avec les morts vivants dans "Le commando des morts-vivants" qui restait principalement une curiosité mineure.



Wiederhorn ne semble pourtant habité d'aucune grande créativité, puisque le film n'agit pas comme une suite directe mais comme un remake. Un remake light reprenant le même schéma, avec d'autres personnages. Des personnages qui font pâle figure face aux punks agités du premier film ; d'ailleurs deux acteurs du précédents films reviennent dans des rôles de profanateurs de sépultures : Tom Mathews et James Karen. Ils bénéficieront du même sort que leur précédents personnages : contaminés par la fumée toxique. Ils entament la même transformation (encore le meme gag des patients vivants et pourtant déjà morts) et deviendront de méchants zombies comme prévu.

Là où O'Bannon avait trouvé une idée inédite voire carrément géniale pour ressusciter les morts (la pluie acide), Wiederhorn préfère faire glisser un baril contenant la fameuse trioxine dans un cimetière, tout simplement. Avec plus ou moins de bonheur, on retrouve le fameux Melting-zombie se cachant à l'intérieur du fût, relooké pour l'occasion et malheureusement beaucoup moins présent à l'écran que dans le premier film. Son faciès "ébahi" pourra sûrement effrayer les plus jeunes, enfin peut-être…



Wiederhorn ne se creuse non seulement pas la cervelle ( !) mais il offre un remake très allégé, alors que le premier film se montrait méchant, agressif et sanglant lorsqu'il le fallait. Ici les gerbes de sang sont timides, et une audace délicieuse comme le strip-tease de Linnea Quigley ne retrouve malheureusement pas d'équivalent ici. Même les zombies deviennent des bouffons, pas forcement drôles : une main coupée lance un doigt d'honneur sans grande utilité, un mort vivant électrocuté endosse la défroque de Michael Jackson dans "Thriller", un groupe de zombies fêlés s'éclate à rouler sur la route comme des abrutis du dimanche, d'autres sont hypnotisés par un cour d'aérobic… Pas toujours top tout ça, non pas vraiment…
On pourra lancer quelques sourires face à cette tête coupée aux dents longues ou ce cadavre vraiment très moche émergeant tranquillement de son cercueil et enlève tout aussi délicatement le pied de biche qu'on vient de lui enfoncer dans la tête. Maigre.

Wiederhorn est donc même timide avec la violence grand-guignolesque du film, qui se retrouve réduite au strict minimum. Le sang des morts vivants est jaune, les croquages de cervelles sont inoffensifs, les scènes de cannibalisme sont extrêmement rares, bref c'est pas la joie. Une certaine sympathie touche le film à certains moments, heureusement plus proche du B que du Z. Nostalgie? Peut-être, et en tout cas c'est sans aucun doute cette petite touche qui sauve de justesse un film au bord de la catastrophe.



Histoire d'attirer les amateurs de sensations fortes, le film est annoncé (encore aujourd'hui) par une affiche spectaculaire, sombre, quasi-parfaite, sans aucun trait d'humour : l'exact opposé du film. Ne surtout pas tomber dans ce piège vicieux et se tourner surtout vers l'affiche française qui résume assez bien les intentions générales, seul problème : l'affiche est peut être plus drôle que le film ! Car au final, "Le retour des morts vivants 2" aurait pu aller encore plus loin dans le délire et s'autoriser quelques gags efficaces voire sanglants. Seule idée dîte "méchante" : un gamin intoxiqué croque le cerveau de sa môman. L'humour, le sang, et meme l'émotion étant absent de ladite séquence, on ne s'attardera pas longtemps dessus.

On devra se coltiner donc des personnages fades et stéréotypés (le gamin débrouillard qu'on a envi de claquer, le plombier beau gosse, la grande sœur chiantissime, le docteur toujours paré à balancer une vanne bien placée, la scream-queen habituelle…), et un adoucissement générale. On s'éloigne prudemment des E.C Comics, jusqu'à cette scène finale qui tente de nous faire avaler un semi happy end poussif. Calibré pour un public adolescent et adulte, le premier film avait tout bon. Calibré pour les jeunes adolescents (enfin je suppose vu le résultat!), cette suite peut se voir tranquillement puisque ne souffrant nullement de son rythme. Mais elle a de quoi faire rager vu l'autre résultat qu'elle aurait pu donner avec plus de boulot et d'inventivité. Un film plat, regardable, mais criblés de défauts et donc maladroit.