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Londres, 1870, un homme arrive dans un restaurant après qu'un mystérieux personnage lui ait lancé une épine avec une sarbacane. La victime est prise d'hallucinations, qui le poursuivent jusque chez lui où il se défenestre… Alors que d'autres suicides frappent la ville, le jeune John Watson arrive à la Brampton School et rencontre son voisin de chambre, un jeune garçon d'une incroyable perspicacité au nom plutôt familier : Sherlock Holmes.



Grâce à ses productions particulièrement juteuses ("Gremlins", "Retour vers le futur", "Les Goonies"…), Spielberg continue à prendre du galon et se joint à Barry Levinson pour la réalisation du "Secret de la pyramide". Accompagné au rayon production par ses habituels associés Frank Marshall et Kathleen Kennedy, Spielberg verra le film de Levinson se manger lamentablement au box-office avant de faire engloutir par les marécages de l'oubli.

Qu'est-ce qui continue à faire exister "Le secret de la pyramide" ? Pas grand-chose, si ce n'est le label Spielberg, les diffusions télés assez fréquentes chez nous et les quelques images de synthèses que nous offre le film, qui marqueront avec plus ou moins d'importance le monde des effets spéciaux. Histoire d'enfoncer le clou et de prouver que le film ne semble plus valoir tripette aux yeux de certains, l'édition DVD sera vierge de bonus et sortira en catimini. Quel beau geste attentionné non ?



Rien ne porte à croire que le film vaut vraiment quelque chose, vu le réalisateur se coltinant la réalisation : Barry Levinson, un réalisateur qui n'aura pas apporté grand-chose au cinéma (Comment ça "Harcèlement" ?) et auquel on fait peu confiance. Un réalisateur académique donc, qui aura laissé les intéressants "Sleepers" et "Toys", mais surtout "Le secret de la pyramide". Autant le film n'a pas marché, autant Spielberg a remis le couvert avec Indiana Jones etla série "Young Indiana Jones" dont le concept est légèrement similaire au "Secret de la pyramide", sous lequel se cache le titre "Young Sherlock Holmes".

C'est donc la jeunesse de Holmes qui est visée, ici âgé d'une vingtaine d'années et déjà d'une intelligence hors du commun. Le film débutera avec la rencontre entre Sherlock et John Watson, qui deviendra évidemment Dr Watson. Celui-ci est d'ailleurs un pauvre petit gars naïf et maladroit, suivant Sherlock partout où il va et qui semble avoir un sérieux problème avec les gâteaux à la crème ! Sherlock a donc enfin un grand ami, mais il a aussi ses rivaux (l'infâme Dudley, copie conforme avant l'heure du Malefoy de "Harry Potter") et son amour, à savoir la douce Elizabeth (superbe et resplendissante Sophie Ward, qu'on reverra dans "Waxwork 2 Lost in time").

Londres est frappée par une vague de suicides intriguants, où les victimes deviennent folles après avoir été piquées par l'aiguille d'une sarbacane. Chaque victime à des visions, qui la poussa irrémédiablement au suicide. En enquêtant sur ces suicides, Sherlock Holmes va découvrir une secte égyptienne pratiquant des sacrifices en plein cœur de Londres ! Autant dire que ça va pas être du gâteau…



Tourné vers un public familial, "Le secret de la pyramide" est pourtant loin de l'être à 100%, on pourrait même affirmé qu'il ne l'est qu'à 40% ! Car le film de Levinson est une œuvre mature, ne versant en aucun cas dans le loufoque ou la niaiserie à deux sous. Pas de répit pour certains personnages, d'ailleurs la série de suicides suffit à se dire qu'on est loin de la bibliothèque verte. Levinson s'inspire et s'imprègne de l'esprit Indiana Jones, avec un talent certain.
Gros clin d'œil (ou plagiat ?) à "Indiana Jones et le Temple maudit" : la fameuse séquence de la secte égyptienne reprenant la caractéristique de personnages (une femme, un jeune garçon, le héros), la même position de voyeur puis les risques que prend le héros en allant découvrir le sacrifice de trop près, le sacrifice douloureux (ici une femme est momifiée puis brûlée vivante avec un liquide non identifié) et bien sûr la fuite.

Levinson ne bâcle sûrement pas son film et développe une enquête passionnante, qui mènera le spectateur vers quelques rebondissements tragiques distinguant bel et bien le film d'un quelconque "Harry Potter" : "Le secret de la pyramide" est un conte cruel qui ne lésine ni sur les images inquiétantes ni sur une certaine violence. D'ailleurs l'expérience douloureuse que vivra Holmes joue la carte de l'inattendu, et le combat final à l'épée, sur un pont se situant au-dessus d'une eau glacée renvoie au vrai cinéma, peut-être meme au cinéma de cape et d'épée dénué cependant ici de toute ironie. Je conseille d'ailleurs aux amateurs du film de découvrir la surprise située après le générique de fin.



Pour les scènes de visions fantastiques, les effets spéciaux se chargent de nous balancer des inventions visuelles surprenantes, parfois sérieusement méchantes : fantômes du passé, porte-manteau tentaculaire, gâteaux vivants (!! du cartoon live pour détendre sûrement l'atmosphère), gargouilles carnassières, zombie, enterrement prématuré… Jusqu'à ce magnifique vitrail prenant soudain vie grâce à la magie des images de synthèses, à l'époque encore à leurs premiers balbutiements. L'effet a énormément marqué, peut-être meme plus que le film…

Les jeunes acteurs, prometteurs, auront une carrière fourmillant de petits produits et de téléfilms sans importance qui ne leur feront pas honneur. Nicolas Rowe, parfait en jeune détective anglais, a d'ailleurs trouvé dernièrement un minuscule rôle dans "Le fils de Chucky".
Levinson n'oublie pas une très belle reconstitution de Londres, ultime hommage au personnage de Holmes et à l'univers de Sir Conan Doyle. Machine volante, enquête minutieuse, mystère, cimetière, pyramide, crimes, ambiguïté, petit trait d'humour… "Le secret de la pyramide" est un véritable délice qui, n'ayons pas peur des mots, fait partie des meilleures films d'aventures des années 80, et sans nulle doute de l'une des productions Spielbergienne les plus adroites.








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