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Alex Gardner est un jeune médium qui a cessé toutes activités depuis 9 ans, et qui n'utilise ses pouvoirs que pour draguer les minettes et gagner de manière pas vraiment légale aux courses, ce qui lui vaut quelques problèmes avec des escrocs mal lunés. Emmené de force dans une université californienne, il est chargé de faire partie d'un groupe de médiums ayant la possibilité de rentrer dans les rêves d'autrui pour ainsi comprendre ou éloigner d'éventuelles troubles mentaux. Il n'est pas insensible au charme de la jolie doctoresse Jane Devries, et retrouve par ailleurs une ancienne connaissance : le Docteur Paul Novotny. Réticent de participer à ce programme, Alex accepte sous chantage et s'apprête à découvrir un nouveau monde, bien plus risqué qu'il n'y parait…



"Dreamscape" rejoint deux tranches de thèmes assez courants dans les années 80 : la découverte de l'esprit humain dans ses moindres détails avec des films comme "Au-delà du réel", "Brainstorm" ou "L'expérience interdite", puis le monde des rêves et leurs pouvoirs. Sur ce thème, les films seront fort nombreux et traverseront occasionnellement le festival d'Avoriaz : "Paperhouse", "Dream Lover", "La compagnie des loups", "Les griffes de la nuit" et ses suites, "The Dream Demon" et évidemment "Dreamscape" qui a inspiré sans le vouloir un certain "The Cell".

Série B de science-fiction essayant de se faire passer plus ou moins pour un blockbuster (le succès et le merchandising n'y est pas, le statut culte encore moins mais mattez un peu l'affiche pour voir l'ambition du film) et fonctionne sur une idée sensationnelle, qui aurait eu grandement besoin d'un budget largement conséquent. C'est Joseph Ruben qui est nommé à la barre, un réalisateur sans grand intérêt qui a tout de même signé par la suite deux thrillers assez dérangeants renvoyant au petit home sweet home américain : "Le beau père", qui engendra plus de deux suites, puis "Le bon fils" malheureusement plombé par une fin moralisatrice assez aberrante.



Incarnant le brave Alex Gardner, Dennis Quaid commençait alors à entamer une belle ascension cinématographique ("L'aventure intérieure", "L'étoffe des héros", "Enemy", "Les dents de la mer 3"…) et se retrouve accompagné ici d'une belle brochette d'acteurs comme Max Von Sydow ou Christopher Plummer (machiavélique et sobre comment on aime), ainsi que Kate Capshaw alias Madame Spielberg. La même année, la demoiselle rencontrait l'homme de sa vie sur le tournage de "Indiana Jones et le temple maudit" ou elle incarnait l' "Indiana Girl".

Si la première partie du film est orientée SF avec découverte des pouvoirs d'Alex et tutti quanti, la deuxième se tourne d'avantage vers le thriller politique, délaissant les scènes oniriques. Ainsi, monsieur le président des Etats-Unis ne cesse de faire des cauchemars sur la bombe atomique, ne le laissant guère en paix. Pour lui, une seule solution : faire signer un traité avec les Russes pour pratiquer un désarmement. Bob Blair, un homme lié aux services secrets et très proche du président, ne veut aucun cas ce désarmement. Pour cela, il veut faire appel à un médium pour ainsi, chasser ces mauvais rêves. Cependant ses desseins deviennent plus sombres de jour en jour.

Alex devra malheureusement découvrir son nouveau rival, un autre médium, Tommy Ray Glatman, un être prétentieux et mesquin amateur de kung-fu. Ses activités deviennent également de plus en plus mystérieuses, de même que sa réelle fonction au cœur de l'université est plutôt floue. Et s'il était de mèche avec Bob Blair ?



Il faudra attendre un bon petit moment pour voir débarquer la première scène de rêve impliquant Alex etant donné que la première reste assez "soft" et plutôt courte. Malgré quelques rides malvenues, cette toute première scène de rêve propose un effet spécial surréaliste assez efficace consistant à accélérer les nuages s'accumulant dans le ciel, donnant une impression d'irréalité bienvenue.

Alex se prend d'amitié avec un bambin dont les cauchemars sont hantés par un mystérieux monstre, envoyant direct à l'asile tous ceux tentant d'entrer dans ses cauchemars. Pour la séquence où Alex découvre enfin la peur du petit, Ruben s'inspire de l'expressionnisme Allemand pour les décors et reproduit assez bien cette impression de cauchemar désagréable, inconfortable. Il faudra attendre la fin pour voir LA grande scène onirique, se tournant méchamment vers l'horreur. On a d'ailleurs droit à quelques scènes Post Nuke assez apocalyptique, avec villes ravagées et zombies irradiés en prime.



Aussi sympathique et divertissant soit-il, "Dreamscape" a bien du mal à exploiter son concept, pourtant jouissif : rentrer dans les rêves d'une personne et pouvoir matérialiser ce qu'il nous plait. Au moins quelques beaux moments oniriques auraient pu être rajoutés, ce qui est quelque part fort frustrant. Pour réparer ça, Ruben inclus une course voitures/moto-cross assez spectaculaire ou un rêve érotique où Alex et Jane fricotent dans un wagon-lit. Rêve érotique censuré sur les DVD zone 1 et zone 2 puisqu'on n'apercevra malheureusement pas les formes avantageuses de Kate Capshaw. Spielberg serait-il dans le coup ?

Charme eighties oblige, le film regorge de FX spectaculaires… du moins pour l'époque. Car ils sont loin d'avoir supporté le poids des années et frisent la catastrophe (l'homme-serpent pas toujours au top de la forme ou les transitions très moches avec les rêves en témoigne). Mais, alchimie des années 80, ils gardent constamment cet esprit nostalgique en eux, même quand ils touchent au désastre (les transparences mon dieu ! les transparences…). Et puis on a vu toujours bien pire en ces temps glorieux…
Ruben ne se foule pas trop et refourgue un produit bien emballé, bien pesé, qui respire tout le charme des années 80 jusque dans ses effets spéciaux plus vraiment spéciaux et la musique électronisante (et même assez laide il faut le reconnaître) de Maurice Jarre qui a connu des moments plus mémorables dans sa carrière. Et, étrangement, ça fait vraiment un bien fou! Enfin ça, à vous de voir…








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