RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 3.4
(21 votes)
Dans la vague des slashers du début des années 80, "Slumber Party Massacre" détient une place curieuse, essentiellement basée sur sa réputation : celle d'une métaphore bien lourdaude qu'on pourrait faire de toute façon à propos de pratiquement tous les autres slashers, et celle d'un pseudo-malentendu sur les intentions féministes de la scénariste Rita Mae Brown, les intégristes de garde de l'époque ayant poussé de hauts cris devant le film de l'oubliable Amy Jones. Cela enlevé, que reste-t-il ? Eh bien, quelques filles nues...



Ses parents la laissant seule le week-end, Trish (Michelle Michaels), qui vient de jeter ses colifichets d'enfants, organise chez elle une soirée, avec ses copines basketteuses et collégiennes. Après une légère dispute concernant l'invitation ou non de la nouvelle, Valérie (Robin Stille), cette dernière la décline. La soirée devrait se dérouler entre filles, mais c'est sans compter sur une paire de collégiens obsédés… et sur Russ Thorn, le psychotique qui vient de s'échapper de l'asile, et qui vient de s'équiper d'une grosse perceuse portative…



Le fait est que le scénario, parodique au départ, a été adapté de façon à donner dans le slasher sérieux. Du moins c'est ce que l'on dit. Une allégation bien pratique, n'est-ce pas, car chaque fois qu'un sourire ironique et écoeuré vous montera aux lèvres, on vous répondra qu'il s'agit d'un reste du scénario original… N'empêche, certains éléments restent flous, tel ce dialogue plein de naturel entre nymphes-boudins prenant leur douche : "- Peux-tu me passer le savon? – Bien sûr, avec plaisir, tiens.". Humour? Débattons. La totalité des répliques étant à l'avenant, entre traits d'esprit (?) lourdingues et considérations nulles, l'esprit critique tend à passer l'ensemble par la trappe du ridicule, comme pour le choix de ces nudités rébarbatives (à l'exception de Brinke Stevens) : fesses molles et mamelles blafardes dont le dynamisme approche celui d'une tranche de jambon… Le slasher n'a pas attendu les années 90 pour nous aligner les cruches ; simplement, auparavant, elles étaient laides.



Passons à l'horreur. Pourquoi Russ Thorn trimballe-t-il sa perçeuse comme un sceau d'eau qu'il s'apprêterait à balancer à la figure de ses victimes ? Nous ne le savons pas. Pourquoi "Slumber…" a-t-il la réputation d'être gore ? Pour peu de choses à vrai dire, la plupart des effets souffrants d'ellipses systématiques et d'une image sombre (version cut ou uncut), et les autres ne bénéficiant pas de moyens tels qu'ils puissent réellement nous hérisser (même tarif pour la réalisation, ultra-plate). Au niveau du rythme, vous pouvez préparer votre thermos de café : les conciliabules féminins sécrètent de redoutables endorphines, et les fausses-peurs (bouh ! le chasseur d'escargot !) se répètent d'une façon assommante… Les absurdités elles aussi sont innombrables : une dinde dans un frigo dont les clayettes ont disparues, les pouvoirs magiques d'une machette à faire pleurer Luke Skywalker… Et nous allons délibérément éviter de parler de la vraisemblance psychologique.



Inutile d'y regarder à deux fois. Si "Slumber Party Massacre" est voulu comme un film sérieux, c'est un navet ridicule dont les connaisseurs pourront goûter les tares. S'il s'agit bel et bien d'une parodie, celle-ci est bien pesante, et mérite le même sort. Bref, pas de quoi se crêper le chignon...








Du même réalisateur :