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Pour éviter de finir dans l'assiette d'une cannibale, un petit garçon raconte à son bourreau trois histoires d'horreurs : une momie ressuscitée pour les besoins d'une vengeance, un chat noir maléfique traqué par un tueur à gages, et un pacte conclu entre un monstre ailé et un artiste paumé.



Blondie prépare un petit festin peu orthodoxe.

Moins culte que ses cousins "La quatrième Dimension", "Les contes de la crypte" et "Au-delà du réel" ; la série TV "Tales from the Darkside" connaitra quelques honneurs aux USA avant de disparaître rapidement. Pas de révolution : une histoire d'horreur avec de l'humour noir, des monstres, et une fin qui contourne l'habituel happy end.

De 1984 à 1988, la série fera son bonhomme de chemin avant de connaître l'attendue transposition au cinéma. Suivant les pas de "Creepshow", "Darkside les contes de la nuit noire" fait cependant bien pâle figure par rapport au film de Romero ou face à certains épisodes des "Contes de la crypte". Nettement plus horrifique que les "En plein cauchemar" et que "Cat's Eye", ce petit film à sketch manque furieusement de sang neuf, sans pour autant faire de lui une honte absolue.


Une bonne tête de Gargouille

Trop classique dans ses histoires, "Darkside" compte pourtant des scénaristes de qualités, et justement pas que de simples scénaristes, jugez plutôt : Stephen King, Sir Arthur Conan Doyle, George A.Romero et Michael McDowell (scénariste de "Beetlejuice" entre autres). Cette association de talent ne semble pourtant pas vraiment se refléter à l'écran, et leur absence n'aurait étonné personne. Un coup marketing sans doute, qui ne fera pas marcher le film pour autant.

Commençons donc par l'histoire englobant les trois sketches, sans doute la meilleure de tous (un comble !) : une jeune femme termine de faire ses courses, rentre en voiture chez elle, salue ses voisins. Rien de particulier, si ce n'est que c'est la jolie Deborah Harry (Blondie en d'autres termes) qui incarne la mystérieuse protagoniste. Mais quand Madame dévoile un cachot dans sa cuisine, avec un petit prisonnier à l'intérieur, on peut commencer à avoir des doutes. La jeune femme en question est une grande amatrice de chair humaine, et prépare tranquillement son repas du soir, qu'elle compte bien organiser avec d'autres antropophages. Pas vraiment en accord avec cette situation, le gentil Timmy s'empare d'un bouquin d'horreur et tente de retarder son sort en lui lisant des contes surnaturels.
L'ensemble est peut-être court, mais cet hommage à Hansel & Gretel vaut largement le détour pour la performance savoureuse de Deborah Harry et le clin d'œil final au fameux conte de Grimm. Pas de sang, pas de monstres, et pourtant ça marche !


Le calme avant la tempête. Avec la momie, ça va charcler !

On passe à la première histoire, qui marque d'entrée quelques points avec un casting regorgeant de petites têtes bien connues : Steve Buscemi, Christian Slater et Julianne Moore, future Clarice de "Hannibal". On a droit à une énième variation sur le thème de la méchante momie, transposée dans un campus (sic!) mais sans ados baiseurs ou humour au ras des pâquerettes. Ouf !

Ce qui n'empêche pas le sketch d'être un peu faible niveau scénar : un ado mal dans sa peau réveille une affreuse momie pour se venger de ses camarades. Un brin sanglant (deux bons meurtres gores et puis basta !), agrémenté d'une petite touche d'humour macabre et pourvue de la traditionnelle chute finale, le sketch reste finalement plaisant. En tout cas, si vous voulez découvrir de manière approfondie les techniques assez spéciales d'embaumement made in Egypte ou voir Julianne Moore se faire charcuter le dos à coup de ciseaux, vous pouvez vous approchez sans crainte.


Quand l'expression "Avoir un chat dans la gorge" prend toute sa signification !

Après la momie, le chat noir, waouh quelle originalité débordante ! Sauf qu'ici ce n'est pas l'histoire de Poe qui est reprise, mais un tout autre conte. Dans une atmosphère sombre, voire limite glaciale, un tueur à gage se rend chez un vieil homme malade (William Hickey, le vieillard de "Dolls", qui a aussi prêté sa voix au savant fou de "L'étrange Noël de monsieur Jack") lui ordonnant de refroidir un gentil minou errant aux alentours de la baraque. Un peu ridicule tout ça, pense le dessoudeur, seulement le petit chat a déjà massacré la famille entière du vieillard (dans un flashback intéressant mais tourné dans une ambiance bleutée assez vilaine) et compte bien assassiner sa dernière victime. Armé jusqu'aux dents, le malabar est prêt à tuer l'affreux animal, très coriace ! Gentiment efficace, ce sketch manque cruellement d'idées et de folie dans sa mise en scène, pas toujours très agréable. Reste une scène finale gorissime qui marquera durablement les esprits.

Le meilleur pour la fin, avec le dernier segment qui à un détail près, aurait pu être un petit chef-d'œuvre sans s'en rendre compte. Lors d'une soirée de beuverie, un artiste se fait attaquer par une gargouille qui s'empresse de bouffer son pote avant de s'en prendre à lui. Blessé mais sain et sauf, il doit respecter le pacte qu'il vient de faire avec le monstre : ne jamais raconter sa mésaventure à qui que ce soit. Traumatisé, il rentre chez lui et recueille une jolie fille qui va rapidement lui tomber dans les bras.
Ambiance limite gothique, éclairage travaillé, beaux Fx, splendide monstre, chute plus qu'efficace… Si l'histoire ne repiquait pas la trame générale de "La femme des neiges" du fantastique film japonais "Kwaidan", tout aurait été presque parfait. Très bête donc, surtout que la firme KNB fait preuve d'un excellent boulot pour les effets de transformations et les maquillages.
Banal, sympa mais terriblement banal, "Darkside les contes de la nuit noire" se verra décocher sans raison le Grand prix au festival d'Avoriaz en 1991. Un acte inadmissible quand on sait que "L'échelle de Jacob" ou "Cabal" étaient en compétion cette année-là. Le pire dans l'affaire est que l'argument marketing (Grand prix + grands noms du cinoche fantastique aux commandes) ne fonctionnera pas vraiment, et que le film sera rapidement oublié. Voilà une série B qui aurait pu avoir une chance si un véritable réalisateur s'y serait attardé. Au fond, "Darkside" est un gâchis sympathique…