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Relancée par les excellents "Misery" et "Simetierre", la mode des adaptations de Stephen King sera un outil marketing assez ambigu dans les années 90. Flânant entre les adaptations plus ou moins officielles, le fan de King aura du mal à trouver son bonheur dans des séries B souvent bâclées qui sentent bon les bacs de vidéoclubs. L'exemple le plus frappant sera la trilogie édifiante des "Sometimes they come back…", et d'autres petits produits assez douteux.



Mais c'est aussi la vague des téléfilms, s'appliquant à pratiquer des papiers collés édulcorés des pavés de Stephen King. Dans la masse, Tom Holland se détache quelque peu avec "Les langoliers", adaptation d'une nouvelle du recueil "Minuit 2". Holland livre une mini-série correctement ficelée qui compte cependant des Fx catastrophiques, heureusement peu présent à l'écran. Mais Tom Holland a déjà un savoir faire dans le monde du fantastique, puisque ses deux réalisations majeurs, "Vampire vous avez dit vampire ?" et "Jeu D'enfant", se sont rapidement trouvées une place dans le grand monde du fantastique et l'horreur.

Pendant la grande période de vaches maigres ou le fantastique et l'horreur sont devenus des genres moribonds, "La peau sur les os" fera une courte apparition dans les vidéoclubs avant de disparaître de la circulation. Certes on ne tient pas ici un chef-d'œuvre ou une perle oubliée, mais un produit honnête et beaucoup moins bâclé que certaines productions du même calibre habituées au rayon horreur des club vidéos.



Prenant source dans un roman de Stephen King lui aussi un peu passé inaperçu, "La peau sur les os" choisit un cadre très classique, aux limites de la comédie. Billy est un homme comblé sur tous les fronts : gentille et belle femme, adorable fifille, superbe maison, bon boulot, du pognon, un paquet d'amis et de connaissances, bref le bonheur à l'américaine. Seulement, Billy est obèse, et cela ne semble pas vraiment le frustrer. Il bâfre sans arrêt, sans jamais s'occuper de sa santé, ce qui inquiète un peu sa femme.

Mais tout le monde l'aime le gros Billy, jusqu'au jour où il remarque des roulottes de gitans organisant des jeux dans sa petite ville. En s'approchant d'un peu trop près d'une jolie gitane, il recevra quelques gestes insultants avant de voir partir les sauvageons. Le soir-même, au volant de sa voiture, sa femme décide de lui faire une petite gâterie dont elle a le secret (je vous laisse deviner !), déstabilisant ainsi son brave mari qui détourne son regard de la route et écrase une vieille gitane venant de débarquer sur le bitume. Pas de témoins, et quelques amitiés avec des gens hauts placés le sortent de cette affaire sans trop de problèmes. Mais le père de la vieille gitane (qui doit être bien vieux, vu l'âge extrêmement avancé de sa soit disante fille) vient à la rencontre du gros bonhomme, lui effleure la joue et lui dit "tu maigriras".



Billy s'en fiche un peu sur le coup, mais de jour en jour il semble maigrir. Il a beau continuer à se goinfrer, rien n'y fait, il maigrit sans cesse. Son entourage semble inquiet, et la terrible malédiction commence sérieusement à peser sur Billy. Cette fois, une véritable course à la montre s'engage, le pauvre homme doit retrouver coûte que coûte le vieux gitan et lui demander grâce, ce qui ne sera pas vraiment facile puisque le vieillard compte bien préserver sa vengeance. Argh !

Pas vraiment le temps de s'ennuyer avec le film de Holland, le héros n'aura même pas le temps de goûter aux avantages d'être mince. Le suspens fonctionne du tonnerre et on attend fermement les rebondissements qui nous arrivent en pleine poire. Un peu d'humour noir par-ci et par-là, un acteur principal cabotin (ce qui n'est pas vraiment une bonne chose), de belles surprises, un chouia de gore et des Fx plus que satisfaisant : voilà le contrat que remplit parfaitement Tom Holland, pour une œuvre très divertissante.



Les maquillages sont bien évidemment la petite renommée du film, puisque l'acteur Robert John Burke doit paraître obèse, puis maigrir de manière excessive. Pas d'effets par ordinateur, le latex est là et il le montre. Un peu de regret cependant face à la version obèse de Billy, qui manque un peu de réalisme (on devine le latex !). On aura droit aussi à deux autres victimes des gitans, elles aussi rongées par des transformations physiques pas très orthodoxes. Mais chuuut !

Humour noir, horreur, script efficace et malin… cela ne vous rappelle rien ? "Les contes de la crypte" bien sûr ! Le ton adopté par Holland est très proche des fameuses bédés et de l'excellente séries horrifiques, jusqu'en dans ce final à la chute cruelle (un peu too much diront certains) et bien méchante.
Et pour prouver que "La peau sur les os" est bien une adaptation officielle, on pourra apercevoir Stephen King en pharmacien un peu maladroit ! Un caméo qui fait toujours plaisir et un film d'horreur vraiment sympa.