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Réalisation
Bill Condon

Scénariste
Rand Ravich & Mark Kruger

Date de sortie
1995

Genre
tueurs fous

Tagline


Cast
Tony Todd
Kelly Rowan
William O' Leary
Timothy Carhart
Veronica Cartwright


Pays
Etats-Unis

Production


Musique
Philip Glass

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 2.4
(22 votes)
Telle une traînée de poudre, le mythe de Candyman s'étend. Quittant le lieu de Cabrini Green et ses quartiers insalubres, il atteint la Nouvelle-Orléans. La ville est en pleine préparation pour fêter Carnaval et elle se pare d'une ambiance festive. La fête est entachée par des meurtres au crochet dont celui du Professeur Purcell qui a écrit un livre sur le mythe. Ayant eu la tentation de prononcer cinq fois son nom devant un miroir, l'homme au crochet répondit à cet appel.



En apparence, le film de Bill Condon s'éloigne fondamentalement du premier "Candyman". Mais en apparence seulement. Car, en se penchant plus sur cette suite, elle ne fait que continuer à tracer le sillon du si merveilleux film de Bernard Rose. L'action quitte les quartiers pauvres de Chicago pour ceux d'une autre cité, La Nouvelle Orléans. Une forme de retour aux sources puisque Daniel Robitaille (notre Candyman) y a été esclave dans une plantation de Louisiane. Par la même occasion, "Candyman 2" s'éloigne de l'aspect anthropologique de son modèle, et fait siennes les règles du slasher (mouvements de caméra surprenants, personnage qui surgit au moment inattendu, meurtres sanglants).



Un choix qui explique le relatif retrait de la musique de Philip Glass, bien que toujours entêtante, et qui accompagne le déroulement du récit, tel un conte de fées. Loin d'être le méchant croquemitaine, que nous pouvons croiser à longueur de films horrifiques, Candyman est ce personnage torturé et qui souffre. De cette souffrance que d'autres hommes lui ont provoqué (scène que nous voyons grâce à un flash back), naîtra la volonté vengeresse d'un homme qui a tout perdu (famille, enfant, et sa vie !). Une sorte d'attirance/répulsion naîtra entre l'héroïne, Annie (Kelly Rowlan), à l'instar de Virginia Madsen dans le 1er opus. Le magnétisme de Candyman reste intact malgré l'atrocité de ses actes.



Comme trop préoccupé par le soin qu'il doit apporter au mythe, le réalisateur se raccroche aux éléments connus : lorsqu'Annie pénètre dans une pièce de son ancienne habitation, la porte est décorée avec une bouche béante (comme à Cabrini Green), le mythe de Candyman se propage essentiellement dans les bas-fonds et les milieux défavorisés. En cela, "Candyman 2" conserve l'aspect social inhérent à la légende. C'est dans les milieux les plus favorisés que l'on trouve les plus incrédules à croire en la réalité du tueur au crochet : le professeur, la police, et la mère d'Annie, Octavia. En ce qui concerne cette dernière, le cas est plus nuancé, car elle essaye de dissimuler un secret de famille. Secret qu'elle tente de noyer dans l'alcool. Mais en tentant de le faire, elle ne peut échapper à la tragédie qui se déroule, et qui menace sa fille et son autre enfant, Ethan. Des enfants que les secrets des parents risquent de conduire à leur perte.



Guidé par une voix off, celle de King Fish, animateur radio local, l'intrigue se suit comme dans un monde éthéré, entre réalité et cauchemars. Une ambiance cotonneuse, entourant la jeune Annie, en quête de son identité, rattrapée par un passé bien encombrant. Récit classique, parsemé de scènes chocs et de meurtres saignants, l'on pardonnera bien les quelques convenances de rigueur comme une dernière partie bien prévisible, et où des enfants viennent en aide à Annie (comme si une partie de leur peur avait disparu). In fine, on retiendra cet adage faisant de la mort une sorte de renaissance. Un passage obligé. Le cycle de la vie se trouve ainsi bouclé, même si c'est dans la douleur. Dommage que des producteurs plus soucieux de leur intérêt financier remettront le couvert pour un "Candyman 3" à fuir de toute urgence.