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Quel est l'intérêt aujourd'hui de faire un "remake" ? Hum une question à laquelle on peut répondre par : "se faire du pognon sans effort". Et c'est dans cette optique que cette adaptation semi ricaine/nipponne s'est effectuée. Produite par Sam Raimi (la trilogie "Evil dead", et les deux "Spiderman"), on avait pourtant tout à espérer avec un producteur de ce niveau. Sachant qu'il choisit ici non pas de prendre un autre réalisateur pour faire ce "remake" mais de garder celui à l'origine de la saga, à savoir Takashi Shimizu et de tourner au Japon. Malheureusement "The grudge" s'avère être un piètre "remake", à des années-lumières de ses homologues japonais.



L'histoire du film a peu changé finalement, bien qu'ici nous suivons des américains au Japon. Alors pour cela on se prend une bonne star américaine que la plupart des ados adorent, la jolie Sarah Michelle Gellar qui interprète Karen. Son personnage va alors être le fil conducteur du film. Ainsi Shimizu est obligé de rejeter sa structure segmenté si particulière qui était incompatible avec les canons d'Hollywood, c'est sûr. Malgré tout, Shimizu heureusement, ne se perd pas dans une linéarité, puisqu'il joue avec le temps, tout comme dans les versions originales. On passe alors du passé au présent sans que de franches transitions soient marquées.



Concernant donc les rapprochements entre les versions originales et ce "remake", que pouvons-nous dire ?
Tout d'abord, ici on retrouve des idées venant des quatre épisodes (DV et 35 mm) mais la structure narrative est la même que celle de "Ju-on : the grudge", c'est-à-dire le premier exploité au cinéma. Ce qui fait que l'on se retrouve avec un bon fouillis quand on connaît les versions originales.
On retrouve la scène des pendus (prise dans : "Ju-on : the grudge 2") mais alors ici exploitée n'importe comment, le personnage de Peter est la recomposition parfaite du professeur dans "Ju-on" et il subit la même chose que lui dans la demeure mais à cause d'une Karen présente en même temps que lui, tout le potentiel horrifique est écarté et l'apparition de Kayako au début du film sur le plafond renvoie à "Ju-on 2".
Ensuite on se retrouve avec la même trame que "Ju-on : the grudge".



Malheureusement même si de nombreux échos affirment le contraire, "The grudge" est loin de faire peur. Dû à un trop plein, à une exagération limite (les quelques effets spéciaux qui ne servent à rien du tout) et quelque fois à un copiage abusif (la scène de la baignoire qui copie celle de "Dark water"), on tombe dans du vulgaire déjà vu. Je ne parle même pas de la musique qui est par moment totalement insupportable, en plus d'être parfois trop grandiloquente (pour ce genre de film, il faut un score minimaliste à la Sato), elle se permet des montées honteuses afin de faire naître une certaine pression. De là à exagérer à ce point, je trouve cela franchement grotesque. Bien sûr la musique joue un rôle essentiel dans ce genre de film mais faut pas non plus pousser trop le bouchon.
Comparativement, "The grudge" fait pâle figure aux versions japonaises.. Pour preuve il suffit de regarder le "segment" de Susan Williams. Comme le personnage japonais, elle quitte son travail tard le soir, se retrouve seule dans les couloirs et se fait attaquer par Kayako. Premier changement majeur, elle se fait attaquer dans des escaliers. La scène est ridicule, de plus servie par des effets spéciaux qui ne servent à rien. Elle va voir l'agent de sécurité qui comme l'original, va vérifier. Nouveau changement, ici il ne se fait pas attaquer, la pression est donc vraiment amoindrie, bien qu'on retrouve sur la caméra de surveillance l'ombre de Kayako. Ensuite on retrouve la scène de l'ascenseur, à l'identique de la japonaise. Puis arrive le massacre, la jeune femme chez elle. Je préfère être clair, c'est complètement foiré... Quand on a vu la version japonaise qui à ce moment là s'avère tétanisante, on ne peut être qu'outré par ce laisser-aller de Shimizu.



Bref on pourrait comparer tout le film à la version japonaise mais cela ne servirait à rien. Il est clair, à aucun moment "The grudge" n'arrive à un centième de la version nippon. Je signale quand même que aussi la scène de la descente d'escalier de Kayako est foirée mais bien comme il faut. Affolant! Concernant les acteurs, je préfère me limiter à une phrase : ils ne sont pas du tout dedans, point. A part un certain Ryo Ishibashi ("Suicide club", "Audition"). Mais je comprends que le film est si bien marché, quand on ne connaît pas les originaux et la plupart des films de fantômes récents asiatique entre autre, il est clair que l'on peut se laisser avoir facilement. Mais quand on est fan du genre et de film d'horreur tout court, on ne se laisse pas berner par une démarche commerciale aussi évidente que ce "remake". Par pitié les américains, arrêtez de massacrer tous nos films préférés !!!



2/6 - Anonymous