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Première véritable série fantastique à apparaître sur nos chers écrans télés, "La quatrième Dimension" saura captiver les foules en inventant des histoires captivantes et originales, et de préférence très inquiétantes. Succès oblige, d'autres avatars débarqueront bien plus tard dans le même paysage ("Les envahisseurs" ou encore "Au-delà du réel"), et la série s'étendra pendant longtemps sur nos ondes, et connaître même un dérivé : "La cinquième Dimension". Encore aujourd'hui, la série a redémarrée en 2003 et 2004. On devinera facilement que l'excellente série "Histoires extraordinaires" puise directement son inspiration dans l'œuvre télévisuelle de Roy Serling, présentateur et créateur de ladite série.



Avec une musique et un générique aussi mémorable, des histoires aussi réussies et fournies, et tous les frissons qu'elle a put provoquer, la série connaitra les affres d'une adaptation au cinéma en 1984, sous la houlette de quatre réalisateurs déjà célèbres à l'époque pour leurs films cultes : John Landis, Steven Spielberg, George Miller et Joe Dante. Un très jolie quatuor qui promettait un très grand film, mais comme on connaît si bien les films à sketches, on comprendra vite que la massue de l'inégalité frappe un grand coup, sans pour autant altérer la qualité du film. Car soyons franc, on a vu bien pire dans le genre…



Avant tout hommage à la série, chaque sketch reprend ici le scénario d'un épisode déjà existant pour ensuite plus ou moins le remodeler. Outre un budget conséquent, le film fourmille de clins d'œil et de privates jokes souvent discrets, mais bien présents. Niveau caméo, la femme de Rod Serling apparaît dans le sketch de Miller, Burgess Meredith (visible dans quatre épisodes de la fameuse série) est recruté en narrateur lors du "générique", John Landis joue un petit rôle dans son propre sketch, le nom "Helen Foley" emprunté pour le sketch de Dante est le nom de la fille favorite de Rod Serling et on pourra apercevoir Serling lui-même dans le reflet d'un œil géant au début du film.

Tout n'est pas cependant rose au pays de la quatrième dimension puisque Vic Morrow trouvera la mort dans le premier sketch, suite à un crash d'hélicoptère. Deux enfants vietnamiens seront également tués, confrontant l'innocent John Landis face à la justice. Accusé d'homicide involontaire, il sera heureusement acquitté.

Histoire de débuter le film, on a droit à une petite histoire concoctée par Landis, qui use une fois encore de l'alchimie infaillible dont il a le secret : frissons et rires. Et ça Landis connaît si bien, confondre des moments de pure drôlerie avec un moment de terreur inopinée. Le clip "Thriller" en atteste, ainsi que l'inévitable "Loup garou de Londres".
Deux hommes roulent sur une route déserte, obscure et mystérieuse, s'amusant d'abord à une petite séquence karaoké improvisée et quelques petites devinettes musicales. Personne ne semble rouler avec eux, ils sont seuls. Vient le moment où leur discussion tourne autour de "La quatrième dimension" et pourquoi pas, de la peur. Les bavardages incessants entre les deux personnages peuvent rebuter au départ, mais attendez-vous à une chute très inquiétante, qui va bien plus loin que ce qu'on aurait pu penser jusque là : bienvenue dans la "Quatrième Dimension" !
Et pour rentrer un peu dans ce monde particulier, rien ne vaut le fameux générique remit à l'ordre du jour avec quelques petits effets 3D plutôt réussis.



Le véritable premier sketch peut enfin commencer, et ce sera Landis qui prendra encore le relais… pour nous decevoir cette fois. L'idée générale de l'histoire est forte (un raciste se retrouve dans la peau de personnes de couleurs) mais la réalisation semble vieillotte, presque inefficace, un peu terne aussi. Le traitement manque de "punch", d'effets spéciaux, de folie. On sauvera tout de même du naufrage une belle séquence de suspens ou le héros est menacé par des nazis (le prenant pour un juif) alors qu'il tient en équilibre sur un muret. La chute se veut cruelle, mais le spectateur aura sûrement décroché depuis un petit moment.

Monsieur Steven Spielberg continue sur la lancée avec une histoire typiquement Spielbergienne justement, un peu trop même. Dans un hospice de vieillards où rien de génial ne se passe (comme dans tous les hospices me dira-t-on !), un certain Mr Bloom débarque (Scatman Crothers, le gardien haché menu de "Shining"), un personnage souriant et débordant d'énergie invitant les personnes âgées de l'hospice à jouer au "Kick the can" ("shootez dans la boite" si vous préférez). Les habitants de l'hospice se prêtent au jeu et là MAGIE : Ils redeviennent des enfants. Spielberg se rapproche donc du terrain de "Hook" et de "E.T", en faisant couler comme il peut des litres de tendresse et de nostalgie. L'intérêt s'arrête donc à cette partie du sketch, ma foi assez poétique et fraîche. Touchant mais inégal, le sketch voit la morale de Spielberg le toucher de plein fouet.



Enfin les deux meilleurs sketchs arrivent, et franchement ça fait un bien fou ! Commençons par notre cher Joe Dante versant dans le délire surréaliste et cartoonesque appréciable à plus d'un point. Institutrice roulant depuis un bon moment dans la cambrousse, Helen Foley rencontre Anthony, un petit garçon dont elle vient d'écraser le vélo. Quand elle le raccompagne chez lui, elle se retrouve prisonnière de son home sweet home inventé par ses soins, via des pouvoirs magiques très spéciaux. Amateurs de sandwich au beurre de cacahuètes et de cartoons, le jeune Anthony capture diverses personnes pour constituer sa propre famille, qu'il punira aux moindres faux gestes. Joe Dante se défoule avec des visions de cartoon live audacieuses pour l'époque (diable de Tasmanie sortant de la TV, décors démesurés et de mauvais goûts) et des images qui marquent instantanément par leurs forces visuelles (la femme sans bouche, l'œil géant à la porte, le lapin cauchemardesque), et imprime sa marque directement par la présence de Kevin McCarthy et de Dick Miller. Les FX ont beau être quelque peu datés pour la plupart, cela n'enlève rien au charme de cette excellente histoire, se terminant par une note optimiste rafraîchissante.

Connu pour les deux volets de "Babe" et les trois opus de "Mad Max", George Miller termine en beauté avec le sketch le plus parodié et le plus célèbre de la série : "Cauchemar à 20.000 pieds". Angoissé par l'avion, John Valentine va voir son trouillometre descendre à O lorsqu'il s'aperçoit qu'un Gremlins sabote les ailes de l'appareil. Bien sûr personne ne le croit, mais la créature continue de lui faire de l'œil en défonçant le p'tit avion. Inspiré au départ par une légende urbaine américaine (des Gremlins auraient saboter des avions pendant la seconde guerre mondiale comme le déclare l'un des personnages de "Gremlins"), le sketch de Miller fait non seulement sursauter, mais donne surtout l'envie de ne plus jamais prendre d'avion en pleine nuit. Très bonne ambiance donc, et un John Lithgow déchaîné et parano comme jamais. Le Gremlins glouton croqueur d'avion ne possède cependant pas exactement le même design que ceux présent dans le film de Dante, mais se retrouve au contraire affublé d'une belle coupe rasta/iroquoise du meilleur effet. D'où sort-il ? Pourquoi attaque-t-il l'avion ? Mystère, car nous sommes… dans la quatrième dimension.








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