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"3 histoires de l'au-delà" prend le concept intéressant de mettre en œuvre des réalisateurs asiatiques sur des moyens métrages horrifiques à l'instar d'un "Creepshow" ou "Contes de la crypte". Bien évidemment, on se doute que les aspects financiers, commerciaux et l'engouement pour le cinéma asiatique y sont pour quelque chose. Grâce à Nakata et son fameux "Ring", l'industrie locale a su se renouveler, et faire par là-même découvrir des réalisateurs talentueux et très méconnus de par chez nous. C'est à partir de ce constat que s'ouvre le projet du film, faire découvrir ce que l'Asie est capable de faire en matière d'horreur. Ici trois réalisateurs de divers horizons on été conviés. Débutons par le premier, celui qui ouvre les hostilités, le coréen Kim Jee-Woon.



Kim Jee-Wonn n'est aujourd'hui plus inconnu chez nous, puisque il a eu grand succès grâce à son métrage "Deux sœurs". Outre ce film, Kim avait déjà réalisé "Foul king" et le fameux "The quiet family" qui narre sous forme de comédie horrifique, une histoire plutôt surprenante arrivant à une famille. Film qui a été repris par le japonais Takashi Miike dont il a renommé le titre en "Happiness of the katakuris". Kim possède donc des qualités indéniables malgré son début dans le monde du cinéma, et son court "Souvenirs" dans "3 histoires de l'au-delà" reflète bien son talent.
Sung-Min ne retrouve plus trace de sa femme qui a disparu. Depuis, il souffre d'une amnésie qui l'empêche de se rappeler des évènements et il souffre de cauchemars. Sa femme, elle, se réveille au milieu de nulle part, totalement amnésique aussi. Elle trouve un numéro de téléphone dans sa poche et tente de trouver un endroit pour l'appeler. Malheureusement la ligne est toujours occupée, alors elle erre pour essayer de comprendre le pourquoi du comment. Son mari tente lui aussi de faire le point mais les deux ne savent pas encore que la vérité sera dévastatrice.
Parcourue d'une ambiance inquiétante et angoissante, Kim réussit pleinement son segment. Grâce à sa durée relativement courte (40 minutes), Kim amène tout de suite à l'action et ainsi évite les longueurs (qui se ressentaient dans "Deux sœurs" par exemple). L'esthétisme de chaque plan est remarquable, typique du réalisateur, et la tension va crescendo avec un climax bien méchant. On n'oubliera pas non plus l'introduction du segment qui est tétanisante, avec un travail sur le son et le bruitage en parfaite osmose sur les images. Bref du très bon.



Voici maintenant le segment du thaïlandais Nonzee Nimibutr. Celui-ci commence ici réellement son incursion dans le fantastique étant donné que précédemment ses films étaient plutôt loin du genre. On peut citer son drame érotique "Jan dara" ou encore "Nang nak" tirée d'une adaptation traditionnelle d'une légende thaïlandaise. Ces films ont été d'ailleurs des succès incontestable dans ce pays. Si Nimibutr est incontestablement un réalisateur talentueux, peut-il vraiment l'être dans le domaine du fantastique ?
Voyons l'histoire de son segment "La roue" avant de tenter de répondre à cette question.
Hum Lakorn Lek est un maître en matière d'art sur les marionnettes, mais il meurt suite à de nombreuses visions cauchemardesques le faisant faire brûler sa demeure. Kru Tong est quant à lui un maître dans l'art du Khon (théâtre populaire de rue) et décide de s'emparer des poupées de Lek qui, selon la tradition, doivent rester avec leur créateur après sa mort, sinon celles-ci se vengeront. Bien évidemment Tong s'en moque, et bien mal lui en prend car de nombreux événements insolites vont survenir dans son village.
Après ce résumé, on constate à quel point l'histoire est peu passionnante et dire qu'elle est prévisible est un euphémisme. En plus de cela, la réalisation est médiocre, avec des partis pris mauvais (ralentissements multiples sans intérêts pour faire croire à des spectres). La musique pourtant pas si mal est également très mal employée. Nimibutr avait pour but de nous faire peur, et ben c'est complètement raté vu que l'ennui est surtout de mise. Ne parlons même pas de la conclusion du segment qui l'enfonce encore plus dans la médiocrité. Bref à oublier rapidement.



C'est le hongkongais Peter Chan qui conclue le film et de quelle manière !! Mais quelques mots avant tout sur le réalisateur. Chan fait partie incontournablement des grosses pointures du cinéma HK. Il a brillé notamment dans les années 90 avec sa compagnie UFO sur de nombreux succès. On lui doit des comédies comme "She's a man" ou encore sa très bonne love story "Comrades almost a love story".
Kin est un policier qui emménage avec son fils dans une cité abandonnée qui va être détruite d'ici peu. Il ne reste que l'étrange gardien Fai ainsi que sa femme et sa fille. Le fils de Kin disparaît et son père le recherche activement. Ne faisant que peu confiance à Fai, il décide de rentrer chez lui en douce. Là, il découvre sa femme qu'il pensait handicapée mais qui s'avère être en fait morte. Fai arrive derrière Kin et l'assomme. Kin est devenue l'otage de Fai qui lui affirme qu'il le libérera quand sa femme revivra, ce qui d'après lui ne devrait plus tarder grâce à la médecine chinoise.
Autant le dire tout de suite, "Chez nous", ce segment de Chan est un chef d'œuvre. Une perle à la fois d'émotion et de réalisation. Outre le suspense implacable et l'ambiance très travaillée, le court possède une émotion poignante qui prendra toute sa force à la fin. Bien sûr pour éviter de vous gâcher toutes surprises, je vous recommande grandement de voir ce segment.
On remarquera les qualités indéniables des acteurs, notamment pour Eric Tsang ("Infernal affairs") et Johnny To ("PTU"). Les enfants étant quant à eux plutôt médiocres ce qui se justifie au vu de leur âge. La musique est également somptueuse et renforce à la fois l'aspect inquiétant et sombre de la quasi-totalité du segment, jusqu'à sa fin poignante et touchante où elle offre un morceau mélancolique d'une grande classe. Chan accouche ici d'un segment pratiquement parfait malgré un début un peu trop poussé en matière d'effets mais rassurez-vous, voici du grand cinéma c'est incontestable.
A noter qu'il existe une "director's cut" de 70 minutes qui est sortie à Hong Kong.



Bref "3 histoire de l'au-delà" est, on peut le dire, une réussite, pas totale étant donné la nullité du deuxième segment. Malgré tout, cette initiative prouve s'il en est encore besoin, la bonne santé du cinéma asiatique en matière de fantastique, et les qualités indéniables et parfois impressionnantes de leurs auteurs.



4/6 - Anonymous





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