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Peu après l'holocauste atomique, des survivants errent sur les routes à bord de leurs motos. Ils débarquent dans ce qui semble être un reste de civilisation et s'installent dans un étrange bâtiment désaffecté. Hôtel ? Restaurant ? Immeuble ? Non rien de tous ça mais un laboratoire (comme par hasard bien sûr !) presque en état de marche. Mais une meute de rats attaquent et défient le groupe, bien décidés à les dévorer un par un…



Les rats défoncent les portes, c'est nouveau et breveté, la preuve…

Posant déjà les bases de son… hum "cinéma", "Virus Cannibale" sera l'hymne à la médiocrité selon Mattei, plagiant à tous va les grands films de cannibales et de zombies de la belle époque sans y injecter la moindre invention. Serait-il idiot, autiste ou cherche-t-il à provoquer le spectateur avec sa nullité légendaire ? Et bien ça, c'est l'un des grands mystères de notre siècle. A quand la réponse tant attendue ?

Avant sa pale copie de "Predator" ("Robowar", dont la jaquette VHS allait jusqu'à repiquer des éléments visuels de l'affiche de son modèle) et sa collaboration avec le grand Fulci pour l'inoubliable "Zombi 3", le petit Bruno se laisse tenter à la vague inespérée de Post Nuke rital, prenant leur source dans la trilogie "Mad Max". Non content d'avoir vu apparemment "Les Guerriers du Bronx" avant de faire sa chose filmique (c'est très important de regarder un film pour mieux le copier), Mattei pille même certains éléments chez Carpenter, histoire de faire un peu la frime (qu'il n'aura jamais je vous rassure). Donc bon, faire un Post Nuke c'est bien beau, mais pourquoi pas combiner une histoire d'animaux meurtriers avec ? Vous me direz c'est idiot, mais comme Mattei est un grand idiot, pourquoi ne pas joindre l'inutile au désagréable ?

Ce sont donc les rats qui sont estampillés ici de bêtes dangereuses, histoire de donner un peu d'originalité au film. Enfin avec Mattei, l'originalité a ses limites, et elle s'arrête exactement quand le film commence. Ah ben mince, c'est bête ça !
En 2025, un groupe de zonards refusant les lois de la nouvelle humanité, parcourt et sillonne un monde dévasté, qui s'arrêtera à un petit terrain avec iguane en option (et qui manque de se faire écraser, normal qu'il décampe après le passage des motards !) et une ruelle de maisons abandonnées, censées représenter les ruines de Manhattan. Enfin le problème c'est que justement, on ne sait pas vraiment si c'est Manhattan ! Remercions donc encore les traducteurs de notre beau pays…


Voilà ce que pourrez voir constament pendant tout le film : des rats, des rats et encore des rats.

Sans doutes attirés par le plus grand des hasards dans une bâtisse pourrie (merci la porte en carton pâte qui se défonce toute seule, très pratique), nos héros s'accommodent très vite à la pourriture des lieux. Comme quoi, ça fait un bon moment qu'ils en cherchent un abri… les pauvres. Ambiance inquiétante avec plein de toiles d'araignées pas belles, petits secrets révélés (découverte d'un bar, d'une serre et d'un ordi, Waouh !), visite des lieux sur fond de zik électronique vachement mystérieuse… et puis SOUDAIN, la fraîcheur de vivre semble s'emparer de nos protagonistes : en découvrant une cargaison de nourriture, un esprit sans doute élevé au bac à sable et au savoir-vivre porcin, les possèdent violemment. Le résultat est assez difficile à retranscrire sur papier, d'ailleurs je ne saurais dire l'émotion qui peut envahir le spectateur dans un moment pareil : doute, honte, inquiétude, crise de démence… Les émotifs sont priés de sortir de la salle.
Pour enfoncer le clou, rien de vaut une version français qui en rajoute un peu plus, dotée d'une finesse égale à celle d'une baleine de trois tonnes. Après le soldat en tutu dans "Virus Cannibale", on pourra ainsi assister à la danse provocante de la black du groupe, entièrement recouverte de farine et gloussant de plaisir : "Je suis blanche, je suis blanche, je suis plus blanche que vous tous". Espérons que Mattei va consulter régulièrement un psychiatre.

C'est donc la fête de la gourmandise porcine, jusqu'au moment où un cadavre bouffé par les rats est découvert dans un lit ! Alors attention on ne rigole plus, laissons diffuser lentement le non-sérieux à travers le métrage…


Moune Duvivier : une actrice que vous n'oublierez jamais.

Les rats sont donc très méchants, et vu que l'ordinateur (enfin le machin qui clignote quoi !) affirme que le massacre du groupe est imminent, ben apparemment nos amis ne vont plus tenir longtemps. Laissez-moi vous les présenter : Kurt, photocopie de Kurt Russel dans "The thing" (jusqu'au bout du nom), lance-flamme intégré et sérieux oblige ; Chocolat, la black du groupe livrant une performance de danse légendaire et quelques petits crises d'hystérie mémorable vers la fin du métrage ; VideoGames, avec un nom pareil vous devinez bien sa grande passion ; Lucifer, amateur de boisson et de baise, mais un peu con quand même ;Diana, l'hystérique du groupe (pour plus d'infos voir plus bas dans ma fiche) ; Lilith, belle (enfin bon soi disant) fille du groupe et petite copine de Lucifer, très généreuse de sa personne (bon en fait elle se fout régulièrement à poil) ; Duke, un traître débile qui est sans doute le double maléfique de Dave dans une autre vie ; Noah, le scientifique inutile du groupe ; Myrna, petite amie de Kurt toute à fait inexistante et pour finir Deus, le mystique du groupe.

Forcement vilains puisqu'ils n'aiment pas les humains, les rats possèdent de nombreuses nouvelles fonctions très "Matteiniennes" : ils sautent, défoncent les portes (est-ce vraiment raisonnable ?), grignotent certains cadavres pour s'insinuer dedans, en déplacent même certains ( !?!), et attaquent en rafale ! A ce genre de scène, il conviendra de dire qu'on assiste à une véritable pluie de rats, tombant en masse sur leur pauvre victime. Si les personnages tentent de nous faire croire dur comme fer qu'il y a un bon million de rats, et bien il faudra pourtant en compter une centaine au maximum. Peu convaincu, Mattei réutilise les mêmes plans, et nous montre même un tapis roulant de rats en plastique en train d'avancer dans l'obscurité. Oui je sais, ça fait peur…

Quand au chef des petits rongeurs, n'imaginez pas un rat géant ou un gros bestiau comme le Ben de "Willard", voyez plutôt un petit souriceau avec d'adorables taches blanches. Ça secoue !


La tragédie selon Mattei : c'est laid, c'est pas triste, c'est orange.

Un dos qui explose sous la pression des bébêtes, un rat qui rentre dans un sac de couchage bloqué malheureusement toujours occupé (quelle perversité !), des plans interminables sur des fenêtres (euh…Pourquoi ?), une fille qui se suicide dans des éclairages Argentesques d'une grande laideur, une hystérique qui chante sur le Pont d'Avigon et qui se fait claquer après un hurlement interminable , la même folle se ratant une marche dans les escaliers avant de faire une vilaine crise qui filerait la honte à un gamin de quatre ans… Voilà le genre de scène qu'on croise dans ce chef-d'œuvre de surréalisme nanaresque. Cependant, il est impossible de découvrir véritablement cette cuvée grand cru sans l'incomparable version française. Jamais on aura vu des dialogues aussi idiots, voire tout simplement hors contextes : en ouvrant une porte ou émerge un souffle dévastateur (encore du surréalisme me dira-t-on), le héros décoche un "Il y a des millions de rats derrière cette porte". Oui, si on veut…
Les festivités verbales sont nombreuses et on citera l'incroyable Moune Duvivier (avec sa tronche from outer space) déclarant "Waouh c'est phénoménal, une fantasmagorie !" en découvrant une petite serre, ou encore son compagnon complètement saoul décrochant un téléphone HS "Allo ? C'est toi Papa… Hein t'es mort ?...Depuis quand ?".

Vous l'aurez compris, voilà encore une leçon de non cinéma à retenir d'urgence, qui a le don d'exploiter à fond son non-potentiel de nullité affligeante. Enfin, avec Mattei c'est presque bien plus qu'affligeant, c'est au-dessus de tout… et de rien finalement. Et quoi de mieux que ce plan final… comment dire… indescriptible.

Connu egalement sous le nom des "Mutants de la 2e humanité"