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Il fait nuit. Dans le parking d'un supermarché, Marjorie rentre tranquillement chez elle mais tout ne va pas se passer comme prévu : à l'arrière de sa voiture, un étrange personnage entièrement vêtu de noir surgit et la menace avec son couteau. Emmenée de force dans une ruelle sordide, Marjorie est à deux doigts de se faire violer mais réussit à s'enfuir in extremis. Quelques minutes plus tard, elle va porter plainte dans un commissariat mais l'affaire est trop trouble : plus d'affaires (le voleur lui a subtilisé son sac) et pas assez preuves font qu'elle doit retourner chez elle, terrifiée. Mais l'horreur n'est pas terminée, loin de là…



C'est ce qui s'appelle être vraiment au bout du rouleau…

Adapté d'une pièce de théâtre jouée successivement par Karen Allen, Susan Sarandon et Farrah Fawcett, "Extremities" est porté à l'écran en 1987 en prennent la belle Farrah comme héroïne. Inutile de dire qu'elle fut l'une des "Drôle de dames", ce qui pourrait rebuter un peu aux premiers égards. De plus l'affiche "Flashdance" à la con n'aide pas vraiment à appréhender le film dans un premier temps. Et pourtant, il vaut mieux vider sa tête de tous ces clichés inutiles, et découvrir un excellent film beaucoup trop méconnu…

Les trois films charnières du Rape and Vengeance made in USA reste naturellement le très violent "Œil pour Œil" le Ferrararesque "L'ange de la vengeance" et "La dernière maison sur la gauche", trois œuvres qui peuvent rebuter un certain public, mais qui restent à découvrir malgré tout. "Extremities" passera inaperçu dans le sillage des années 80, malgré de nombreuses qualités évidentes comme une direction d'acteurs assez exceptionnelle il faut l'avouer.


La pauvre Farrah est loin des Drôles de dames pour le coup.

Reprenant la mécanique du RAV, "Extremities" est surtout un film de Vengeance. En réfléchissant bien, il n'y a pas exactement de viol à proprement parler mais plutôt une tentative de viol, et une agression très poussée. De toutes manière, la vengeance est bien là, et elle occupe un bon tiers du film. L'un des autres sous genres s'accommodant avec le RAV est le film d'auto défense, fonctionnant parfois sur le même point.

L'intro du film débute à la manière d'un giallo, plongeant le spectateur en vue subjective, contraint de voir un mystérieux individu sélectionner sa nouvelle victime sur un parking : une femme seule et vulnérable de préférence.
Cette fois, c'est la jeune Marjorie qui va être sa nouvelle cible, échappant de justesse d'un viol. Autre clin d'œil au giallo : le tueur, portant la fameuse panoplie habituelle des assassins de ce genre de production, à savoir les gants et la tenue noir, et l'immanquable couteau. Comme d'habitude, le film reprend le souci frappant la plupart des protagonistes d'un RAV ou d'un film d'auto-défense : la victime n'a aucune aide de la police, faute de preuves, et se retrouve désemparée.

Marjorie vit de plus dans une petite maison de campagne, lieu idéal pour attaquer une victime sans défense, comme l'a malheureusement constatée l'héroïne de "Œil pour Œil". Craintive par rapport aux hommes voire paranoïaque (le comportement qu'elle avise face au livreur de pizza est étonnant), elle s'entoure de ses deux meilleures amies : Patricia et Terry. Délaissant la jeune femme pour partir au boulot, elles seront mêlées par la suite maladroitement aux circonstances.


La drôle de dame en très mauvaise situation avec un bad guy ressemblant étrangement à un certain chanteur anglais.

A peine la blonde traumatisée a le temps de souffler, qu'un voyou s'incruste chez elle, sous prétexte qu'il cherche un certain Joe. Un beau gosse, bizarre, inquiétant, aux faux airs de Robbie Williams ( !) qui va malheureusement poursuivre la jeune femme et lui faire voir de toutes les couleurs. Pervers, sadique, imprévisible, manipulateur, il emprisonne littéralement Marjorie avec lui, qui a bien devinée que c'est bel et bien son agresseur qu'elle a en face d'elle. Au moment de se faire violer, elle lui injecte une bonne dose d'aérosol dans la gueule et le ligote pour mieux s'occuper de lui à sa manière. C'est à ce moment qu'arrive Terry, qui se retrouve littéralement retournée face à l'intrusion de ce terrible personnage. A présent, Marjorie songe à enterrer vivant son agresseur. La suite, et bien à vous de voir…

Difficile de ne pas être choqué par la première partie du film (partie "Rape" en quelque sorte) qui a le don de ne jamais verser dans le grand guignol ou l'horreur extrême. C'est réaliste, sec, troublant, et tout ça grâce au pervers de service, un être physiquement charmeur mais définitivement malsain et frappé de la carafe. Il connait parfaitement les réactions de sa victime, et profite pleinement de son traumatisme pour la terroriser et l'humilier.


Marjorie vient de découvrir que l'aérosol n'est pas seulement utile pour parfumer la maison.

Cette rage pourra éclater de manière surprenante lors de la "capture" du tueur, salement amoché. Et si à présent, c'était lui la victime ? Mais là où une simple et toute bête vengeance aurait pu être orchestrée, Marjorie se retrouve entourée de ses deux amies, qui ne sont pas entièrement d'accord face au comportement de celle-ci. Un face à face physique et psychologique peut s'établir dans cette seconde partie, permettant au casting de déployer un réel talent. Car aussi "drôle de dame" soit-elle, Farrah Fawcett est stupéfiante dans son rôle de femme blessée et crève carrément l'écran. J'avoue que je n'en attendais pas tant de sa part.

Les autres acteurs ne sont évidemment pas à négliger non plus, en particulier James Russo, bad guy du film forcement, ou encore Diana Scarwid, qui fut la même année l'héroïne de "Psychose 3". Crédible jusqu'au bout des agissements de ses personnages, "Extremities" étonne beaucoup par son intelligence et sa maîtrise formelle de son sujet, reposant pourtant sur une idée à priori classique. Ne vous privez donc pas de cette petite surprise, que MGM a eu la bonne idée de ressortir en zone 1 avec sous titres français et petit prix à l'appui.








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