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La police romaine doit lutter contre un individu qui kidnappe des jeunes femmes, et dont le sort est joué par l'intermédiaire d'une partie de poker. L'inspectrice Anna Marie se voit adjoindre John Brennan, un flic anglais particulièrement bourru et peu diplomate. Les enlèvements se poursuivent rendant la police impuissante qui fait appel pour battre le "Joueur de Cartes" à un jeune homme, particulièrement doué, Remo.



Un suspense insoutenable!


Je n'aurais jamais crû possible d'avoir à prononcer de tels propos, mais Dario Argento n'a plus en lui la moindre parcelle du génie qui l'a naguère habité. On se souvient pourtant du récent "Le sang des Innocents" qui était encore un giallo excitant et sanglant. Certes, le maestro a déjà connu par le passé des périodes décevantes ("Phenomena" et "Opera") mais malgré leurs défauts, ces films avaient des instants de grâce qui montraient le soin apporté à l'esthétisme (qu'il soit visuel ou sonore), mais dans le cas de "Il Cartaio", on peut toujours chercher, car rien de remarquable à mettre à son crédit. Que s'est-il passé pour que Argento nous ponde un thriller lambda, tel que les chaînes hertziennes nous en inondent régulièrement ? Qu'apporte de plus ce thriller High Tech par rapport à ses confrères américains ("Taking Lives", "Instincts meurtriers") ?


Anna Mari joue à cache cache.

Un Argento sans photographie soignée, sans meurtres gores (Sergio Stivaletti pourtant crédité au générique), et avec une musique techno bâclée (pourtant le respectable Claudio Simonetti), des acteurs mauvais (mais là nous sommes un peu en terrain connu de la part du réalisateur transalpin)... Tel est le constat amer d'un fil, qui passe le plus clair de son temps à nous abreuver d'images de parties de poker. A défaut d'avoir droit à un giallo dans la plus pure tradition, les malheureux spectateurs auront acquis des connaissances en matière de poker. En nous plaçant sans cesse du côté de la police, Argento commet l'erreur de désarçonner le moindre suspense. D'autant plus regrettable que l'humour prend une large place dans l'intrigue (le type de la morgue par exemple).


Une morbide découverte.

Entre un scénario platement mise en scène et un casting d'où n'émerge que Liam Cunningham ("Dog Soldiers"), les rares moments un tant soit peu intéressants se comptent sur un seul doigt !! En l'occurrence, une scène censée être angoissante où un jeune homme qui aide la police en jouant contre le kidnappeur est poursuivi dans des ruelles de Rome. Et qu'importe si ladite scène n'est pas crédible ! Pas une goutte de sang pour les gore maniaques, qui en seront pour leurs frais. Quant au déroulement de l'enquête, elle est truffée de séquences de déjà vu : le détour par la morgue, le tandem des flics femme/homme qui finiront par tomber dans les bras l'un de l'autre, la révélation finale lénifiante. Pour en revenir sur la révélation du tueur, je n'ai pas vu plus grotesque depuis celle d' "Urban Legend 2". Un final se déroulant sur les rails de chemin de fer (un vieux reste de souvenir de "Le sang des Innocents") avant que la dernière scène ne nous assène une information, parfaitement inutile.


Un enterrement: le Joueur de cartes à encore frappé.

Plus dure sera la chute pour Argento, qui en reniant ce qui a fait sa force : un esthétisme baroque assaisonné de musiques plus ou moins agressives, se trompe de voie. Il est aisé de comprendre ce qui a motivé les distributeurs à ne pas sortir en salles ce "Joueur de cartes" tellement fade, dont on se consolera en re-visionnant l'ensemble de la filmographie du réalisateur transalpin. Ce qui ne nous empêchera pas d'espérer assister à sa renaissance à l'occasion du dernier volet des Trois Mères ("Suspiria", "Inferno").