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Depuis l'attaque sauvage des Gremlins, tout semble être rentré dans l'ordre. C'est dans le petit quartier de Chinatown que tout va malheureusement recommencer : suite à la mort de son maître et à la destruction de son doux foyer, le petit Gizmo se retrouve lâché dans la nature. A peine le temps de souffler qu'il est capturé par deux jumeaux savants, travaillant non loin du quartier, dans un immeuble hyper moderne. Comme d'habitude, l'accident est bête, et Gizmo est à nouveau mouillé après sa fuite. L'invasion des Gremlins peut alors redémarrer…



"Sos Fantômes" / "Gremlins", voilà un cas plus qu'intéressant, et tout à fait comparable si on en juge bien des points. Réalisés la même année, les deux films ont rapidement un succès colossal, entraînant une vague de merchandising très contagieuse et un statut culte largement mérité.
Alternant avec beaucoup d'énergie rires et frissons, tous deux soutenus par une entreprise quasi infaillible (Spielberg pour l'un et l'équipe du "Saturday Night Live" pour l'autre), ils n'ont strictement rien perdu de leur charme.
C'est d'ailleurs la fin des années 80 qu'il faudra attendre pour voir leurs suites respectives : aujourd'hui, des promesses de troisième opus se font entendre…prions pour qu'elles ne se concrétisent jamais !!



Allez hop, changement de décors pour ce deuxième film, se déroulant à présent à New York. Tiens donc, comme un certain "Sos Fantômes" ! Tourné un building moderne particulièrement froid, le film oublie les joyeuses banlieues américaines couvertes de neige et de sapins.. Plus de fêtes de Noël également et les réfractaires de cette grande fête ne verront donc plus des Gremlins attaquer leur victimes dans des arbres décorés pour l'occasion, croquer à pleines dents des petits pains d'épice ou accrocher des chiens aux guirlandes ; ici c'est le monde urbain de haut standing qui se retrouve malmené par les petits monstres.

C'est justement dans l'un de ces buildings ultra perfectionnés que travaillent Kate et Billy, le gentil couple ayant stoppé l'invasion des monstres voraces dans le premier film. Le cauchemar recommence, à leur grand dam, avec l'intrusion accidentelle de Gizmo dans les laboratoires du bâtiment : on ne change pas la donne, le petit Mogwai est mouillé et ses "frères" gloutonnent tout ce qui passe après Minuit.



Si les Gremlins du premier film étaient tous identiques physiquement mais s'amusaient à se vêtir d'accoutrements multiples, ici ils ont (presque) tous une physionomie différente et leurs déplacements sont beaucoup plus fluides. Plus de Chris Wallas au FX, mais toute une équipe de petits malins dirigés par Rick Baker et Steve Wang.. La diversité du bestiaire est poussée à son paroxysme lorsque les petits monstres attaquent un labo et se gavent de produits hasardeux. En résulte des Gremlins "New Generation" possédant des spécificités pour le moins originales: gremlins bavard et cultivé, gremlins nymphomane et femelle (!!!), gremlins volant, gremlins électrique, gremlins "fruits & légumes"… Les rares épargnés gardent tout de même le moral : ils dansent le cha-cha, chantent "New York, New York", et l'un d'eux se prend même pour le fantôme de l'opéra !

Là où le bât blesse un peu, c'est sans doute ce manque de cruauté sidérant du premier volet, puisque ce second volet se sacrifie davantage aux délires cartoonesques de toutes sortes. En fait, Joe Dante se calque en priorité sur ses monstres d'amour, se déchaînant comme jamais. Si vous adorez les créatures mordantes de Sir Dante, alors ce second film sera sans doute fait pour vous. Comble du bonheur, elles étranglent un journaliste descendant en flamme le premier film, mettent une tapette à souris dans le sandwich d'une secrétaire, font exploser un micro-onde, trifouillent un ascenseur (quelle scène !) et torturent toujours le gentil Gizmo, qui va enfin pouvoir se révolter. A force de regarder "Rambo 2" (ça nuit gravement à la santé, c'est bien connu) la petite peluche se pare tel Stallone, et va défourailler un superbe Gremlins Mohawk (terme donné au Gremlins paré d'une crête iroquoise) muté en araignée géante. Géant.



Et que serait un film de Joe Dante sans clin d'œil, hein ? Ben pas grand-chose, forcément. Outre les caméos de Hulk Hogan, Paul Bartel, Jerry Goldsmith et Joe Dante, les détails croustillants fourmillent de toutes parts : dans le laboratoire, Christopher Lee tient dans ses mains une plante extraterrestre reprise de "L'invasion des profanateurs de sépultures", l'envol du "Bat-Gremlins" laisse échapper un plan en Technicolor et laisse derrière lui l'empreinte du logo de Batman sur un mur, quelques extraits de B Movies très "cormaniens" sont disséminés un peu partout durant le long métrage, le cri de l'alien de "La guerre des mondes" est utilisé lors de l'attaque du Spider Gremlins, un Gremlins fond comme la sorcière du "Magicien d'Oz"…. On rajoute à cela un excellent rôle de méchant pour Christopher Lee (qui connaît une fin spectaculaire) et un générique signé Chuck Jones, l'un des maîtres spirituels de Dante, où interviennent Bugs Bunny et Daffy Duck, histoire de renforcer l'aspect volontairement "cartoon live" du film.

Notez cependant que le film possède une version "vidéo" et une version "salle" différant lors de la fameuse scène de parasitage : un passage cocasse (mais pas franchement hilarant) dans un cinéma pour la version "salle", et une plongée dans un western de John Wayne pour la vidéo. Les deux scènes sont sur le dvd zone 2..arrivé bien tardivement après un zone 1 très correct, mais défoncé par une infâme v.f canadienne.