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Après plusieurs années de chômage, Martine trouve enfin une place d'infirmière soignante au sein d'une maison de retraite. A son arrivée, elle est accueillie par un gardien inquiétant et boiteux qui la présente à la Directrice Melle Hélène, froide et dominatrice qui lui fait aussitôt remarquer que sa venue n'était pas désirée ce jour mais le lendemain. Rapidement, elle fait la connaissance de Nicole l'infirmière déjà en poste, ainsi que celle des 6 pensionnaires de l'établissement. Profitant de sa dernière soirée providentielle, elle court rejoindre son fiancé une dernière fois avant deux mois. En effet chaque nouvelle doit rester 60 jours avant de pouvoir prétendre au poste définitivement. A son retour, Nicole reste introuvable. Melle Hélène lui explique alors que celle-ci a donné sa démission. Désormais seule pour s'occuper des pensionnaires, ces derniers ne tardent pas à présenter des signes étranges d'excitation…



Sorti la même semaine que "Shining" aux Etats-Unis, "La nuit de la mort" est un petit film français très très méconnu dans notre hexagone. Mais curieusement pas au delà de nos frontières.
Lors de sa sortie américaine, Tobe Hooper en personne adressa un télégramme d'encouragement à Raphaël Delpard, rien que ça ! Et bon nombre d'américains fans du genre considèrent ce film comme étant culte et doté d'une french-touch gore indiscutable.
Mais reprenons nos esprits. Si le film est loin d'être mauvais, il n'en demeurent pas moins de nombreux et fâcheux défauts.



Tout d'abord la mise en scène, sans grande inventivité et laborieuse, nous donnerait par moment envie d'appuyer sur la touche accélérer.
Fort heureusement, le scénario (simpliste) tient plutôt bien la route , malgré quelques rebondissements connus d'avance. Peu importe, l'histoire en effet paraît souvent prévisible, et pourtant il faut reconnaître qu'un je-ne-sais-quoi nous pousse à vouloir aller jusqu'au bout pour connaître le sort de notre héroïne.
Cette dernière justement n'a certainement jamais pris de cours de comédie de sa toute jeune (et brève) carrière : une interprétation outrée et maladroite, entonnée par une voix insupportable. Le gardien des lieux n'est pas en reste : savant mélange de Norman Bates et de Quasimodo, il se contente d' éructer ses rares dialogues et d'imposer sa main comme véritable élément de surprise.
La bonne surprise vient finalement de Betty Beckers en Directrice de Maison de retraite froide et inquiétante, ainsi que les pensionnaires au nombre de six. La première n'ayant pas grand chose à prouver (elle a tourné avec nombres de grands réalisateurs français tels Lelouch, Yves Robert…), les seconds offrant des portraits de personnes âgées plutôt réjouissants et dynamiques. Reste Charlotte de Turckheim dans sa première apparition au cinéma. Elle offre durant un quart d'heure de ce qu'elle nous offre encore de nos jours : une gouaille insolente. Et une scène entièrement nue, ou la demoiselle d'alors présentait un corps de toute beauté.



Reconnaissons tout de même que "La nuit de la mort" lorgne du coté Bis voire carrément Z par moment. Monté avec trois francs six sous, le résultat s'en ressent : des décors plutôt pauvres et un champ d'action limité (le choix du huit clos s'imposait donc).
Il n'empêche qu'il règne dans ce métrage une atmosphère clinique et oppressante plutôt sympa, mais servi par une partition musicale plus que discutable. Laurent Petitgirard en est le responsable : compositeur attitré de la série des Maigret depuis une quinzaine d'année, ceci explique cela. La partition est une cacophonie improbable, pâle copie de "Psychose" (encore et ce n'est pas fini…) et surtout récurrente de bout en bout. Sa plus grosse erreur étant de nous asséner son tempo initial avant chaque scène clef. Par conséquent chaque effet de surprise tombe à plat.
Le dernier mot reviendra finalement à Ronaldo Abreu, le responsable des effets spéciaux. Un an avant de collaborer avec Zulawski sur "Possession", il nous présente un travail surprenant, "soigné", et gore (n'oublions pas que nous sommes en 1980 et que le gore n'est jusque là pas franchement très représenté dans le cinéma d'horreur français). Lorsque qu'on connaît le budget minuscule du film, on ne peut qu'applaudir la "débrouille" du monsieur.



Terminer ce film relevait sans doute de la prouesse technique et de temps. La conclusion part un peu dans tous les sens, un bâclage en bonne et due forme, avec des réponses à toutes nos questions en un minimum de temps.
Notre gardien s'improvise amoureux malsain d'un poupée maquillée et habillée à qui il parle (voir la scène pour comprendre le rapport Norman/mère de "Psychose"), les pensionnaires oublient leurs logiques d'avant pour vaquer seuls à leurs envies gloutonnes, et notre héroïne s'enfuit vers un destin improbable…
Une fin cousue de fil blanc, à la va-vite, mais qui ne gâche tout compte fait que peu, ce petit film français, pas inintéressant en somme. A découvrir.








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