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Echouant dans sa tentative de supprimer les forces du mal, Van Helsing perd son combat contre le diabolique Dracula. Une centaines d'années plus tard, Dracula se réveille à nouveau et s'entoure d'une poignée de monstres pour lui prêter main forte, bien décidé à déchaîner le mal sur terre. Tout pourrait être au plus mal si une bande de gamins espiègles, ne tentait pas de stopper les agissements des horribles créatures. La chasse aux monstres est ouverte…



Dans le sillage des excellentes séries B d'horreur 100 % eighties, un nom est à retenir : Fred Dekker. Scénariste de "House" dont le style très E.C Comics affirme déjà son talent, il signe en 1986 et 1987 deux petits joyaux de série B : "La nuit des sangsues" et "Monster Club".

On regrettera à ce juste titre que les deux films furent oubliés mais aussi que la carrière de Dekker partit littéralement en sucette par la suite : après un petit tour du coté des "Contes de la crypte", il signe l'abominable "Robocop3", où le justicier d'acier préfère arrêter de mitrailler des punks psychopathes pour devenir une espèce de semi-Bioman volant en jet pack et affrontant des ninja-cyborgs. Affligeant.

Les deux films de Dekker sont pourtant de véritables réussites, traitant de zombies et d'aliens pour l'un, et rendant hommage aux monstres sacrés du cinéma d'horreur pour l'autre. Et ce film c'est le délicieux "Monster Club" qui connaîtra une bien mauvaise exploitation avant de finir au rayon des raretés quasi-introuvables. A peine âgé de 28 ans, il refusera de tourner d'autres films d'horreur par la suite, puisqu'il a tenté avec "Monster club" de faire bouger voire de tuer le genre. Mission non accomplie (heureusement ?).



Dekker fait appel au fameux scénariste de la série des "Arme fatale", Shane Black, qui avait prévu un scénario dix fois plus spectaculaire que la version sur pellicule, beaucoup trop too much pour un budget de cent millions de dollars. Ce côté spectaculaire jaillit cependant dès l'incroyable intro qui dépasse toute nos espérances.

Rien qu'en filmant un cimetière gothique sous la pluie dès le générique, on sent une force visuelle évidente, qui va éclater par la suite en nous montrant le féroce combat entre Van Helsing et les forces du mal, se déchaînant violemment pour remporter la victoire sur le pauvre homme : femmes vampires, vortex, morts-vivants décharnés sortant du sol, explosion, jolie vierge… Dekker déploie une imagerie gothique et fantastique surprenante, qui laisse le spectateur pantois.

100 ans plus tard, Dracula sort de son cercueil et forme un comité de monstres bien connus du genre, puisque ce sont les Universal Monsters ! Le film de Dekker n'étant pas en contrat avec la Universal, les monstres ont un nouveau look très réussis, plus ou moins éloigné de leurs modèles. Dracula est habillé comme Lugosi et se retrouve agrémenté d'une chemise à jabot, le loup-garou est relooké de sorte que son costume soit moins fade, la momie reste toujours sobre, Frankenstein n'est pas non plus retouché au maximum, en fait la surprise vient de l'étrange créature du lac noir, qui ne se retrouve plus affublée de son énorme bouche pulpeuse et grossière mais préfère laisser place à une mâchoire à la "Predator". Normal puisque Stan Winston et Steve Wang (qui ont travaillés sur de nombreux monstres dont "Predator" justement)l'ont supervisés. On rajoute également les trois femmes vampires de Dracula, toujours aussi inséparables.



Créateur du "club des monstres", une bande de gamins intrépides va très vite devoir mettre en pratique ses connaissances du cinéma d'horreur pour affronter les fameux monstres. Ils forment ainsi, la "Monster Squad". Il y a Sean, héros du film et chef de bande, Patrick, son meilleur ami, Horace, un petit gros tyrannisé à l'école à cause de son poids, Ryan, le voyou et le plus cool de la bande ainsi que Phoebe et Eugène, deux faux jumeaux aussi innocents que froussards. Pour renvoyer les monstres ad patres et éviter que les forces du mal se propagent sur le monde, ils doivent se servir d'une précieuse amulette et surtout de ne pas reproduire la même erreur que ce cher Van Helsing.

L'un des petits défauts du film est de ne peut-être pas assez exploiter les fameux monstres, ou du moins certains qui restent quasiment en arrière-plan avant de recevoir le coup de grâce. Quelques combats avec les dites créatures sauvent l'entreprise quoique que quelques victimes croquées au passage, aurait été une idée un peu gratuite. Tout public dans l'ensemble, "Monster Club" ne délaisse pas le public adulte ou adolescent pour autant, et entretient parfaitement sa dose d'action et de monstres, de gags et d'effets visuels. Et pour éviter de tomber dans la comédie familiale, on pourra remarquer que Dekker évite le gore mais pas la présence d'hémoglobine dans le film. En bref le sang ne coule pas à flots mais il est parfois présent
(*** SPOILER*** La mort du loup-garou littéralement mis en pièces ou la créature du lac se faisant démonter au shotgun le prouve suffisamment ***FIN DU SPOILER***).



Comédie aussi, "Monster Club" propose quelques bons gags classiques mais efficaces, en particulier la mise à mort réjouissante de la momie ou la fameuse scène du placard (concernant toujours la momie) absolument tordante. Pour le reste, la bande de mioches reste un peu moins drôle et attachante que celle des "Goonies" mais l'ensemble est sympa. On regrettera l'affreuse version française qui ne leur rend pas justice.

Visuellement irréprochable (les éclairages et les SFX sont vraiment soignés), le film respecte et rend un hommage frais et respectable à nos monstres préférés. Certains pourront faire un peu la tête en voyant que le monstre de Frankenstein devient le compagnon de jeu d'une gamine de 6 ans, nous refaisant le coup de "E.T" version Universal Monsters. Intéressant tout de même de savoir que c'est cette gueule inoubliable de Tom Noonan qui l'incarne, une gueule trop rare dans l'univers fantastique mais qu'on a put apercevoir en serial killer touchant et effrayant dans "Manhunter" ainsi qu'en tueur dégénéré à la hache dans "Last action hero".

On peut certainement dire que le film aurait pu être encore plus drôle, encore plus inventif et encore plus monstrueux, voire plus fou, mais en réfléchissant bien, "Monster Squad" pose déjà les bases d'un certain "Van Helsing" en faisant rencontrer de grands monstres du cinéma d'horreur, mais ici sans licence ! Ne boudons surtout pas notre plaisir face à une série B pareille, trop rare et beaucoup trop ignorée, auquel on attend toujours une édition DVD.








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