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Avec la sortie prochaine de Prison A-Go-Go, la société Shock-O-Rama met toute les chances de son côté pour faire parler d'elle. Oubliez "Bite me !" et "Screaming Dead" qui, bien qu'ayant nombre de qualités, ne rivalisent aucunement avec cette nouvelle sortie. C'est l'histoire de Barak Epstein qui, un jour, s'est demandé comment réussir un bon W.I.P avec une recette absurde. Janie assassine un clochard dans le but de se faire incarcérer aux philippines. En effet la jeune fille pense pouvoir y retrouver sa sœur, enlevée pour raison médicale… Procédez comme suit : 1) Mettez quelques détenues dans une prison perdue au milieu de nulle part (par exemple… aux Philippines). 2) Ajoutez-y un soupçon de cruauté geôlière, avec un Lloyd Kaufman survolté ce sera encore meilleur… 3) Laissez mariner un jeune crétin psychiatre dans le bouillon ainsi obtenu. 4) Afin que l'intérêt du spectateur n'accroche pas au DVD, pensez à remuer régulièrement à l'aide d'une scène de douche. 5) Dans un plat séparé, battez un savant fou jusqu'à ce qu'il soit persuadé de pouvoir soigner la grippe commune par la torture. 6) Saupoudrez le scientifique d'un fort accent germanique afin de relever votre W.I.P. 7) Diluez un peu la pâte avec du club de Ninjas désoeuvré. 8) Versez le contenu du plat dans le bouillon conservé, en ajoutant peu à peu une pincée de zombies et des mutations génétiques. 9) Remuez énergiquement et vous n'obtiendrez pas de la viande de macaque !



Tournant à 180 degrés pour Shock-O-Rama. Ici pas de Misty Mundae exhibant sa fière poitrine, ni de tentative d'hommage a un film de monstre… Il n'est même plus question d'horreur, mais de Women In Prison (W.I.P. donc).

L'avantage de ce genre-là, est d'être particulièrement peu gourmand en budget. Il suffira donc de pyjamas avec écrit "PRISON" sur la poitrine, de quelques uniformes de gardes, une ou deux matraques, et d'une prison. Si le dernier élément peu sembler problématique, quelques grilles entreposées dans un salon suffiront. En revanche, le challenge est d'intéresser le spectateur à l'aide d'un action située dans un lieu unique (parfois deux, si les prisonnières ont écopées de travaux forcés). Mais Barak Epstein relève le défi, et s'embarque dans un W.I.P. complètement hallucinatoire.
Si vous voulez voir des pauvres femmes se suicider après avoir été forcées de regarder des films de Robin Williams ("Ms Doubtfire" !), une prisonnière dépendante d'un climatiseur ou encore des scènes de douche à répétition… Vous avez frappé à la bonne porte.



En effet Barak tourne en dérision un certain nombre de film, à commencer par les W.I.P. L'ingrédient principal de ce genre est la nudité, seul moyen de rattraper l'attention fuyante du spectateur. Soit ! Barak innove avec son "Shower Clock", tout au long du film, en bas à droite de l'écran, un réveil vous indique dans combien de temps aura lieu la prochaine scène de douche.

Suivant toujours les codes du genre, Barak se plie à la règle des viols à répétitions… des gardiens par les prisonnières. Lesquels iront se plaindre au psy qui leur expliquera, à l'aide d'un illustré avec des lapins, qu'il existe deux sortes d'attouchements, les "bons attouchements" et les "mauvais attouchements". Le seul fait de décrire cette scène me colle un sourire aux lèvres, dont je n'arrive plus à me débarrasser…

Barak ne s'arrête pas en si bon chemin et s'attaque aussi au poncif du savant-fou-qui-pratique-des-expériences-horribles-sur-les-pauvres-prisonnières-innocentes. Et celui là n'a pas fini de vous faire rire grâce à ses mimiques ahurissantes et à son débit d'inepties à la minute appuyé par un fort accent (russe, allemand ?).

Nous n'iront bas blus loin, fous mourrez déjà d'enfie de foir ze vilm… Ach !
"Prison-A-Go-Go" mène le spectateur de surprise en surprise.



Le mélange de genre, et l'omniprésence de l'humour rappelle une certaine firme New Yorkaise. La présence de Lloyd Kaufman parmi les interprètes ne fait que renforcer l'aspect Tromatique de la bobine de Epstein. Cinéma indépendant rimerait-il forcément avec des sonorités telles que "Toxic avenger" ou encore "Hellblock 13". En tant que grand fan de la Troma, je serais tenté de répondre par l'affirmative. Cependant, il ne faut pas négliger l'influence qu'a eut la Troma sur le monde du cinéma actuel.

En outre "Prison-A-Go-Go" rappelle toute une gamme de films n'ayant rien a voir avec la société fondée par Lloyd Kaufman. Parmi ceux-là, je n'en citerais que deux "Y a-t-il un pilote dans l'avion ?" et "Cité de la Peur –la". La seule évocation de ces deux titres provoque en général des émeutes. Nombreux sont ceux qui y vouent un culte. L'humour outrancier de "Prison-A-Go-Go" en réjouira donc plus d'un, et pas seulement les fans de Troma.
Serai-t-il temps de réconcilier humour grand public et cinéma indépendant ? La réponse ne s'impose pas d'elle-même puisque le métrage joue beaucoup sur des références à un cinéma de genre, peu apprécié par le dit "grand public" (qui dans votre famille serait susceptible d'avoir vu "Ilsa" ?). Mais comme votre présence ici l'indique, le cinéma de genre vous intéresse de près ou de loin.



Avec son humour, allant parfois jusqu'au non-sens, "Prison-A-Go-Go" dispose d'un atout de taille. Atout auquel viennent s'ajouter un casting de circonstance (Lloyd "Toxic avenger" Kaufman, Mary "Devil's rejects" Woronov ou encore Rhonda Shear un icône des fins de soirées télévisée Américaines.), un générique d'ouverture de toute beauté et un défilement des crédits pas mal non plus.

Barak Epstein réussit donc le challenge de retenir l'attention des spectateurs pendant toute l'heure et demie que dure son W.I.P. Cependant le bonhomme n'est pas du genre à se satisfaire du minimum syndical, et écrase ainsi la quasi-totalité de ses inspirations.

Prison-A-Go-Go aura raison de vos zygomatiques. Ne résistez pas, laissez-vous emportez par ce renouveau du cinéma indépendant. Finalement, il n'y a pas que Troma dans la vie… ou non ?

#1. Merci infiniment à IE Independent Cinema (www.eiCinema.com) et plus particulièrement à Paige Kay Davis pour avoir permis la chronique de ce film qui bien que n'étant prévu que pour le 26 juillet 2005 au Etats-Unis, est déjà un culte.

#2. "Prison-A-Go-Go" a déjà reçu les faveurs de quelques festivals :
• Meilleur réalisateur – B-Movie Festival
• Meilleur réalisateur – Shock-A-Go-Go Festival
• Meilleur métrage – Backseat Film Festival
J'en passe et des meilleurs…

#3. Afin de rendre un hommage encore plus frappant au cinéma d'exploitation, le DVD du film contiendra (entre autres bonus) une interview de Roger Corman.

#4. Pour en savoir plus sur la petite société qui monte, http://www.Shock-O-Rama.com






Du même réalisateur :

BLOOD ON THE HIGHWAY