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Lorsque j'ai annoncé à mes amis et collègues que je m'apprêtais à chroniquer la série complète des "House", on m'a souhaité bonne chance. Voici donc la preuve de mon dévouement, j'ai regardé "House II" en intégralité… Jesse et Kate emménagent dans le manoir où habitaient les parents de Jesse quelques 30 années plus tôt. (Vous avez remarqué cette fâcheuse tendance qu'ont ces gens à hériter de vieilles bicoques hantées ? Le pire étant qu'ils persistent à accepter d'aller y vivre, malgré la pléthore de films sur le sujet pour les prévenir du malheur qui les guète…) Dès la première nuit, un couple d'amis s'incruste dans le manoir. Charlie et Jesse vont alors se mettre en tête d'aller déterrer l'arrière-arrière-grand-père de Jesse. En effet les deux gais lurons pensent que le cercueil renferme un trésor inca. A leur grande surprise, non seulement il renferme le crâne en cristal qu'ils s'attendaient à y trouver, mais aussi un arrière-arrière-grand-père parfaitement en forme… Il est vrai que son aspect physique n'est plus de tout première fraîcheur, il tiendrait même plus du zombie que du jeune Don Juan. Pourtant le vieil homme se montre désireux de faire la fête. Le manoir n'étant en fait qu'un temple, la présence de l'artéfact inca va déclencher péril en la demeure. Des hommes préhistoriques, des ptérodactyles, des électriciens aventuriers dégénérés vont alors se succéder dans les couloirs de la grande maison… Ce qui n'est pas pour arranger la vie de couple de Jesse.



Digne successeur de "House" premier du nom, "House II" tient plus de "La Famille Addams" que de "Evil Dead". En effet producteur, scénariste et réalisateur ont tout misé sur l'humour. Tant et si bien que cette histoire de maison hantée devient une véritable salle de jeux pour toute l'équipe du film, des acteurs aux maquilleurs, en passant par les marionnettistes. Celui qui semble le plus s'amuser demeure le réalisateur, Ethan Wiley, qui fait défiler devant la caméra un impressionnant bestiaire.

Le "monstre" le plus marquant dudit bestiaire est le "chiot-nille" : un animal préhistorique à l'aspect tout gentil, tout mignon. Comme bon nombre d'éléments du film, il est totalement inutile, et ne contribue aucunement au déroulement de l'histoire, et pourtant… Pourtant il aurait été dommage de passer à côté d'un personnage aussi rigolo et attachant. "Dans la même famille, je voudrais le bébé ptérodactyle." Un volatile carnivore un peu taquin ; rien de tel pour faire rire vos enfants !



C'est ainsi que le film de Wiley vise une audience essentiellement enfantine. En effet aucun monstre n'est dégoûtant (ni n'a été créé pour l'être) mais tous sont réjouissants et comiques. Le grand père zombie se révèle taquin, les protagonistes sont plongés dans des situations totalement surréalistes.

Le jeune public ne va pas s'y tromper, et "House II" va titiller son imagination, un peu à l'instar d'"Alice au pays des merveilles" avec lequel le métrage de Wiley partage nombre de points communs. Tout n'est ici que matière à faire voyager les esprits. Alors si vous n'êtes pas réfractaire aux divertissements grands public, jetez vous sur ce film ; d'autant plus que vous pourrez le regarder avec votre petit frère de 10 ans.



Conséquence directe de l'âge du public visé, le métrage a nécessité beaucoup d'effets spéciaux gentillets pour appuyer son propos. Rien de transcendant ni de dégoûtant, tous les effets ne servent qu'un seul et même but : faire voyager le public dans une dimension où ni le temps, ni la logique n'ont cours. Ainsi le spectateur est transporté dans des temps reculés grâce au matte paintings, attendri par des marionnettes et des animations image par image ou encore effrayé par des prothèses en latex.

"House II" devient alors un véritable catalogue technique d'effets spéciaux. La majorité d'entre eux sont assez rigides, mais rempliront plus qu'amplement leur rôle auprès du jeune public.

En outre, grâce à l'humour enfantin du film, l'audience risque d'être comblée. Les bébêtes sont taquines, le grand-père est facétieux, et surtout, Jesse dispose d'un side-kick lourdingue au possible. Même si ce dernier ne s'avère pas aussi désagréable qu'il aurait pu l'être, sa présence soulève la question existentielle :
"Pourquoi diable les héros de ce genre sont-ils toujours affublés d'un ami/voisin crétin pour compenser leur manque d'humour ?" (Picsou a Flagada Jones, Jackie Chan a Chris Rock et Tarzan, Cheeta…)
Question immédiatement suivie de !
"Quelle morale à la #$µ"



Hé oui, "House II" est construit suivant l'exacte même formule que "House" et probablement que des milliers d'autres films américains. Le héros commence par douter, à ses doutes se substitue rapidement la soif d'aventure, et le voilà parti tête baissée dans les ennuis. Evidemment, toujours assisté du mec-crétin-mais-gentil-qui-veille-au-grain-et-qui-fait-rire.

Ici c'est Charlie qui joue le rôle du moulin à blague. Fort heureusement ce n'est pas là la seule source d'humour du film puisque les protagonistes connaîtront de nombreuses situations amusantes au cours desquelles ils rencontreront toutes sortes de personnages hilarants.

En résumé, absolument RIEN d'original, juste une bobine de maison hantée pour toute la famille. Un métrage rempli de vide, mais qui égayera une heure et demie de votre temps. A ce titre, le réalisateur confesse "je pense que je pourrais faire un director's cut de 70 minutes." "Je pense que je serais capable d'en faire un de 30 minutes" lui rétorque alors le producteur Sean S. Cunningham, vous savez, cette personne reconnue pour avoir réalisé d'obscurs slashers…
Un film qui regorge de tant de situations insensées, d'un bestiaire aussi réjouissant et d'un grand père zombie tout droit sorti du Far West, ne saurait recevoir une mauvaise note. Alors voici un 4/6 pour la bonne humeur que m'a donné "House II".

Cela n'étonnera personne, mais il est à noter que Corman a encore mis son nez dans la production du film...

Merci à Devildead.com pour les photos.






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