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Avec le remake de "Amityville la maison du diable" qui pointe le bout de son nez, Horreur.com a décidé de revenir sur cette vénérable saga de maison hantée qu'est "House" et dont voici le premier volet. L'alcool aura-t-il frelaté dans sa vieille flasque où bien demeure-t-il source d'ivresse… Roger Cobb, auteur de talent et reconnu comme tel, s'apprête à écrire un nouveau best-seller sur son expérience de la guerre du Vietnam. Pour ce faire il va se retirer dans la maison où consécutivement son fils a disparu et sa tante est devenue folle au point de se suicider. Dès son emménagement les visions commencent. Le poisson accroché au mur va se débattre, des monstres en peau de vétérans du Vietnam surgissent des placards à minuit... Rien que de bien normal pour une maison hantée. Mais que serait Roger sans son sympathique voisin qui veille au grain et cherche tous les prétextes pour s'incruster chez l'écrivain.



Quelques 20 ans plus tard et le scénario n'a toujours pas pris une ride – chose peu surprenante au regard de la consistance dudit scénario. Il vrai qu'il n'est nul besoin d'un script gargantuesque pour faire surgir des fantômes de tous les recoins d'une vieille bicoque. Surtout si quelqu'un y est mort de façon suspecte peu de temps auparavant. Encore moins si la maison est occupée à nouveau par un écrivain qui a perdu son fils dans le manoir en question.

D'autant plus que "House" se veut humoristique. A quel degré le réalisateur et son scénariste ont-ils désiré faire rire le spectateur, c'est une autre histoire. Avec le recul des années, la plupart des éléments du film prêtent à rire, des fantômes au voisin pot-de-colle en passant par l'immonde brushing de la voisine…

Et pourquoi diable les scénaristes s'acharnent-ils sur les écrivains ? Peut-être leur besoin de s'isoler pour écrire contribue-t-il à en faire des proies plus faciles pour les forces du mal…



Nombre d'éléments comiques, s'ils ne sont plus aussi frais qu'ils l'étaient alors, continuent d'apporter au métrage un ton enjoué. C'est ainsi que les acteurs, s'ils foudroieraient sur place tout réalisateur actuel, confèrent à "House" un aspect enjoué et décalé. "L'exorciste" peut aller se rhabiller avec son ambiance crispée et ses acteurs victimes d'une tension plus que palpable. Ici, tout le monde est décontracté et la bonne humeur est de mise du début à la fin.

Entre la voisine mère célibataire un peu coquine et le voisin pataud, sympathique et animé de bons sentiments, pas de doute : on est dans un quartier typé américain comme très souvent représenté dans les années 80. Imaginez un instant un métrage lorgnant à la fois du côté de l'adaptation télévisuelle des écrits de Stephen King pour le côté horreur cheap et sans prétention. Gardez les yeux fermés et rajoutez à cela une pincée de série kitsch de l'époque, Mac Guyver par exemple. Non que les héros partagent quoi que ce soit si ce n'est une représentation fidèle d'une culture aujourd'hui dépassée.



Cependant l'aspect graphique dépassé du métrage n'enlève rien au talent du réalisateur... L'homme connaît son travail et sait manier la caméra, probablement épaulé par son producteur : Sean S. Cunningham (entre autres réalisateur de "Vendredi 13" mais aussi producteur de "Jason X"). C'est ainsi que la mise en scène demeure aujourd'hui encore, un point fort de "House". Sans transcender les codes cinématographiques de l'époque comme le firent "Evil dead" et "Street trash", "House" dispose d'une mise en scène à la hauteur de son propos : légère.

Il est aisé de sentir le cinéaste s'amuser, jouant avec subtilité avec des plans classiques mais efficaces. La voisine est jolie, le héros n'y est pas indifférent, petit cadrage au niveau de la croupe de la demoiselle en maillot de bain ; début de problème avec le chien, plans alternés entre le chien tenant dans sa gueule l'objet des convoitise du héros, et le héros lui-même à quatre pattes…

Nombre des cadrages comportent un entrain non dissimulé, comme si Steve Miner nous prenait par les épaules pour nous dire "hé, regardez comme je me suis bien amusé à faire ce film, ici on a foutu William dans la cheminée et on a filmé ses pieds qui dépassaient parce que ça nous faisait marrer. Et puis on a ajouté des monstres caricaturaux ; on est comme ça, on est une bande de potes, on se fend la gueule".



Le film se déroule donc dans une ambiance bon enfant, plus proche de "La Famille Addams" que de "Amityville la maison du diable". Toutefois jusqu'aux 10 dernières minutes, où, pour une raison inconnue, Miner décide de saborder son métrage à grand coup de morale douteuse et de happy end foireux. Proprement infect.

L'addition aurait pu être bien meilleure, pourquoi pas un 5,5/6 ? Cependant le métrage se clôt par une séquence difficile à digérer et tellement peu originale. Il suffit d'avoir vu la bande annonce pour pouvoir anticiper le dénouement de "House". Dommage.

Toutefois, cela n'empêche nullement "House" de disposer de sérieux atouts ; atouts mis en avant par une superbe restauration du film signée Anchor Bay, à l'occasion de la sortie du coffret regroupant les quatre épisodes de la série.

Roger Corman, bien que non crédité, est ici producteur exécutif.