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Le corps ensanglanté d'une jeune femme est retrouvé dans la campagne, aux abords d'une forêt abritant un petit village. La population est en émoi du fait qu'il ne s'agit pas de la première victime retrouvée dans cet état. D'autant plus, que le château du Comte Dracula se trouve non loin de là, et que les villageois convaincus de sa responsabilité, se mettent en route avant la tombée de la nuit afin d'incendier la demeure du vampire…



"Les cicatrices de Dracula" est un film à part au sein de la firme Hammer. Cinquième film de la série d'adaptation des Bram Stoker, celui-ci se démarque avant tout par l'apparition d'un érotisme avoué et beaucoup plus visuel que par le passé.
Un des principaux co-fondateurs de la production quitte définitivement le studio, offrant du même coup une possibilité de renouvellement artistique, plus en accord avec les tendances du moment. Le mot d'ordre est simple : plus de gore et plus d'érotisme !
Une petite révolution au sein du studio qui jusqu'à présent offrait ni plus ni moins qu'une vision (certes consciencieuse et toujours terriblement esthétique) sage et linéaire du personnage de Dracula.



C'est aussi l'occasion de présenter pour l'époque, et pour la saga, une approche du gore qui, certes n'était pas une obligation en soi, mais limitait jusqu'alors l'impact et la crédibilité vampirique du récit.
Avec "Scars of Dracula", Baker ("The Vampire lovers") impose donc une nouvelle imagerie sanguinaire. Aujourd'hui, les effets sanglants pourront paraître dérisoires et bien timides, mais force est de constater entre autres, que les morsures sur les décolletés généreux affolèrent le public d'alors.
Jamais vulgaire ni caricatural, le spectacle offre à l'inverse une vraie poésie du corps martyrisé.
Un film de vampires déroge rarement à une règle bien établie, à savoir abattre coûte que coûte le monstre. Ici, il s'ensuit donc un enchaînement de séquences dotée d'une petite originalité, certes simpliste, mais efficace : le fiacre sert de lien tout au long du métrage afin de nous transporter de scènes en scènes ainsi que les protagonistes.



Il est à noter également l'image des villageois , et en particulier la taverne, qui n'est pas sans rappeler "Le bal des vampires" (que tournera Polanski en 1967 ), et son ambiance si pesante.
Le casting quant à lui nous offre une fois de plus une brochette de comédien(nes) impeccables de bout en bout, Christopher Lee en tête.
Prisonnier de ce rôle à jamais, l'acteur avouera bien plus tard sa frustration à interpréter trop souvent le Comte sans réel relief verbal. Mais rassurez-vous Monsieur Lee, donner vie à un tel personnage aussi souvent avec autant de charisme et de facettes différentes n'est pas à la portée de tous. Et vous le faites merveilleusement bien.



Reste à relever une fois de plus la beauté de la photographie ainsi que les décors somptueux propres à l'imagerie Hammer : une pellicule saupoudrée de pourpre, de verts chatoyants, de jaunes à l'infini, de l'ocre à l'or pour marier au mieux aussi bien la fange que le crépuscule…
Un film intemporel, séduisant et chaleureux. Une douceur qui ne vous choquera point mais vous réconciliera à coup sûr avec le mythe. Un petit souvenir indélébile en quelque sorte. Comme une cicatrice.