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Poursuivi par un curieux personnage nommé "le collectionneur", Brayker se réfugie dans un hôtel paumé au milieu de nulle part, rejoignant d'autres personnalités plus ou moins frappées. Dénoncé à la police par la concierge, il se fait arrêter avant de voir "le collectionneur" rentrer dans l'établissement. Une longue nuit d'horreur va se préparer pour Brayker et les clients de l'hôtel…



Comme je l'ai déjà expliqué dans ma fiche des "Contes de la crypte vol 1", la fameuse BD d'horreur s'est vue décliner au cinéma par une paire de films, au style foncièrement différent : "Histoires d'outre tombes" / "Le caveau de la terreur", "Creepshow" /"Creepshow 2" et récemment "Le cavalier du diable" / "La reine des vampires". Ces derniers sont réellement estampillés "Tales from the crypt" puisque directement dérivés de la série.
On retrouve avec plaisir le fameux Cryptkeeper, présentant le film comme n'importe quel épisode. Toujours en forme forcément, il va présenter l'avant-première du film et en profite pour tourner son propre métrage.



Bimbo aguicheuse et vénéneuse, zombie sanguinolent armé d'une hache, acide sulfurique… L'intro s'ouvre sur le film tourné par le Cryptkeeper himself, dirigeant un John Laroquette vraiment très bête. C'est dans sa salle de montage, où comme vous vous en doutez il découpe la pellicule à coup de hachoir, qu'il nous présente enfin le long épisode qu'est "Le cavalier du diable". Pour donner réellement l'impression de regarder un épisode, on remarquera que même le générique de la série est incorporé au début et à la fin du film.

Ce très fameux générique que les fans de la série connaissent pas cœur, où la caméra traverse pendant un orage, le jardin inquiétant d'un grand manoir hanté, avant d'y rentrer et nous faire débarquer dans la crypte. A la manière de la maison de "La famille Addams", ce manoir-là semble rempli de secrets en tout genre, et on aurait bien voulu découvrir un peu plus ses richesses et son passé. Ben quoi ! On peut toujours rêver…



Après une violente altercation sur la route avec un personnage étrange, un homme, Brayker, tente de voler une voiture mais ne réussit qu'à se faire un peu plus poursuivre par la police. Sous les conseils d'un sympathique ivrogne (Dick Miller, acteur fétiche de Joe Dante, adorable vieillard rêvant ici d'un monde où les bimbos dépoitraillées sont légions et où l'alcool coule à flots), il se rend dans une ancienne église transformée en grand hôtel à l'architecture des plus inquiétante. A l'intérieur, des personnages qui vont devenir par la suite ses alliés : une prostituée au grand cœur, un blondinet branleur et fourbe, un facteur timide amoureux fou de ladite prostituée, une concierge qui s'étonne de tout et de rien, et une bonne venant d'être libérée de prison, qui en a largement ras-le-bol de sa condition et de son travail. S'ajoute à cela un gamin apeuré et le shérif, déboulant dans l'hôtel avec "le collectionneur", être énigmatique poursuivant sans cesse Brayker. Un être qui pourrait passer comme décontracté s'il n'enfoncerait pas littéralement son poing dans la tête de l'assistant insupportable du shérif.
Ce que détient Brayker, c'est une relique en forme de croix contenant un curieux liquide rouge. Du sang ? Oui, et pas n'importe lequel, puisque c'est celui du Christ, passant de main en main et se rechargeant du sang des Elus. Devenu Elu pendant la guerre 14-18, Brayker cherche un nouvel héritier. Mais dehors, "le collectionneur" répand son sang fluo pour créer une armée de goules voraces, aussi excitées que des Gremlins, aussi affamées que les zombies de Romero, et aussi cauchemardesques que les démons de "Evil Dead".



Avec "Le cavalier du diable", pas le temps de souffler, ça se passe vite, très vite : on sursaute, on rigole, ça gicle, ça crie… Un cocktail directement repris de "Evil Dead", et les deux réalisateurs du film n'hésitent pas à sacrifier bon nombre de personnages qui ne semblaient pas tant le mériter. Des surprises, de la folie, des idées et encore des surprises, le programme du "Cavalier du diable" est très chargé et franchement, c'est jouissif. Généreusement gore, parfois très drôle (Billy Zane est littéralement déchaîné, et se permet une composition limite cartoon live), très con quand il le peut (la prostituée fout une baffe à une goule l'attaquant avant de s'excuser gentiment !!), et se permettant même de beaux plans (les visions sur le mont Golgotha, le premier plan sur l'hôtel et le ciel déchaîné l'entourant), chose assez inattendue pour une série B qui ne se prend pas au sérieux.
Réalisé en 1995, on sera surpris que "Une nuit en enfer" et "Le couvent" lui repiqueront plusieurs éléments : certains effets fluo sur le sang et les créatures sont déjà présents, le cadre également ressemblant à celui du film de Rodriguez, le huis-clos entre plusieurs personnages affrontant une armée de goules hystériques… Coïncidence ?

De plus l'oubli du film permettra aux deux films cités de ne pas passer pour des "copies". On trouvera même un clin d'œil à "Creepshow" (l'interaction avec la bande dessinée lors de l'attaque du gamin démoniaque). Détail amusant pour changer un peu du traditionnel "tirez leur une balle dans la tête", et bien cette fois il faut toucher les démons dans les yeux, les envoyant valdinguer en l'air dans un amas d'éclairs verdâtres dangereux forcement pour les victimes s'en approchant de trop près. Ces goules sont d'ailleurs les monstres les plus marrants du film, grimpant et sautant un peu partout, et marchant même sur la pointe des pieds lorsqu'elles montent des escaliers (effet hilarant !). Mais là encore, on pourra dire que les goules de "Une nuit en enfer" leur ressemblent étrangement. Hum…
En tout cas voilà une surprise à laquelle je ne m'attendais pas, "Le cavalier du diable" remplit parfaitement ses fonctions, et nous offre l'une des meilleures série B horrifiques des années 90 avec "Braindead", "Evil Dead 3" et pourquoi pas ses successeurs, à savoir "Une nuit en enfer" et "Le couvent". Maintenant, est-ce que les deux films en question ont pompé volontairement "Le cavalier du diable" ? Mystère…

Les images ont été prises sur http://www.the-isz.com/demonknight/






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