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Bien avant "L'armée des morts", certains zombies avaient déjà choisi de sortir de leur léthargie gestuelle. C'est ici le cas, avec en prime quelques explications indispensables. "L'avion de l'apocalypse" n'est pas à proprement parler un film de morts-vivants ; l'explication en est simple et le scénario nous le dévoile rapidement. Il s'agit ici d'hommes et de femmes exposés au nucléaire, donc irradiés.



PRECISIONS SUR LE DVD EDITE PAR NEO :
Le dvd comporte la version "censurée" MAIS AUSSI la version "Uncut". Pour voir la "censurée", choisir le film en VF (1h18), pour voir la version "uncut", choisir le film en Italien ou en anglais (1h28).


Nous entrons rapidement dans le vif du sujet : sur l'écran de contrôle d'un aéroport, un avion militaire non identifié est repéré. Malgré la demande répétée de la tour, l'engin refuse de décliner son identité. De ce fait l'armée est appelée à la rescousse sur le tarmac, où se trouve déjà un journaliste venu pour interviewer un professeur réputé.
A l'atterrissage de l'avion, le professeur apparaît, avec derrière lui une nuée d'hommes et de femmes assoiffés de sang…
Lenzi ("Cannibal Ferox", "La secte des cannibales"), le roi du Bis italien est aux commandes de cet ovni cinématographique. Délirant : voilà l'adjectif qui qualifie le mieux "Nightmare City" (titre américain). Nul besoin d'être un spécialiste du genre pour se rendre compte que le budget du film fût dérisoire. Qu'importe ! Quand bien même les maquillages des "créatures" sont plus que sommaires, le dynamisme de la réalisation relève largement la situation.



Réalisé à la fin des seventies, le film déploie tous les clichés propres à cette décennie : ton décalé, couleurs psychédéliques, musique hypnotique. Un esthétisme primaire, coloré, et efficace dans ce cas précis.
Il existe dans le discours du film une dénonciation sous-jacente des pratiques et du comportement de l'armée, même constat concernant l'église. A ce propos, une scène particulièrement trash au sein de l'église comblera tous les aficionados du blasphème dans le film de genre.
Les "zombies" ? Certes le maquillage est sommaire et frise le ridicule, mais comme cité précédemment, la cause en est qu'il s'agit d'une contamination ; le propos étant axé sur la folie des protagonistes, à l'image de "The crazies" (idiotement rebaptisé "La nuit des fous-vivants"), et non sur leur désir de chair.



D'ailleurs, il convient également de noter que nos monstres sont certes assoiffés de sang, mais uniquement de ça. Leurs délires meurtriers se résument à des morsures et autres succions ; exit donc les éventrations et autres joyeusetés spécifiquement gore. Nous sommes donc plus proches du vampirisme que du cannibalisme à l'état pur.
Cependant, la brutalité est bien présente. Nos créatures sont déterminées, réfléchissent et sont organisées. Détail amusant : ils sont propres sur eux, tirés à quatre épingles. La violence est leur maître-mot. Témoin l'invasion du plateau télé où se tourne une émission kitsch dédiée à la danse. Un erzatz de "Fame" sous tranquillisants à mourir de rire. Une occasion en or pour un délire sanglant très visuel. Nos contaminés s'en donnent à cœur joie. Un véritable carnage, prétexte à des meurtres brutaux (couteaux, hâches..), et des scènes pseudos-érotiques (morsures et palpations mammaires) sur de jolies danseuses effarouchées et légèrement vêtues.



Alors oui, le scénario n'est pas vraiment folichon, les acteurs pas franchement bons. Même Mel Ferrer ("La secte des cannibales", "Le dieu alligator") ne semble pas convaincu de sa propre présence. Le casting manque cruellement de consistance, et seul Umberto Lenzi semble s'être véritablement amusé. Paradoxalement sans grande conséquence, puisque ce sont les créatures, qui, indiscutablement, éclaboussent l'écran.
Une mise en scène tonique, un rythme qui ne faiblit jamais, en bref une petite perle de la comédie horrifique (classé tout de même R aux USA, int –18 en Angleterre et Allemagne de l'Ouest, –16 en France et tout bonnement interdite en Islande)
Voici le voyage qui vous attend. Embarquement immédiat !