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Un autre long métrage de Brett Piper, un autre hommage aux séries B. Ici c'est aux monster movies qu'il s'attaque. Ne partez pas, vous rateriez quelque chose. Crystal, Trix et Amber travaillent comme stripteaseuses au Go-Go-Saurus, une boîte de nuit. Mais leurs performances sont assez douteuses, Crystal est exténuée par la fatigue, Trix, miope comme une taupe, tombe de scène et Amber a étouffé toute véhémence à force de consommation de marijuana. Mais tout cela aurait été incomplet sans Ralph, le patron, menacé de voir son établissement fermé. Pour faire remonter le chiffre d'affaire, et éviter au club de mettre la clé sous la porte, Ralph fait livrer une caisse d'herbe génétiquement modifiée. De la super-herbe. Mais dans la caisse se cachent d'énormes araignées suceuses de sang. Une vrai guigne pour le Go-Go-Saurus qui doit déjà se battre pour subsister. "Heureusement" Amber connaît un exterminateur, un mec sympa, mais pas très brillant…



Brett Piper reprend du service avec un sympathique film de monstres, crétin et fauché juste ce qu'il faut !
Hé oui, qu'est-ce que vous croyez, ce sont les dures lois de la série B.

Premier ingrédient, des actrices au physique suffisant. Explications : le simple fait de regarder les damoiselles en question suffit à divertir le spectateur. Bien sûr c'est un plus qu'elles aient du talent, mais comme tout "plus" qui se respecte, c'est optionnel. Heureusement, Misty est une jeune fille très douée. Elle campe avec conviction une strip-teaseuse fatiguée et un peu molle. "[Heureusement] car je ne sais vraiment pas danser de façon convaincante avec une barre" confie-t-elle. Soit.
A ses côtés la délicieuse Julian Wells en stripteaseuse je-m'en-foutiste complètement ramollie par les pétards qu'elle fume à la chaîne. Son état comateux donnera d'ailleurs lieu à un petit numéro de danse assez exceptionnel.
Les deux actrices vétérans de Seduction Cinema sont ici épaulées par une petite nouvelle, Erika Smith. Et la novice tient la distance sans aucun mal, et donne vie à une danseuse myope comme une taupe, et un peu perdue dans le monde de la nuit.
Le patron du club, la serveuse (Sylvianne Chebance) et la blonde perfide qui tente de fermer le bar, remplissent leurs rôles sans toutefois faire d'éclat. Ce qui n'est pas du tout le cas du duo Monckiewicz et Fedele, grand vainqueur du film.



Si le premier, incarne un exterminateur démoulé pas très frais, pataud et d'une gentillesse extrême, le second n'en est que plus psychotique et vicieux.
Tout semble les opposer, et de fait l'un tente d'éradiquer des arachnides alors que l'autre entend débarrasser l'Amérique de toute la-racaille-qui-corromp-notre-belle-jeunesse. L'officier gouvernemental est maigre est complètement excité, quand "l'insecticide" est une montagne de muscles nonchalante.
C'est ainsi que ce duo de sauveurs – Monckiewicz qui se retrouve au milieu d'une invasion d'araignées géantes suceuses de sang, est promu sauveur à son insu ; Fedele au contraire se sent investi d'une mission de sauvetage de l'Amérique – va porter "Bite Me!" à bout de bras. L'antagonisme opposant les deux lurons va être la source d'énergie principale de "Bite Me"!
Si les performances de Rob Monckiewicz dans "Screaming Dead" laissaient planer un sérieux doute quant à ses capacités d'acteur, le grand musclé fait table rase, et nous revient avec un jeu tout à fait convainquant.
Quant à John Fedele il insuffle un agréable vent de folie dans le film de Piper.



J'en entends déjà se réjouir, "Chouette une vraiment bonne série B, un truc avec du goût, avec du caractère (et des jolies pépées)". Oui, mais… Non, arrêtez de vous frotter les mains et entendez moi bien.
Jusque là le bilan est très bon, presque un sans faute. Cependant, Piper voulant jouer le jeu jusqu'au bout, opte pour l'animation des bébêtes en image par image. Très bonne intention, ne vous y trompez pas. Mais quel est au juste l'intérêt d'opter pour cette technique si le résultat est aussi laid qu'un CGI amateur ? Les araignées brillent, leur carapace sent le plastique et crâche totalement avec leur entourage.
Toutefois, le ciel n'est pas complètement obscurci car le monstre humanoïde final a vraiment du style. Ca sent l'image par image, et les mélancoliques verseront une petite larme devant un si bel hommage.



A parler pâte à modeler, on oublierait presque que pour faire un film, un scénario est nécessaire. Comment non ?
Il est vrai que cette histoire d'araignée sortie d'une caisse d'herbe bio-améliorée est un peu cheap. Mais rien ne vient vraiment s'y ajouter, la personnalité des protagonistes étant plus un gadget scénaristique permettant d'insuffler de l'humour et de l'action. Pas d'antécédent pour les âmes qui peuplent le celluloïd sous vos yeux déroulés.

Qu'importe ! Le film est rythmé et chasse l'ennui comme le "Baygon®" les moustiques. Si vous souhaitez rigoler sans vous prendre la tête, "Bite Me" est fait pour vous. Un métrage sans prétention s'il en est.

A noter le jeu de mot du titre. "Bite me!" renvoie ainsi d'une part aux araignées qui mordent (donc comprendre "mord moi"), et d'autre part à une expression du langage courant américain. Dans ce dernier cas, le titre revêt le sens de "Mon cul, ouais" (avec une intonation trahissant l'incrédulité). Tant de poésie pour un si petit film…

Merci à www.ohmygore.com pour les photos.

Pour plus d'information sur la société shock-o-rama : http://www.shock-o-rama.com