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Dans un futur apocalyptique respirant le bon air de la pollution et de la machinerie, un nomade ramasse dans le désert les restes d'un mystérieux robot. Mo, un jeune homme errant au chômage, achète quelques morceaux de ce morceau de ferraille apparemment inanimé. L'offrant à sa petite amie Jill, il ne sait pas que le robot en question peut parfaitement s'auto réparer, et se révèle être programmé pour tuer…



Ayant rapidement porté ses fruits, la génération "Evil Dead" (petit budget, gros effet) va s'étendre sur toutes les années 80 et continue même de faire des ravages. Aujourd'hui laminé du cinéma fantastique après avoir été évincé du tournage de "L'île du docteur Moreau" version 1996, qui est devenu un gros nanar après être passé entre les mains de John Frankenheimmer, Richard Stanley avait pourtant donné de nombreux espoirs aux fantasticophiles avec deux excellents films du genre : "Le souffle du diable" et "Hardware". Premier long métrage de Stanley, "Hardware" a fait son petit effet à l'époque avant de se faire lentement oublier. D'autant plus dommage que Stanley s'en sort incroyablement bien malgré le budget assez restreint.



Transposer le thème du robot fou et meurtrier dans un futur apocalyptique et non dans l'espace ou dans le présent, change quelque peu et permet à Stanley de recréer un monde cyberpunk, sans avoir recours à des millions de dollars. Mais le meilleur dans l'affaire, c'est que l'illusion passe plutôt bien grâce à l'utilisation d'une photographie rouge/orangée, et de quelques maquettes. Un monde étouffant et pollué, futuriste et crade qui se veut être un mélange de l'univers de la BD "Judge Dredd" et de celui de "Mad Max".
Au chômage depuis longtemps, Mo offre à sa petite amie sculptrice quelques restes d'un robot trouvé dans le désert. Mais leur relation ne va pas fort pour le moment, Mo cache sa condition de chômeur, et s'absente trop. Jill préfère se défouler en créant des sculptures en métal assez imposantes, très torturées. Seulement celle-ci risque d'être la plus vivante qu'elle n'ait jamais faite. Car les restes du robot sont ceux d'un M.A.R.K. 13, une machine à tuer quasi invincible, dont le seul but est de supprimer tout ce qui bouge.



Mo s'absente à nouveau, laissant Jill seule avec la créature, qui ne tarde pas à prendre vie. Pendant ce temps, le gros pervers d'en face reluque la belle demoiselle et décide d'aller un peu la voir, histoire de faire connaissance. Ce huis clos très "serré" renvoie directement au dernier quart d'heure de "Alien" où la pauvre Ripley se retrouve coincée dans son petit vaisseau en compagnie du monstre extraterrestre baveux. Difficile de ne pas y penser lorsque Jill s'arme de ce qui semble être un petit lance-flamme pour attendre le monstre dans la pénombre. Un huis clos volontiers très efficace, surtout que le monstre de métal est armé de mitrailleuse, de quelques lames bien tranchantes et d'une main hérissée de griffes contenant un poison extrêmement mortel. Un très vilain morceau de ferraille au look assez réussi, avec un beau détail qui tue : le drapeau des Etats-Unis est imprimé sur son crâne !
Quand on parle de robot assassin on songe directement à "Terminator", sauf que là on n'y pense pas vraiment tellement l'aspect et les manières du robot sont différentes. Par contre on citera "Predator" pour la vision thermale (offrant une scène très efficace où l'héroïne se cache dans le frigo pour éviter de se faire repérer) ou encore "Génération Proteus", (ce film assez curieux où la charmante Julie Christie se faisait violer et séquestrer dans sa maison par un robot complètement barjo) puisque la machine à tuer semble vouloir violer la jeune femme dans une scène.



Compositeur pour de nombreux films fantastiques, Simon Boswell s'occupe d'une bande son qui vaut largement le détour, entre sons électroniques et chœur inquiétant. Une musique qui s'accorde parfaitement à une séquence finale aussi puissante que vibrante, ou bien une belle scène d'amour entre Mo et Jill. Versant là où on ne l'attend pas dans un certain lyrisme, "Hardware" offre de temps en temps des images superbes (peut-être même "clipesques" comme affirmeraient certains), ou quelques moments de violence inattendus (l'un des protagonistes se faisant carrément déchiqueter par une porte mécanique, le bras rongé de Mo…). Il sera amusant de remarquer que l'idée du héros portant une main mécanique reviendra dans "Evil Dead 3", pure coïncidence ou Sam Raimi aurait-il voulu glisser un clin d'œil à "Hardware"?
Remportant le prix des effets spéciaux en 1991 à Avoriaz, Hardware tient à la fois du Survival violent( surtout vers sa fin bien agitée) et du film de science-fiction virulent et sauvage, comme on en voit peu. Egalement agrémenté d'apparitions surprises (celle d'Iggy Pop, seulement vocale, celle de Lemmy du groupe Motorhead, et celle très inquiétante de Richard Stanley), Hardware décoiffe drôlement et se doit d'être (re)découvert.