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Deux jeunes gens se rendent à une soirée branchée, qui tourne très rapidement au massacre. Le tueur, masqué, repart avec l'une des invitées, aveugle heureusement. Celle-ci en tombe amoureuse, sans savoir qu'il est un être monstrueux et meurtrier, mais aussi en manque d'amour…



Sans atteindre le niveau extrêmement parodique de "Scary Movie", La main du saigneur pose déjà les bases de la parodie des slashers pullulant dans les années 80 et plus particulièrement la saga "Vendredi 13". Dès le début on retrouve le même genre de pitch tout à fait banal : un tueur (masqué d'un masque de hockey en plus) débarque dans une soirée remplis de jeunes gens gonflants avide de sexe, qui finissent par périr dans des gerbes d'hémoglobines. Seulement la suite va prendre une autre tournure, puisque se positionnant sur le tueur en question et non sur un quelconque groupes d'ados. Ce tueur c'est Jackson, un être difforme se cachant justement sous un masque de hockey et tuant pour des raisons que l'on va découvrir au fur et à mesure du film.




Imaginez un mélange de "Vendredi 13" pour les meurtres saignants et les ados débiles, de "Toxic Avenger" pour le coté débile assumé (sans pour autant être aussi foldingue qu'un Troma quand même) et un héros très moche vivant une belle histoire avec une aveugle, et un peu d' "Elephant Man" pour la monstruosité gênante de Jackson, qui se pose justement pas mal de questions là-dessus. Car lorsque Jackson tombe amoureux de la belle aveugle, il réfléchit, ah oui !

Amateur de littérature et surtout des textes de Lord Byron, il tue par hérédité, son père étant lui aussi un être sanguinaire. Vivant dans une pièce miteuse ou il caresse amoureusement un autel religieux placé dans un creux du mur, Jackson ne sait plus quoi penser : devenir définitivement un monstre ou se laisser-aller au sentiment de l'amour ? Dur, dur… Aussi gentille soit-elle, sa petite amie n'en reste pas moins une aveugle assez particulière, cherchant de temps à autre, à assouvir ses fantasmes. Jackson sera d'ailleurs fort étonné de trouver des godemichés dans son tiroir et une poupée gonflable dans le placard ! Et je ne vous parle même pas de cette scène SM, ou le pauvre Jackson tente maladroitement de prendre son pied en fouettant mollement sa girl friend, plutôt masochiste sur les bords.



Cette histoire d'amour aussi cocasse que torturée réussie cependant d'être parfois un peu touchante, surtout dans son déroulement final tragique. Une dimension tragique basique mais bien présente, surtout quand Jackson voit son psychopathe de père revenir au foyer en s'incrustant dans son appartement, déblatérant des conneries au coin de l'écran pour que son fils reste un véritable serial killer.

Et même si Jackson n'est pas tellement un sadique en soi, il se permet des meurtres bien gores, parfois pas toujours convainquant niveau effets mais faut dire qu'ils tachent bien : tête compressée dans des gerbes de sang, couple empalé en pleine fornication (oui encore, mais cette fois debout !), hachoir dans la gueule, visage arraché suivi d'un éventrement, tête éclatée à coup de pelle…Bref ça gicle fort bien et on sera même surpris par ce détail montrant un jet de sang éclatant une ampoule ! On déplorera des longueurs qui font taches et alourdissent considérablement le film. Quelques discussions et ballades, voire quelques plans trop longs en moins n'auraient pas fait de mal au film.



Mais le plaisir de voir La main du saigneur revient surtout à son humour très con, assez irrésistible : Jackson se rend dans un bar coiffé de son fameux masque et tombe sur quelques djeuns, croyant reconnaître Jason (en tout cas on le devine aisément) et lui demande des autographes, une hystérique trop insolente recevra d'ailleurs en guise d'autographe une belle menace de mort. Jackson lui-même provoque le sourire (surtout sa tête, difficile de ne pas la rater), en particulier lorsqu'il enfile un masque de lapin et un chapeau de cow-boy dans un magasin de masques, part dans des discussions assommantes où il cause de tout et n'importe quoi, ou explique à sa petit amie qui n'a apparemment pas bien saisie, que sa première fois fut effectuée avec un cadavre. Même l'histoire d'amour entre la belle et la bête en prend un coup lorsqu'ils se baladant ensemble dans les rues de Londres, portant le même masque de Hockey. La version française rajoute un peu plus dans le lourdingue et la débilité générale, surtout lorsque les victimes prennent la parole :
"- Bon tu vas derrière et moi je vais devant…euh non toi tu passes devant et moi je passe derrière
- Ben qu'est ce que ça change ?
- Euh…rien en fait !"
On pense même à "Scary Movie" lors de deux scènes assez croustillantes : une ou une victime supplie au tueur de ne pas la tuer, lui expliquant que la vie c'est dure, que les mauvaises passes c'est courant, et va jusqu'à lui proposer une fellation avant de se prendre un pied de lampe dans la bouche (juste après le tueur en profite pour danser avec le cadavre !!), puis une deuxième ou Jackson, totalement Zen, laisse partir une victime sous prétexte qu'elle va finir par s'étaler lors de sa fuite, et le pire c'est qu'il a raison !!! Enfonçant le clou jusqu'à être dédicacer à Byron et à Shakespeare et en offrant un plan final bien ironique, La main du saigneur (alias Unmasked Part 25, un titre plus bizarre mais plus approprié) a largement mérité le prix Grand Guignol à Avoriaz en 1989, un prix qui convient parfaitement à cette OVNI made in Britain, et qui change terriblement des simples slashers de l'époque.








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