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La société IE Independent Cinema, se diversifie. Après les films érotico-parodiques de Seduction Cinema, elle créée Shock-O-Rama, dont "Screaming Dead" est le coup d'essai. Roger Neale est un photographe reconnu pour la beauté fétichiste de ses clichés. Ainsi nombreuses sont celles qui pensent donner un coup de pouce à leur carrière en travaillant pour lui. Cependant la réussite de ses photographies dépend d'une méthode de travail très contraignante… Non pas pour lui, mais pour ses modèles qu'il manipule, harcèle et met sous pression, conscient du pouvoir que lui confère sa renommée. Pour sa dernière série il a auditionné trois superbes modèles, qu'il va mettre en scène dans un hôpital psychiatrique désaffecté. Afin de s'assurer que ses travaux respirent l'authentique, le photographe va aller jusqu'à séquestrer les jeunes filles. Sera-ce ce dégénéré qui aura le dernier mot ? Rien n'est moins sûr car le manoir est réputé hanté…



Ce film d'horreur "à l'ancienne" bénéficie d'une affiche impressionnante. En effet on y retrouve Misty Mundae, l'égérie de Seduction Cinema ("Spiderbabe"), avec à ses côtés, Rachael Robbins ("Terror Firmer") qui joue l'assistante du photographe. En fait le casting féminin n'est composé que de jeune fille très jolie, rendant d'autant plus crédible leur rôle de modèle vivant.
Mais pour contre balancer tout ces débordement de féminité il fallait bien injecter une certaine dose de Testostérone. C'est en la personne de Rob Monkiewicz, gros bras par excellence, que les hormones mâles se verront apportées au métrage.
Du côté du casting donc, rien à redire. Les actrices subliment leur rôle, et ce jusqu'à ce qu'elle se fasse torturer. A ce titre, les deux actrices citées précédemment impressionnent totalement, et peuvent être dors et déjà intronisées Scream Queens.
Seul le jeu de Rob laisse parfois à désirer, tout en demeurant toutefois, totalement transparent (entendre, il ne plombe jamais une situation par sa seule présence).
C'est un point qu'il est bon de souligner tant nombre de film indépendant sont estropiés par des comédiens au talent douteux. "Screaming Dead" relève le challenge avec brio.



Ainsi ce n'est que justice que Brett Piper mette en scène des Scream Queens en puissance pour rendre hommage aux séries B à l'ancienne (et piper s'y connaît en série B puisqu'il se fit la main sur "Raiders of the living dead" avant que de rendre un vibrant hommage au film de monstre avec "Bite Me!"). Cela implique bien sûr un scénario pas très développé, et loin d'être original, mais tant qu'à rendre un hommage, autant mettre en valeur tout les caractères des séries B.
Le cinéaste va donc se concentrer sur l'ambiance. Et les lieux du tournage facilitent grandement son travail car il s'agit réellement d'une ancienne institution psychiatrique. La configuration du bâtiment permet donc à Brett de mettre en avant la paranoïa, dont les filles vont être victimes dès leur arrivé. Le réalisateur va donc jouer sur une gamme de plans déformant la perception de la situation (plans tronqués par un angle de bâtiment, caméra poster en hauteur dans l'angle d'une pièce…).
Le comportement du photographe va lui aussi contribuer au climax, son caractère ambigu rehaussant le suspens.



S'il est bon de s'attarder sur l'ambiance, afin que le spectateur s'identifie le mieux possible à la condition des damoiselles, "Screaming Dead" s'attarde trop longuement sur cet aspect. Cela au détriment de l'action pure, et du gore comme le promet l'affiche du film. Il faudra ainsi patienter jusqu'aux vingt dernières minutes pour voir apparaître ce que tout le monde attendait, c'est-à-dire le fantôme de l'ancien propriétaire de l'hôpital.
Il risque d'être difficile de patienter jusqu'à cet instant pour ceux qui souhaitaient une bonne grosse série Z bien bourrue. Pourtant la mise en situation, le développement du contexte etc… sont un aspect important du métrage, le rythme y est soutenu et la tension monte crescendo.



Considérant le budget dont dispose ce genre de cinéma, le papa de "Screaming Dead" peut être fier de son rejeton. Le film ne montre que rarement ses limites financières, bénéficie d'une mise en scène maîtrisée et d'un casting de choix. Le but est dès lors atteint puisque le spectateur est diverti. En effet il n'a jamais été question de révolutionner le cinéma d'horreur, mais juste de gratifier le public d'un bon divertissement… Et parfois, ça fait du bien d'oublier le cinéma trop prétentieux que nous servent les gourous d'Hollywood !

C'est donc une franche réussite pour les premiers pas de Shock-O-Rama, mais aussi et surtout une annonce d'un futur prometteur pour la branche horrifique de IE Independent Cinema.