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La première nuit passée à "Rose Red" a été l'occasion des premières manipulations et agressions sur l'équipe du professeur Reardon (voir "Rose Red – partie 2"). Lorsque les survivants finissent par se retrouver ensemble, c'est dans un état de panique avéré, et les relations s'enveniment. Les issues de la demeure sont bloquées, la ligne téléphonique coupée, et dans la serre à l'abandon, des roses d'un rouge sanglant se sont épanouies. Comme hypnotisée par la miniature représentant la demeure, Annie grimpe sur le dossier d'une chaise et fait une chute. Au moment même où elle perd connaissance, les portes s'ouvrent de nouveau… mais pour quelques minutes seulement.



Après une excellente première partie et une deuxième plutôt faible, on était en droit d'attendre beaucoup de la dernière. Sur un sujet aussi classique et ardu (de part le statisme inhérent au lieu, réussir un film de maison hantée est à mes yeux l'une des gageures les plus difficiles du genre au cinéma), Stephen King avait doté le scénario d'une idée originale et décisive, celle d'une demeure vampirisant ses hôtes pour s'auto-construire de façon anarchique et obstinée. Idée piquée à Robert Marasco et son excellent "Burnt offerings", certes, à la différence toutefois que dans ce dernier, la maison ne cherchait qu'à se rénover. Malheureusement cette dimension est restée peu et mal exploitée, et on pouvait donc se dire à bon droit que King n'avait une fois de plus cherché qu'à faire plus gros et plus imposant, sans aller plus loin.



Avec la troisième partie se retrouve une grande qualité de la première, le traitement des personnages. Constante des productions télévisées "kingiennes", c'est lorsque ceux-ci font groupe dans le danger ou l'adversité qu'ont lieu les échanges les plus émouvants et les scènes les plus effrayantes. Le personnage (humain) principal de "Rose Red", le professeur Joyce Reardon, devient ici presque aussi détestable qu'Emery Waterman, et ce sans rédemption possible, son fanatisme la conduisant finalement vers une conclusion morale macabre digne d'un "Creepshow". Au bout du compte, la répartition des victimes et des survivants ménage quelques petites surprises qui, sans aller bien loin, sauvent tout de même la prévisibilité extrême qui affaiblissait la seconde partie. Encore une fois, que nous échappions aux torrents de guimauve à la Mick Garris est une singularité qui fait plaisir, et les scènes véritablement émouvantes n'en sont que plus fortes.



Du côté des scènes d'épouvantes et des effets spéciaux, c'est ici que Craig R. Baxley met le paquet, avec une scène finale explosive qui emporte tout sur son passage. Si les spectres moisis sont devenus une habitude ces dernières années, la mise en scène et les effets graphiques livrent néanmoins un bon suspens et des frissons garantis, et on pardonnera aisément quelques effets spéciaux numériques trop appuyés. Un regret, tout de même : les Rimbauer et Sukeena, s'ils nous livrent leurs secrets, sont tout de même très peu exploités – d'où peut-être la nécessité du "Journal intime d'Ellen Rimbauer" contenu dans les bonus dvd…



Ainsi s'achève "Rose Red", avec un constat en demi-teinte : d'un côté une réalisation à l'élégance inhabituelle, qui correspond bien au sujet, et une façon de traiter la psychologie plus acérée que d'ordinaire… Et de l'autre un film qui, en tentant de faire la somme des œuvres sur le sujet, semble s'embourber dans son propre challenge, avec de plus le handicap majeur du PG-13. Sujet maudit par excellence ? Peut-être. Et pourtant à mes yeux, au milieu des films assez soporifiques traitant des "maisons hantées", "Rose Red" est certainement l'un des plus captivants qui nous aient été donné.

Un grand merci à Yann pour le traitement des jaquettes.