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Les neufs explorateurs de Rose Red nous ayant été présentés (voir "Rose Red – Partie I"), les voilà réunis devant l'entrée de la demeure. Nick Hardaway (Julian Sands) devine que Steve Rimbauer (Matt Keeslar) a eu dans son enfance une vision dans l'une des pièces de Rose Red, mais ce dernier refoule ce souvenir et refuse donc d'en parler. Le professeur Reardon (Nancy Travis) invite alors Pam Asbury (Emily Deschanel) à faire la première expérience de leur exploration : imposant ses mains sur la porte d'entrée, elle capte les paroles du fantôme de Sukeena (Tsidii Leloka), la servante d'Ellen Rimbauer, accueillant Bollinger quelques heures plus tôt… Tandis que le groupe pénètre dans la demeure, Annie Weathon (Kimberly J. Brown), restée en retrait, voit une colonne de feuille morte tourbillonner devant elle, puis la fontaine se remettre en marche, tout comme l'horloge située à l'intérieur de la bâtisse. Lorsqu'elle rentre à son tour dans le couloir, les portes se referment violemment derrière elle. Un ravissement pour le professeur Reardon, qui tient là une première preuve de la vie qui anime encore Rose Red…



La deuxième partie de "Rose Red" contient les plus gros défauts du film. La faute, sans doute, à un format trop calibré pour de tant de personnages. Autant cela pouvait ne pas poser trop de problèmes dans la première partie, qui installait les éléments en y laissant du mystère, autant cela est un peu gênant dans celle qui doit porter au grand jour les premiers grands développements, et on se surprend à se sentir un peu gêné aux entournures dans la vaste demeure de "Rose Red"… Effet très embêtant, car les premières victimes n'auront finalement pas eu le temps de se dévoiler à nous et seront resté des présences à peine esquissées, tandis que les Rimbauer resteront pour une grande part énigmatiques, presque absents.



C'est le personnage de Nick Hardaway (Julian Sands) qui a ici la part belle, le film se concentrant volontiers sur la relation complice qu'il établit avec Annie Weathon et sa sœur Rachel, donnant une alternative à la pure exploitation que fait le professeur Reardon de la petite fille, et recelant une indéniable émotion. Le professeur Miller, autre personnage particulièrement réussi, ne prendra malheureusement pas l'importance qui devait être la sienne, le remarquable David Dukes étant décédé pendant le tournage (le film lui est dédié). La production a donc décidé de développer le personnage de la mère d'Emery Waterman (qui devient d'ailleurs infect), donnant lieu à des scènes comiques dont l'hystérie se teintera rapidement d'épouvante. A signaler enfin, le caméo de Stephen King, qu'on laissera découvrir au spectateur et où, comme souvent, l'auteur se donne le mauvais rôle (dans "Maximum Overdrive", un distributeur de billet lui proposait déjà d'aller se faire foutre !).



Au niveau de l'exploration de "Rose Red", cette deuxième partie commence bien. L'équipe devant s'équiper de corde pour ne pas se perdre dans ses labyrinthes, on commence à découvrir l'ampleur de cette entité fantastique, en particuliers certains lieux comme l'immense couloir conçu par Sukeena, la bibliothèque au miroir, etc., où les présences qui hantent "Rose Red" vont se manifester en essayant de piéger les intrus. Malheureusement, en dépit d'effets spéciaux réussis, cette exploration s'avère de courte durée, d'où une relative déception. A quoi bon un manoir si gigantesque si c'est pour se retrouver les trois-quarts du temps en cuisine et en salon ? Même la façon dont "Rose Red" manipule individuellement chacun des personnages manque de conviction, sans doute parce qu'en rester à la touche minimaliste n'était plus de mise dans cette partie. Reste un final angoissant et de bonnes scènes, dont l'élégance et la beauté ténébreuse font aisément pardonner le manque d'originalité.



Sans sombrer aucunement dans le ratage grâce à sa qualité de réalisation, "Rose Red – partie 2" est donc beaucoup moins réussi que la première partie, ne parvenant pas vraiment à donner vie à ses possibilités et ne parvenant guère à surprendre. Le public américain en fut d'ailleurs désappointé et l'audience baissa de façon drastique… Fort dommage, car "Rose Red – partie 3" s'avère plus abouti.

Un grand merci à Yann pour le traitement des jaquettes.