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Si le cinéma de Hong Kong a su nous offrir moult plaisirs jouissifs dans le passé, il en est totalement différent au jour d'aujourd'hui où les bons films sortant de l'archipel se compte sur les doigts de la main. C'est en 2002 que "Infernal affairs" sort là-bas et reçoit un succès unanime, ce qui est juste en vu des qualités indéniables que comporte le film. Comme chacun le sait, le genre polar obéit souvent à 3 règles essentielles pour qu'il soit au top : scénario remarquable, mise en scène maîtrisée et jeux d'acteur habités. Et ces 3 points, "Infernal affairs" les possèdent.



Ming est une taupe de la police infiltré dans le milieu mafieux, et Yan est un flic travaillant pour le compte du caïd Sam d'où dépend Ming. L'inspecteur Wong (le seul connaissant l'identité de Ming) travaille d'arrache-pied pour mettre un terme aux activités de Sam, malheureusement il ne sait pas qui est la taupe de son équipe. Yan et Ming s'investissent donc un combat sans relâche, les deux étant très souvent à deux doigts de craquer.
A la vu du métrage, on peut tout de suite lui rapprocher le film de John Woo "A toute épreuve" dont "Infernal affairs" peut être considéré comme un prolongement. Nombres de détails le justifient, Tony Leung joue le même personnage pratiquement, seul son supérieur est le seul à connaître son identité, et pour encore bien appuyer le rapprochement, les rendez-vous entre Wong et Yan se font sur le toit d'un immeuble. Mais malgré tous ces points communs, "Infernal affairs" n'est pas une redite de "À toute épreuve" mais un film se concentrant sur son scénario en béton armé.



Il aurait fallut plus de 4 ans à Alan Mak et Felix Chong pour faire le scénario, ainsi le profil des différents protagonistes (en outre Yan et Ming) s'avère remarquable sans aucune faute, inspirant ainsi le respect. Une pression se ressent constamment lorsque l'on sait que l'une des taupes peut se faire attraper, ou qu'elle peut craquer.
A l'instar de "Old boy", le suspense se sent sur chaque séquences, scènes et images, et le dénouement final étant là pour planter le spectateur, lui mettre le coup de grâce pour qu'il se dise qu'il s'est franchement pris une bonne claque dans la gueule.
On remarquera également la scène où Yan rencontre son ex dans la rue, celle-ci a une fille et lui dit qu'elle a 5 ans. Yan s'en va et la petite dit à sa mère, "Pourquoi tu as dit que j'avais 5 ans au monsieur alors que j'ai 6 ans". Ceci étant là pour nous faire découvrir qu'il s'agit ni plus ni moins de sa fille. Une scène terriblement touchante et remarquable



En plus de son scénario irréprochable, le film jouit d'une mise en scène remarquable et sans faute, accumulant des plans splendides (en particulier ceux sur le toit des immeubles) et une nervosité palpable quand la situation le demande. Tout comme "Dead or alive", le début du métrage est constitué sous forme de générique "clipiesque" revenant sur la jeunesse des deux protagonistes principales. Une introduction importante qui nous en apprendra déjà beaucoup sur la relation ambiguë entre les deux hommes, et certains des autres protagonistes de l'histoire. Et c'est en cela que le rapprochement avec "Dead or alive" s'avère intéressant puisque lui aussi dans son introduction filmé en clip présente tout les personnages et les mettent en conditions. Un processus actuel donc mais d'une rare efficacité à la fois en terme de narration que en terme de rythme.

Enfin ne pas évoquer le casting de "Infernal affairs" serait une grande erreur en vu de sa qualité. Si Anthony Wong et Eric Tsang n'ont pas forcément réussit à remonter la pente (bien qu'ici ils soient excellents), il en va différemment pour les deux méga stars du film à savoir Andy Lau et Tony Leung Chiu-Wai qu'il n'est je pense pas besoin de présenter. Dans tous les cas difficile d'imaginer le face-à-face final entre ces deux hommes sans ces deux acteurs tellement leur jeu d'acteur, charisme et talent transpercent la bobine.
Voila ce que l'on appelle de la présence d'acteur.



Il est à noter qu'en vu du succès du film, deux suites ont débarqué, tout d'abord le 2 qui officie de préquelle au 1 en s'intéressant aux débuts de carrières des deux hommes. Malheureusement le 3ème épisodes enterre la réussite des deux premiers et mérite tout simplement d'être oublié.
"Infernal affairs" est donc une sacrée surprise venant du Hong Kong d'aujourd'hui, un sacré polar qui marque son empreinte sans problème dans les plus grandes réussites du genre.



6/6 - Anonymous





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