RDV SUR FACEBOOK



CONNEXION



Votre note: -
Moyenne: 2.7
(3 votes)
Célèbre footballeur américain, Flash Gordon se retrouve parachuté malgré lui sur la planète Mongo, avec la jolie Dale Arden et le farfelu docteur Hanz Zarkov. La planète est gouvernée par le maléfique Ming, détruisant à petit feu notre planète Terre en provoquant diverses catastrophes. En tentant de se défendre, Flash se retrouve condamné à mort...



Retitré chez nous Guy L'éclair, le sérial "Flash Gordon" fut en son temps une bande dessinée célèbre au Etats-Unis puis un film de science-fiction bien kitch. En 1975, le film "Flesh Gordon" donne une relecture grivoise et bouffonne de la célèbre bédé, tout en reproduisant assez bien l'univers coloré et rocambolesque de sa version papier. Mais il faudra attendre le début des années 80, pour voir l'entreprenant Dino de Laurentis, produire un concurrent direct à "Star Wars", qui avait déjà vu le rital "Starcrash" marcher sur ses plates bandes. Mais ici, on a droit à un important budget, quelques stars dispersées de-ci de-là et une B.O signée Queen. Bien entendu, le film n'obtiendra qu'un maigre succès, et rejoindra vite fait la case nanar.



Mais "Flash Gordon" n'est pas un film raté et encore moins désagréable, car au bout de quelques temps le film deviendra rapidement culte et pourra enfin ce placer dans les classiques du bis, ces films ratés et pourtant si savoureux. L'histoire en quelques mots ? Un footballeur américain sauve notre chère planète en combattant un horrible despote de l'espace. Oui, ben que voulez-vous ? Le héros est ici incarné par un blondinet musclé bien fadasse comme il faut, qui n'aura pas une carrière fructueuse au cinéma, comme vous pouvez vous en douter. D'autres acteurs plus connus le rejoignent par la suite comme la bellissima Ornella Muti, paradant ici en petite combinaison spatiale moulante, Max Von Sydow en Fu-Manchu de l'espace et Timothy Dalton en prince d'une planète végétale pas très belle. Tout ce beau petit monde se vautre dans des décors et des costumes d'un kitch frôlant parfois l'improbable, et dont le créateur, Danilo Donati, a beaucoup travaillé sur les films de Fellini. Autant dire que ça se voit ! Par ailleurs un petit clin d'œil est glissé dans le film à propos de cette union, puisque l'espèce de gosse mal fagoté que traîne au bout d'une laisse la belle Aura se nomme Fellini !



Le film est parsemé bien sûr d'autres personnages tous plus surprenants les uns que les autres, comme le conseiller de l'empereur Ming, un curieux androïde sadique rappelant un certain Dark Vador, une tribu d'hommes oiseaux, une héroïne se collant au héros comme un boulet, un savant énervant et une curieuse garde bien sadique. Voilà en gros la faune surréaliste de "Flash Gordon". Comme tout bon film bis qui se respecte, "Flash Gordon" use de dialogues toujours à coté de la plaque mais tellement irrésistibles (la scène où Dale Ardor glousse "Oh Flash, je vous aime mais nous n'avons que 14 heures pour sauver la Terre" ou la sexy Aura beuglant sous la torture "Non pitié, pas les vers perforants !!"), à déguster comme la tradition le veut, en version française. Oui forcément ! Malgré le gros budget, même les effets spéciaux ont du mal à tenir la route mais ont ce petit charme qui font tout en quelque sorte, on n'oubliera pas de sitôt ces hommes oiseaux volant dans un ciel coloré, disons, très… raté.



Mais qu'est-ce qui fait d'une œuvre aussi maladroite, un film aussi réjouissant ? En grande partie, c'est grâce à un rythme parfaitement adéquat, et les multiples péripéties de Flash réussissent à être vachement excitantes quand elles le peuvent : destruction aérienne de la flotte impériale, match de foot avec des gardes rouges de la tête au pied (oui je sais c'est bizarre), engloutissement inattendu par un monstre des marécages aussi mou que de la gelée, ou la scène du rite assez mortel du Prince Barin que je ne vous gâcherais pas pour garder le plaisir intact. Il y a également des idées très inventives comme cette scène carrément inquiétante où le docteur Zarkov se fait vider la mémoire et goûte aux joies de découvrir la "Neath dear experience" (il voit le film de sa vie) ou ce combat mano a mano sur un ring en lévitation et s'hérissant de piques pointues au moment le plus opportun. Et si on rajoute en plus la succulente bande originale de Queen et un combat féminin de polochon ainsi que d'horribles hommes lézards, on obtient tout simplement du pur bonheur !! Comme quoi, le bis n'a jamais été aussi bon pour la santé.

Studio Canal a sorti depuis un bon bout de temps, un splendide collector réunissant le film et la terrible bande son de Queen, ainsi qu'un bon paquet de bonus. A ne pas manquer !






Du même réalisateur :