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Ayant survécu à une dangereuse expérience du Docteur Pretorius, pour qui il travaillait, Crawford Tillinghast est récupéré par une jolie psychiatre, qui décide de percer le secret de Pretorius, mort depuis. Celui-ci a créé une curieuse machine capable de communiquer avec l'au-delà, qui va servir au défunt Pretorius à semer la terreur.



Devenu en quelques temps une référence du genre, "Re-Animator" aura permis de faire débuter Stuart Gordon, qui avec son compère Brian Yuzna, décide de retrouver quasiment la même équipe de son fameux film culte pour une nouvelle expérience cinématographique des plus juteuse. Toujours estampillé H.P Lovecraft, ce nouveau film ne rencontrera pas le même succès que "Re-Animator" mais deviendra petit à petit culte lui aussi. On retrouve donc l'halluciné et génial Jeffrey Combs et la très jolie Barbara Crampton, ainsi que Richard Band à la musique, pour un film qui s'éloigne rapidement de l'esprit de Lovecraft, pour pouvoir par la suite se plonger dans des délires grand guignolesques savoureux, reprenant la méthode "Re-Animator" : gore, folie, grand guignol, humour noir et sexe !



Personnalité libidineuse et sadique, adepte du bondage et d'expériences douteuses, le Docteur Pretorius (nom emprunté au savant fou de "La fiancée de Frankenstein") est l'inventeur du Resonator, une machine bizarroïde capable de communiquer avec l'au-delà, et de ramener bien entendu des monstres très moches dans notre univers. Retrouvé décapité après avoir testé la machine, Pretorius laisse désemparé son assistant traumatisé, Crawford. Epaulé par une psychiatre bien coincée et un flic baraqué (Ken Foree, le héros black de "Zombie" et qui reviendra à l'horreur avec "Massacre à la tronçonneuse 3" et "Le dentiste"), il va retourner dans la demeure de Pretorius à ses risques et périls. Le Resonator provoque, dès qu'il est allumé, des maux de tête assez violents puis des accès de nymphomanie, voire de cannibalisme si la victime est touchée considérablement.



Pretorius revient sous la forme d'un blob bien dégeu, prenant des formes variées et bien molles, tentant de violer la belle Barbara Crampton pendant tout le métrage (d'un côté on le comprend un peu). Une Barbara Crampton d'ailleurs très en forme, puisque de psy BCBG, elle passe très vite à la nymphomane en manque évident de sexe, et se revêt d'une splendide tenue SM qui traînait par là pour aller tripoter Jeffrey Combs pendant son sommeil ! Certes, la jolie blonde reste un petit laps de temps dans une telle tenue, mais marquera durablement les esprits (masculins surtout !). Bien entendu il n'y a pas que ça dans "From Beyond", car comme je l'ai déjà expliqué, c'est l'esprit "Re-Animator" qui submerge le film. Yuzna sera d'ailleurs très inspiré en voyant les débordements gluants et la masse gélatineuse de Pretorius, puisqu'il reprendra le concept dans "Society". Il reprendra également ce tic visuel particulier consistant à recouvrir les scènes gluantes d'un filtre coloré, orange dans son film, mais rose dans "From Beyond" ! Le mauvais goût est donc encore plus renforcé par cette couleur, qui devient cependant rapidement fatigante pour les yeux. Le gore bien crade a autant sa place dans le film que les excès grand-guignolesques, et Gordon va à fond dans le trash et le mauvais goût. En témoigne ce raccord entre Ken Foree en train de vomir un jaune d'œuf dégoulinant sur une poêle. Du grand art !



De même que les agissements sanglants de Crawford étonnent au plus haut point, le pauvre homme allant sucer les cervelles des gens par les orbites alors que sa glande pinéale (spaghetti rouge et dégeu à la forme plus ou moins phallique) lui sort du front. Les effets spéciaux restent inégaux aujourd'hui et sentent le latex à plein nez, mais l'ensemble atteint fortement son but : plus c'est gluant mieux c'est ! Pretorius s'arrache le visage ou se transforme en monstre volant avec aisance, essayant d'atteindre les formes les plus tarabiscotées possibles. Egalement surprenant, les monstres pénétrant sans crier gare dans notre monde : on y croise des piranhas roses très voraces, des méduses elles aussi très roses, ou des moucherons cannibales qui donnent lieu à une scène assez impressionnante et sanguinolente. Mais aussi amusant et excessif soit-il, "From Beyond" n'atteint pas le niveau de "Re-Animator", en particulier à cause d'un problème de rythme et de scénario. Et il faut dire qu'à force, les transformations peuvent lasser. Ne boudons tout de même pas notre plaisir avec cette série B déjantée et dégénérée, poussant d'ailleurs le bouchon assez loin, jusqu'à montrer Ken Foree combattant en slip moulant et au couteau de cuisine une chenille géante !