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Le Warlock, fils de Satan, arrive sur Terre pour libérer son père. Il a sept jours pour retrouver six pierres éparpillées, et les prendre à leurs propriétaires actuels. C'est compter sans l'intervention d'un groupe de druides, qui vont utiliser deux jeunes gens (Kenny et Samantha) afin d'aller combattre le Warlock. Ce dernier sème la mort sur son passage.



ATTENTION, la critique qui suit contient des SPOILERS, notamment concernant les tueries macabres du Warlock.

Il est des films dont on ne s'attend pas à voir arriver des suites. Après un premier épisode fade (pourtant réalisé par un petit maître de la terreur, Steve Miner), le Warlock revient, et il n'est pas content. Un sentiment inverse à celui des spectateurs qui ne peuvent qu'applaudir le résultat. Car cette très sympathique série B sans prétention déroule le tapis pour sa star, le Warlock, qui s'en donne à cœur joie dans les meurtres sanguinolents. Plus généreuse sur les effets gores que son prédécesseur, l'équipe des effets spéciaux fait appel à un des plus talentueux dans ce domaine : Bob Keen ("Hellraiser", "Candyman", "Dog Soldiers"). Rien d'étonnant que les références à un univers gothique parsèment le long-métrage. A titre d'exemple, on retiendra la scène se déroulant dans une fête foraine où le Warlock fait rendre l'âme à une devineresse de petite taille après l'avoir expédié dans un sarcophage rempli de pointes acérées (que l'on retrouve dans "La Vierge de Nuremberg" ou "Sleepy Hollow") et fait basculer de l'autre côté du miroir une autre victime.



Une étonnante réussite lorsqu'on sait qu'elle est l'œuvre d'un simple faiseur, Anthony Hickox (le fils de Douglas Hickox, illustre réalisateur de films d'épouvante britanniques). Largement au-dessus d'une autre séquelle dont il est aussi le réalisateur ("Hellraiser 3 - hell on earth"), il se surpasse en terme de cruauté, n'hésitant pas à balancer une styliste de mode (Joanna Pacula en guest-star ensanglantée) qui vient s'écraser à travers une vitre. A la limite du second degré sans jamais tomber dans la parodie ni la comédie, "Warlock 2" offre des pauses détente au détriment des victimes, comme ce pompiste à qui Julian Sands demande de faire le plein (de sang bien sûr) ou une fille qui faisait du stop et qui, préoccupée par le paraître, va se retrouver scalpée ! Un humour macabre du meilleur goût.



Globalement, l'intrigue n'est pas déplaisante, en faisant appel à une légère part d'héroic-fantasy (tout en restant dans le domaine du "crédible") avec le groupe des Druides, qui communient avec la nature, et qui sont là pour sauver le monde de l'Armageddon qui menace. Victimes de calomnies et de la haine des habitants de leur bourgade qui les soupçonnent de s'adonner à la magie noire, ils sont solitaires dans leur lutte. Comme bien trop souvent, cela reflète l'esprit fermé et obtus d'une grande partie de la population qui rejette tous ceux qui sont différents. A ce sujet, on peut regretter que le scénario n'aille pas plus loin en terme d'opposition entre l'Eglise Chrétienne et les Druides (représentants du paganisme). Car finalement, plutôt que de faire du pasteur un nouveau Savonarole (ce fou de Dieu qui sema la terreur dans Florence dans les années 1490), celui-ci rejoint les druides dans leur lutte.
La bluette entre Kenny et Samantha ne nuit pas trop à la progression de l'histoire qui se clôt dans une ambiance western entre les parents des tourtereaux venus régler son compte à coups de fusil au Warlock. La scène de l'éclipse, qui constitue la dernière partie du film, est esthétiquement intéressante avec un beau rendu : l'image se teinte de bleu progressivement. Témoignant que le monde est en train de basculer pour accueillir Satan.



Série B gore et méchante largement au-dessus de ce que sera "Wishmaster", "Warlock : The Armageddon" est le seul épisode réussi d'une série qui finira dans le cheap avec un opus 3 à oublier illico. Sans que les références prennent le pas sur son propre travail de créateur d'univers, Anthony Hickox se montre suffisamment inventif sans que le budget, relativement restreint, ne nuise à la crédibilité de l'ensemble.