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Tiens, ça sent le vieux par ici… Respirez à pleins poumons, vous entrez dans les entrailles de la Hammer, cette firme britannique célèbre pour ces films à l'esthétique baroque. Catherine a été placée dans un couvent en Bavière, dès sa naissance. Ce couvent est celui des "Enfants du Seigneurs", dirigé par père Michael, un personnage énigmatique excommunié par l'Eglise. Tous les ans, Catherine retourne à Londres pour fêter son anniversaire en compagnie de son père. Mais cette année est particulièr, la jeune dévote va avoir 18 ans. Cependant à l'aéroport, ce n'est point son père qui l'accueille ; celui-ci a préféré lui envoyer John Verney, un écrivain passablement âgé. Le père de Catherine a en effet fait irruption au cours de la conférence de presse qui était organisée pour promouvoir le dernier de Verney, "le Diable est parmi nous." L'auteur, intéressé par le marché, accepte rapidement la proposition. Cependant l'accord a une contrepartie : la jeune fille fait l'objet de convoitises particulières et voici Verney improvisé garde du corps. Ainsi le père Michael a-t-il besoin d'elle pour achever un pacte conclu quelques 18 années auparavant…



Basée sur les écrits de Dennis Wheatleys, la Hammer produit ici une oeuvre tablant sur deux éléments distincts : une ambiance gothique et des acteurs pour le moins charismatiques.

Ainsi le film a-t-il été tourné en Angleterre, alternant les scènes se déroulant autour du Tower Bridge et celles prenant place dans des décors plus romantiques (églises, cathédrales…).
Cette alternance créée un contraste entre le bien – la retraite de l'écrivain en plein centre de Londres – et le mal – les "Enfants du Seigneur" expatriés hors de la ville.



La Hammer fidèle à son habitude, use de décors chargés en histoire qui confèrent au spectateur un repère visuel immédiat. De ce fait chaque lieu possède une personnalité qui lui est propre ; les murs semblent suinter d'une présence indéterminable, mais presque palpable. Les cathédrales semblent appesantir l'atmosphère, symbolisant l'origine du mal – le Diable étant le pendant maléfique de Dieu. Inversement, l'appartement au bord de la Tamise, dans un petit port de plaisance, semble paisible. Pourtant Catherine va y insinuer le mal-être et l'urgence.



Natassja Kinski – Catherine – joue dans "To The Devil A Daughter", un démon à visage d'ange. Sa beauté et son innocence extérieure n'ont d'égal que ce qu'elle porte inconsciemment en elle.
A ses côtés, Christopher Lee, en prêtre excommunié pour avoir soumis l'idée de faire voir le jour à une divinité. Son visage, extrêmement dur et renfermé, contraste celui de Natassja alors même que les deux protagonistes sont intimement liés.

C'est ainsi que les deux acteurs, grâce à un charisme diamétralement opposé, insufflent au film une énergie immatérielle. Cette force est condensée par une réalisation qui préfère privilégier l'ambiance à l'action. La caméra s'attarde sur les décors, y intègre les personnages, jusqu'à ce qu'il apparaisse que les deux éléments sont intimement liés.



C'est ainsi que Peter Sykes choisi de montrer nombres de rituels occultes au travers d'une mise en scène transparente, de montrer clairement l'opposition entre Christopher Lee et les préceptes religieux de l'Eglise. Le réalisateur tente tout au long du métrage de faire partager au spectateur un climat où suinte le mal.
Certes le film a du caractère, est porté par deux acteurs sublimes, mais c'est là que quelque chose manque pour en faire un véritable chef d'œuvre. Le sentiment d'étouffement, la constante oppression qui pesait sur le spectateur dans nombre de réalisation traitant du même sujet ("EXORCISTE - L"; "Un bébé pour Rosemarie"…), est ici absente.

Misère.

Cependant le film rempli sa fonction primaire : divertir ; et "To The Devil A Daughter" le fait magistralement.








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