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Ou comment tenter de rattraper l'irrattrapable. Ce n'est une surprise pour personne, ce Troma est une parodie des "Contes de la crypte". Ainsi le métrage se divise en deux sketches reliés par des interventions du CrapKeeper (littéralement, le Gardien de la Saloperie). Le premier segment relate l'histoire de la Tromantis, un assassin extraterrestre sévissant dans un club de Strip Tease. Le second n'est autre que l'histoire de trois étudiants qui organisent une fête pour payer les frais de scolarité de l'un d'entre eux. Mais la fête va dégénérer lorsque les stripteaseuses vont révéler leur vrai nature : des vampires lesbiennes.



Passons outre l'histoire des deux segments et soyons réalistes : aucun scénario, des effets infectes… Le tout semble être construit autour de la seule Julie Strain, qui il faut bien l'avouer, déménage sacrément.

Mais la qualité effroyable du tout a une histoire. Et c'est ce que je vais vous compter.

Tout d'abord en observant avec attention l'équipe du film, il s'avère que le film est une réalisation Troma Team… Etrange, d'habitude il y a toujours au moins un réalisateur de nommé (le plus souvent Lloyd Kaufman).
Cela s'explique par le fait que trois équipes se sont succédées pour tourner ce qui au départ n'avait rien a voir avec "Tales from the Crapper".

En effet surfant sur la vague d'explosion de l'Internet, Tromaville.com a vu le jour, et proposait à ses membres nombre de services (boîtes mails, goodies…). Lloyd, enthousiasmé par le succès du site, décida de tourner deux petits films, exclusivement pour Internet, et une série. Ces deux films sont les segments qui composent "Tales from the Crapper".

Cependant il s'est rapidement avéré que la qualité des deux métrages était pitoyable, la prise de son trop mauvaise pour être utilisable. Apparemment il en était de même de la majorité des rushes délivrés par India Allens. En voyant cela, Kaufman met en place une seconde équipe pour tourner des scènes additionnelles et sauver ce qui pouvait encore l'être.



Grand mal lui en prit, la nouvelle équipe semblait avoir du talent pour les orgies alcooliques, mais sûrement pas pour la réalisation. C'est ainsi que dans le making of du présent métrage Kaufman apparaît amer et dégoûté. Il se confie en tête a tête avec la caméra, une fois le film tourné : "J'ai été faible, j'aurais dû dire à ces cons de dégager." En effet, sur le tournage règne l'anarchie. Le tout ressemble étrangement à une vidéo amateur d'étudiants bourrés apprenant quelques astuces de tournage du grand Lloyd. Le leitmotiv de cette seconde équipe pour se donner bonne conscience ? "On s'en fout on n'est pas payé."
Résultat ? Seulement 10% de ce qui à été tourné par cette seconde équipe sera utilisé pour le montage définitif. Autre conséquence, mais celle-ci indirecte : les quartier généraux de Los Angeles sont fermés.

Ainsi Lloyd se retrouve avec deux mini films inutilisables dans la forme brute, des heures de rushes sensés rattraper la catastrophe mais qui s'avèrent aussi mauvais que le matériaux d'origine… un véritable gouffre financier pour la Troma, qui pourtant n'a pas de l'argent à ne plus savoir qu'en faire. Et maintenant ?



Le créateur du "Toxic Avenger" n'a plus qu'à user de son talent et à croiser les doigts pour que la magie Troma sauve ce qu'il reste à sauver. Et ça fonctionne ! Le métrage définitif n'est certes pas d'une qualité époustouflante, mais considérant le chemin parcouru pour atteindre la ligne d'arrivée, on se félicite que la tête de la Troma soit aussi pleine de ressource.

La troisième équipe, celle de Kaufman, a commencé par tout remonter. Puis, comme le son était de trop piètre qualité pour être utilisé, les joyeux lurons s'affairent à doubler la totalité des deux métrages. Alors on a l'impression d'entendre beaucoup Lloyd, mais cela prodigue une impression de pastiche fort bienvenue. Lors de la vision des deux segments, le spectateur est jeté en plein bain de non-sens. Et puis comme chez Troma ils sont ingénieux, pour pallier à la piètre qualité de nombre de scènes, ils inventent la "Boner Vision", en clair un petit encadré où de jeunes filles se déshabillent. Parfois le cadre se pose même sur le visage des acteurs lorsque ces derniers sont trop mauvais (ou pas du goût de Lloyd, voir "tête de raton-laveur" et "le grand-maigrelet").
Pour relier les deux segments, Lloyd, un sac poubelle en guise de couvre-chef, vous expliquera comment faire un film Troma selon la doctrine DogPile 95.



Une bien belle leçon de cinéma indépendant, ou comment donner de l'intérêt à deux infâmes bobines, qui n'en ont aucun au départ. Si vous vous apprêtez à regarder "Tales from the Crapper", ne perdez pas ses origines de vue, et le making-of est indispensable pour vous faire une idée encore plus précise.
Dans le plus pur esprit Troma… Dommage malgré tout que le matériau d'origine n'était pas de meilleure qualité. M'enfin c'est pas tout les jours qu'on peu voir Julie Strain !

Lors du deuxième segment, Ted Raimi et Trey Parker font un caméo.






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