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Dix ans ont passé depuis l'émergence de Freddy Krueger comme "star" auprès d'un large public de fans. L'actrice principale du premier, Heather Langenkamp, a décidé de tourner la page. La seule entorse à ce désir de se concentrer sur sa vie familiale, l'actrice, le fait pour participer à des émissions télé. Pendant ce temps, Los Angeles subit de nombreuses secousses sismiques, et Heather fait d'horribles cauchemars mettant en scène Freddy Krueger. Très vite, elle se met à craindre que ce dernier ne passe de la fiction à la réalité.



Après que sa création lui ait échappé, suite au scénario remanié du troisième Freddy, Wes Craven, accepte de se réconcilier avec la New Line et son producteur Bob Shaye. Le deal entre les deux hommes consiste à faire revenir pour un dernier tour de piste le croquemitaine le plus emblématique de la décennie précédente. Le choix de Craven apporte pas mal d'éléments positifs comme le retour à une forme très premier degré. Fini les punchlines parfaitement gratuites qui avaient transformés Freddy en clown. Et, le plaisir de revoir Heather Langenkamp (qui a depuis disparu des écrans, et c'est regrettable à la vue de sa prestation convaincante), plus femme que jamais. Exit la fragile adolescente. Si son jeu est des plus crédibles, c'est que le roublard Craven a recours à des événements concernant la vie réelle de l'actrice (coups de téléphones d'un mystérieux individu).



Craven, à la fois metteur en scène et scénariste (pour la dernière fois de sa carrière ?), s'inspire de son environnement immédiat comme les séismes qui secouent alors Los Angeles. Par bien des côtés, "Freddy sort de la nuit", est un brouillon de "Scream", les frissons en moins. Mise en abîme du genre, le film met en scène en forme de guest star, ceux qui ont contribué au succès du légendaire Freddy Krueger : Robert Englund, John Saxon, Wes Craven (himself), le producteur Bob Shaye. Un étrange résultat filmique, déconcertant, mais intéressant comme une thèse. Est-ce suffisant pour mériter le détour ? La réponse variera en fonction des attentes de chacun.



Il est évident que les amateurs de meurtres sanguinolents et de terreur peuvent passer leur chemin (deux meurtres montrés). Ce "Nouveau Cauchemar" s'éloigne résolument des sentiers empruntés par ses devanciers. On n'est plus dans le cadre d'une quelconque série B. Mais, dans un nouveau style de cinéma fantastique consistant à prendre conscience des forces mais aussi des limites du genre.

L'on y trouve des références par touches à un univers de conte de fées. Heather Langenkamp lit ainsi à son fils le conte "Hansel et Gretel". Troublant de retrouver le combat final contre le monstre avec une chaufferie où, tel la sorcière, Freddy trouvera sa perte. L'enfant innocent utilise un de ses jouets (un dinosaure) pour se protéger de ses peurs nocturnes. Qui parmi nous n'a pas agi de même ? Les réactions des personnages sont en parfaite adéquation avec la réalité. Wes Craven en profite pour égratigner ceux qui dénigrent le cinéma d'horreur (représenté par une femme médecin d'une étroitesse d'esprit !), considéré par les biens pensant comme le principal responsable des troubles que subit le jeune Dylan.



Le gros défaut de ce septième opus de "Nightmare on Elm Street" vient d'un scénario prétentieux et un brin nombriliste. Trop sérieux finalement. Difficile d'accrocher entièrement à cette histoire même si le passage de l'univers réel à un univers imaginaire se fait discrètement (quand John Saxon devient le père de Nancy). Entre ennui et intérêt poli, l'on assiste à un come-back, qui est bien plus intéressant, sur le papier qu'à l'écran. Même si revoir un Freddy plus sérieux fait plaisir.