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Réalisation
Gualtiero Jacopetti & Franco E.Prosperi

Scénariste


Date de sortie
1964

Genre
trash

Tagline


Cast



Pays
Italie

Production


Musique
Nino Oliviero

Effets spéciaux



Votre note: -
Moyenne: 3
(1 vote)
Tout comme le résumé de la jaquette américaine l'indique : le film commence là ou "Mondo Cane" s'est arrêté. Pour cette suite, qui ressemble plutôt à une sorte d'extension, on replonge à nouveau dans les tréfonds de la bassesse humaine, avec au programme : rites religieux violents, pays rongé par la guerre, délire post-américain…



En voyant cette suite, je me suis dis que Prosperi et son compère n'avaient sûrement rien à faire à l'époque après le succès et la polémique du premier volet, et qu'ils décidèrent de montrer ce qui devait leur rester du premier volet. Car on y retrouve exactement le même style, même atmosphère, même photographies… On a en fait davantage l'impression de voir des scènes coupées du premier opus que d'un véritable autre mondo. Seulement cette suite s'avère au bout du compte bien bâclée, expédiant vite fait son générique bien pourri (des chiens aboient mollement dans leur cage, alors que le premier film nous montrait le générique sur un fond noir où on pouvait entendre des chiens déchaînés) et leurs images.



Car "Mondo Cane" se découpe en plusieurs style de reportages : les mœurs délirantes et quasi-surréalistes de notre belle Europe ou des Etats-Unis, les escales dans les tribus sauvages, et les images choquantes ou étonnantes prises dans des pays étranger comme le Mexique, le Japon, le Brésil, la Chine… De ce coté-là, le premier film était rempli à ras bord, mixant des scènes aujourd'hui sans intérêt, à d'autres plus horribles. Cependant le 2 s'appui d'avantages aux mœurs délirantes de notre civilisation, qu'à celles récupérées dans des pays plus reculés ou plus étrangers. Le gros problème dans tout ça, c'est que la plupart des séquences tournées chez nous ou aux U.S, ne sont absolument pas révulsives, et pour la plupart sentent la mise en scène à plein nez. Du concert de gifles clôturant le film jusqu'au pin-up habillées de papier hygiénique puis arrosées, on a plutôt l'impression d'être dans une comédie, voire que l'on se fout littéralement de notre gueule. Prosperi ira jusqu'à montrer un carnaval où les participants complètement déchaînés, vont jusqu'à violer certaines femmes ! Et l'on voudrait qu'on nous fasse avaler ça ? Mouais…



Le ridicule attend son paroxysme lorsqu'on assiste à la présentation de restaurant automatique, à des concours de défilés canins ( mal foutu également puisque le public est surtout composé de vieilles ivrognardes et on se surprend à voir l'une des mannequins traîner le chien comme une serpillière), à des fêtes destinées aux chapeaux farfelus (s'ajoute à cela un concours de baiser où des jolies filles sont obligés d'embrasser toute la garnison du troisième âge, et en gros plan s'il vous plait !) ou de voir d'horribles travestis, qu'on croirait sorti d'un film de Fellini, en train de faire des vieux numéros exaspérant devant un public lui aussi pas vraiment gâté par la nature. C'est gras, ennuyeux, banal, bref cette suite réussit à vieillir encore vite plus que son prédécesseur. Même les séquences snuffs à base d'animaux semble bien sans effets, avec ce combat de merles ou ce crocodile dépecé et rôti par une tribu ("Super" dira-t-on en baillant). Le trash n'y a pratiquement plus sa place , même si on note au passage quelques pratiques religieuses douteuses (des paysans se tapent un escalier à quatre pattes tout en léchant les marches); une foule réunie dans une église désaffectée, se tapant une crise d'hystérie collective qui ferait passer l'interprétation de Isabelle Adjani dans "Possession" comme un modèle de sérénité, quelques mexicains friands de tacos aux punaises, une tribu africaine fabriquant leurs maisons avec de la bouse, un moine bouddiste s'enflammant devant la camèra et une séquence équivalente à celle difficilement supportable de la maison de la mort dans le premier "Mondo Cane", montrant des enfants noirs sauvés de leurs ravisseurs, qui les ont transformés en véritables freaks.



Une bonne partie du film suit les révoltes de certains pays asiatiques frappés par une cruel dictature, mais les images n'étonnent plus, aujourd'hui il suffit de regarder les infos pour les voir. Là encore, Prosperi s'amuse toujours en faisant des raccords douteux, comme cette tribu cherchant désespérément de l'eau, suivie juste après de jolies filles s'éclatant dans une fontaine. La musique de Riz Ortolani n'est plus, et le commentaire du narrateur devient encore plus lourdingue d'ironie. Une scène pourra attirer l'attention des amateurs de films d'horreur, à savoir cette séance de photographies pour des couvertures de roman d'horreur, gardant un aspect rappelant les films de Herschell Gordon Lewis. Prosperi ne sait vraiment plus quoi faire dans cette suite, nous remontrant avec des images inédites, l'excursion des retraités dans les îles de Tahiti (se prenant d'ailleurs de la boue en pleine poire) ou filmant un groupe de marginaux (qu'on dirait sortis d'un film des Monty Python) se mettant à déblatérer des conneries en pleine rues et face à la caméra. Au final, pour faire "Mondo cane 2", vous prenez le premier film, vous enlevez ce qui est trop trash ou trop provocants, vous remplacez cela par une bonne dose de n'importe quoi (j'oubliais de dire qu'il y a même des stations services pour vaches, et oui fallait oser), vous jetez à la poubelle la fameuse musique de Riz Ortolani et vous enlevez quelques minutes de films, et voilà, vous avez votre film de mondo bien bis, mais complètement à coté de la plaque.

Les photos ont pour source http://www.dvdmaniacs.net/






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