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D'après la jaquette du DVD, le film a été qualifié de "premier film d'horreur faisant appel au public." Le film débute ainsi par un prologue où de jeunes gens absorbent chacun une fiole de sang vert. Le public, auquel il a été distribué un extrait du même liquide, devait alors boire le flacon, avant d'être entraîné dans une aventure relatant l'origine du liquide. Un vieux rafiot se dirige vers une île maudite : l'île du sang. A son bord, Bill, un officier gouvernemental accompagné d'une magnifique femme à la recherche de son père – jouée par Angelique Pettyjohn, de la série "Star Trek" – et un jeune homme venu visiter sa mère. Mais à leur arrivée sur l'île, une étrange créature les attend tapie dans l'ombre de la forêt tropicale. Une sanglante orgie a déjà débuté alors que les nouveaux arrivants s'installent et font connaissance de l'étrange docteur Lorca.



Pas de fioriture encombrantes dans ce scénario tout ce qu'il y a de plus classique. Et classique, ce film l'est à n'en pas douter ; un pur produit du cinéma américain de la fin des années 60.
L'une des premières scènes du métrage est d'ailleurs une indigène courant nue dans la forêt… Ce qui est n'est aujourd'hui plus qu'une montagne de clichés dépassés, était en effet à l'époque, d'une grande acuité. "Mad Doctor of Blood Island" est donc un enfant de la révolution des mœurs, de cet idéal hippy, courir sans contrainte matérielle et sans soucis.
Mais le phantasme tourne court quand la belle est dépecée par un monstre verdâtre et à l'aspect loqueteux.



A cette première apparition de la bête, le métrage se dévoile par sa réalisation, elle aussi très ancrée dans une époque. Pour mettre en valeur un sentiment de peur qui dut se développer chez les spectateurs d'alors, la caméra enchaîne de rapides zooms avant-arrière. Cette technique qui n'est plus utilisée aujourd'hui, est une véritable marque de fabrique des films d'angoisse de l'époque.

Alors que la bobine se déroule plus avant, une chose frappe. L'utilisation de codes – en fait des stéréotypes – propres à la société occidentale il y a quelques 30 ans. En effet toutes les jeunes autochtones partage la même apparence : long cheveux bruns tenus par une fleur, une couronne de fleurs et un imprimé à fleurs deux pièces (paréo et soutien-gorge sans bretelle). Voilà donc la parfaite petite vahinée comme fantasmée par les hommes "modernes."
Pour les hommes continentaux, la chemise à col pelle à tarte et la banane sont de rigueur. Tant et si bien que l'on s'attendrait presque à voir Elvis débarquer et pousser la chansonnette.



Mais assez des considérations vestimentaires, qui pourtant contribuent à donner du cachet à ce "Mad Doctor"…
Les couleurs prodiguées par la pellicule utilisée attirent elles aussi l'œil du spectateur du XXIe siècle puisqu'elles caractérisent aussi le cinéma de l'époque. Ce grain particulier et ces tons hasardeux (tantôt les contrastes sont très prononcés, tantôt l'image semble délavée), finissent de donner un charme irrésistible au métrage.

Ajoutez à cela une certaine dose de gore, et la recette prend immédiatement. "Mad Doctor"… nage en pleine exploitation. Si le gore n'est pas omniprésent, ses apparitions ajoutent un certain piment au film. C'est ainsi que l'on a affaire à un film d'aventure amélioré. Même si il n'y a aucun cannibales ici et que la créature est "surnaturelle", "Mad Doctor"… pourrait être comparé au cinéma d'exploitation italien dont fit partie Ruggero Deodato, plus particulièrement avec son "Dernier Monde Cannibale-le". Le gore n'apporte rien à l'histoire, mais contribue à divertir le spectateur.



Ce qui ne veut pas dire que le film soit devenu un chef d'œuvre avec le temps. Le réalisateur abuse en effet bien trop de l'effet de va et vient avec le zoom de sa caméra. Car si l'effet fonctionne quand le monstre est à l'écran ou qu'une atrocité vient d'être commise, il détruit totalement le suspense quand il précède l'action. C'est malheureusement souvent le cas.
Pour en finir avec les défauts : le montage ! Certaines scènes souffrent d'être accolées les unes aux autres. Ainsi le montage donne lieu à de nombreuses ellipses (des personnages à un endroit et immédiatement après en train d'agir à un tout autre lieu). Il en va de même avec la musique, sur une scène, musique tonitruante avec une dominance des cuivres, l'instant d'après la musique est coupée sans aucune transition.

Au final si le spectateur est un fan du cinéma de genre (et dispose d'un peu d'humour), alors ces défauts s'oublieront. Mieux, il confèreront au film un goût, certes un peu dépassé, mais très agréable de vieux nanar.








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